Adieu Claude.

De toi, les autres retiendront le Pape Cheikh Sadibou Fall du PDS, le député, Président du Groupe Parlementaire Libéral, le Premier Maire Amitié-Fann-Point E, le Ministre (Habitat, Pêche, Intérieur).

De toi je retiendrai Claude, l’altruiste, le fils de El Hadj Abdoulaye Fall et de Hadja Coura Niasse, notre frère aîné.
Le beau gars, l’élégant.
Claude, celui qui mettait tout le monde à l’aise avec ses farces, ses sourires et son goût des joutes oratoires.
Celui qui nous plantait là, effets de tennis dans la voiture, filait le week-end à Sally.
Tu n’étais pas encore Ministre, Pape Cheikh Sadibou Fall, pour eux mais Claude Pour les Doudou Sakho, Jules Sakho, Vieux Kane, Ale Naar Ndiaye, Maseck seck, Makeyre Ndiaye, Claude du Point E1, le raffiné, le consultant.

Touts ces honneurs tu le mérites parce que bénis de tes géniteurs et des siens, aussi tes compétences et tes aptitudes n’ont jamais souffert d’un moindre soupçon.

Maire de Point E, tu l’étais de fait avant confirmation de la voix des urnes.
Ce titre tu le portais à merveille comme les vestes blazer que tu ramenais de Bordeau à l’époque où tu étais étudiant et nous te faisions le « miiraas » avant ton retour en France, chaqu’un prenant ce qu’il peut.

Pour ceux qui me
connaissent, connaissent Bib’s, savent que j’ai grandi dans le cocon des Fall.
Mes frères du Fouta, mes amis du lycée et ceux avec qui je m’étais engagé ensemble en politique et qui me liront confirmeront que la villa 10 c’est chez moi, vraiment chez moi par ce que je suis dans leur cœur, leur fils.

D’autres que mois fréquentent ce No 10
parce que presque toutes les sommités d’aujourd’hui de ce pays s’y retrouvaient. C’était un lieu de convergence des bacheliers de Saint Louis, Kaolack, Thies, Rufisque venus s’inscrire à l’Université de Dakar, une « zone libérée » pour ceux qui comprenaient le « ngalac » du Mouvement Culturel Patriotique et le RND du Professeur Cheikh Anta Diop, dont feu Abdel Kader Pierre Fall, ancien Ambassadeur fut un membre émérite de la direction et les Filles de Kennedy qui fréquentaient sœur Fina.

Chez Niasse Coura on peut trouver gîte et couvert aussi longtemps que peut durer le séjour, on finira par enfin se fondre dans la famille, en devenir intégrée.
Les repas sont servis jusqu’aux gardiens des Cites des coopérants européens des Agences Asecna, Air France, Air Afrique. . . sauf les soirs où les piranhas revenant des entraînements de football ball au Tour de l’Oeuf descendaient en surnombre pour un habituel « dexóós du njogonal ».
Chez Coura Niass, la maison ne s’est jamais désempli de monde jusqu’aux « xaritu xaleel », les amis des amis qui s’y sentent réellement chez eux.

Claude, le décontracté, le décoincé en politique, le parler franc, l’homme libre libérer des animosités partisanes, Claude le fair-play de la politique, le dépassionné, le désintéressé mais aussi Claude le redoutable désarçonneur des débatteurs à la semaine, c’est ce Claude qui est parti.

Je me rappelle encore quand fraîchement nommé Ministre de l’ Interieur, en pleine traque des caciques socialistes, Abdoulaye Wilane soulignait, et à juste raison que Wade avait fait une erreur de casting parce que Cheikh Sadibou Fall ne peut même pas écraser une mouche puisqu’ il est l’ami de tout le monde. Ce qui valut à notre ministre, six mois après une nomination comme Ambassadeur en Italie. Dieu l’a sauvé : son nom aurait pu être associé à la scélérate loi qui désormais interdit toute manifestation à la place de l’indépendance et aux abords du Palais.

Mon échange téléphonique avec mes sœurs Ndeye Fary, Nafy et mon inséparable frère Ndiaw m’a confirmé que c’est dans la douleur et l’affection que les sentiments trouvent une meilleur expression
que le malheur est rationnellement partagé.

Claude, tu vas manquer à tout le monde.
A tout ceux qui t’ont
côtoyé un instant et frayé un tout petit bout de chemin avec toi.
A ceux que tes blagues et rires détendaient, égayaient.

Ta gentillesse sera récompensée.
Ta générosité rétribuée.

A Ndeye Fall, Nafi, Ndiaw, Boubacar, je présente mes condoléances les plus attristées

Adieu Cheikh Sadibou
Que Firdawsi soit ta demeure éternelle.

Habib Ka, l’enfant de Thilogne

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here