J’ai toujours pensé que la politique est une action collective qui permet de résoudre les problèmes de base de nos concitoyens. Lorsque vous visitez les profondeurs du pays, vous vous rendez compte qu’après plusieurs décennies d’indépendance formelle, il existe encore un Sénégal hors du temps, mais aussi distrait par des politiques qui discutent du chef de l’opposition ou des réformes constitutionnelles ou institutionnelles. Notre leadership politique d’ailleurs n’est à l’aise globalement que sur ces enjeux.

J’aimerai encore que ce même leadership détourne un plus son regard sur ce bueau du principal du CEM de Tonguia chez les Badiarankes dans le département de Velingara (voir photo) et les 5000 abris provisoires de Salémata à Neppen Diakha (frontière Guinée Conakry) dans le département de Kedougou ou l’absence d’eau courante à Koboye (voir photos) dans le Fongolimbi ou dans le Missirah, région de Kedougou. Sans compter le taux de couverture énergétique qui exclut depuis les indépendances des milliers de villages.

Dakar fait la grande gueule. Mais en ce moment, de Neppen Diakha à Fafakourou dans le Velingara, du pays bassari à Fongolimbi dans l’est du pays, des milliers de villages sont coupés du reste du Sénégal jusqu’en janvier ou février 2021. Je sais qu’il existe des programmes de l’État qui essaient d’apporter des réponses logistiques. Mais elles sont très insuffisantes et la qualité des travaux reste souvent des plus médiocres.

Je crois que nous devons nous inspirer des modèles des algériens au début de leur indépendance) vénézuélien, cubain…qui ont compris que le leadership politique n’est pas seulement une affaire de diplômes. Mais avec des acteurs qui connaissent d’abord leur pays avant de le diriger. Notre tare congénitale est liée au fait que nous avons des technocrates et ou intellectuels qui veulent diriger ce pays sans avoir jamais affronter les vraies inondations de Neppen Diakha. Sans jamais mettre leurs pieds dans les villages isolés du Sénégal du département de Velingara ou dans le Missirah.

NKEN

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