Depuis hier, le drame qui a emporté deux des miens secouent la toile et fait la une des journaux de ce matin.

Au-delà de la tragédie que vit ma famille du Ndukumaan endeuillée, se pose avec acuité la sécurité des personnes sur les routes. En effet, des cercueils roulants et des engins de la mort qui sont parvenus à passer entre les mailles d’un contrôle défaillant, circulent librement et sèment la mort et la désolation sur les routes, sur les trottoirs, dans les maisons et dans les marchés.

C’est parce qu’une administration corrompue leur délivre un certificat de visite technique, des agents véreux des forces de défense et de sécurité acceptent leur billet de 1000 francs insérés dans les interstices d’un faux permis de conduire.

De manière générale, l’Etat ferme les yeux sur des pratiques qui gangrènent notre société et n’accorde pas de priorité aux préoccupations essentielles des populations en matière d’investissements publics.

Dans le cas précis de la mort tragique de ces trois personnes écrasées par un camion hors normes, il a fallu quatre tours d’horloge pour dégager le corps des enfants dont les complaintes témoignaient de l’attrocité des blessures dans leur chair coincée par la ferraille d’un taxi presque centenaire. Les secouristes sans moyens logistiques adéquats n’ont pu intervenir avec efficacité et à temps pour sauver trois vies.

A qui la faute? Bien sûr à l’Etat du Sénégal, qui baisse les bras contre la corruption dans les administrations et qui n’est pas capable de doter les Sapeurs Pompiers d’un équipement adéquat pour respecter leur devise: sauver ou périr.

C’est simplement scandaleux que les secours n’aient pas pu dégager le camion de la mort pour extraire des corps coincés. Pourtant, lors du défilé du quatre avril, on exhibe du matériel repeint probablement pour fouetter notre fierté médiocratie de nos ambitions. Etaient-ce des engins de location ou est-ce un équipement destiné uniquement à sauver certaines catégories de citoyens? Je suis tenté de le penser tant je n’ai pas compris l’indigence matérielle des soldats du feu qui a coûté la vie à ces enfants.

Il est utile d’ouvrir une enquête pour déterminer les responsabilités du propriétaire et du chauffeur du camion, des fonctionnaires qui ont délivré les documents permettant à ces engins de la mort de circuler, mais surtout des secouristes qui auraient pourtant reçu une offre de service gratuite d’un chef d’entreprise à condition que la grue soit escortée jusqu’au lieu de l’accident.

Et pour éviter que de tels drames prospèrent, il urge d’être plus ferme dans la lutte contre la corruption qui a fait encore couler le sang de nos concitoyens.

4 Commentaires

  1. Mes sincères condoléances monsieur Gaye et que vos tiens reposent au paradis. Là, on parle de corruption au Sénégal, tout le monde sait que ce phénomène a été amplifié, diversifié et même sanctuariser durant ces 20 ans des régimes libéraux de Wade et de son fils putatif macky Sall. Vous avez initié et conçu le système de la maffia politico-religieuse-griotique qui a finit de gangrèner tout le Sénégal jusqu’au plus profond de son administration. Monsieur Gaye vous etiez un des plus proches collaborateurs de Wade voire un des rares qui souflaient à son oreille, donc faites d’abord votre mea culpa avant d’avancer toute forme de critique.

  2. Bien fait de lui rafraichir la mémoire, la corruption est cultivée et entretenue par ceux qui dirigent ce pays. La politisation actuelle renforcée de l’administration participe beaucoup au développement de la corruption. Qui est ce qui disait à juste titre « j’ai crée des milliardaires »
    La corruption telle une plaie en putréfaction, très nauséabonde placée dans le pied finira par en gangréner une bonne partie. Elle deviendra de ce faite un handicap pour ce dernier l’empêchant d’être opérationnel, de marcher normalement. Une telle image renvoie aux méfaits de la corruption sur l’économie de nos pauvres pays. Nous devons nous y pencher franchement pour y remédier, il y va de la survie de nos faibles états.
    La corruption est un mal profond, qui a pris plusieurs formes, s’est développée au sein de la société et s’est accentuée à cause de la pauvreté aggravée. Elle est devenue systémique, nos dirigeants parvenus au pouvoir grâce à ce système, l’utilisent comme moyen pour coopter les élites ayant prises sur les masses populaires afin d’assurer leur pérennité aux commandes de l’état.
    Le chantier majeur du combat citoyen demeure la lutte contre le fléau de la corruption, dont se nourrit honteusement la plupart de notre élite, sous ses diverses formes . J’en appelle aux dignes fils de ce continent, ceux qui par delà tout mettent en avant les valeurs citoyennes d’amour de sa patrie, de solidarité et de partage des idéaux fédérateurs, justes et équitables.
    Ne laissons pas cette médiocrité ambiante, basée sur le narcissisme, la promotion du culte de la personne et des antivaleurs, la personnification du pouvoir qui caractérisent les dictateurs et autres « monarques » imbus de leurs personnes, perdurer encore sous nos cieux. Ceux là représentent tous les malheurs endurés par notre peuple, depuis les temps immémoriaux jusqu’à nos jours.
    Il nous faudrait véritablement passer outre ces périodes sinistres et opérer un changement de paradigme, qui puisse nous permettre de jeter les bases d’une nation assagie, consciente des enjeux de ce monde.

  3. Bien dit les gars! L’autocritique est une vertu et un gage de sincerite,surtout lorsqu’on veut s’inscrire dans la rupture.
    Mais je ne pense pas que Monsieur Gaye soit dans de telles dispisitions.
    Dernierement il declare sa disposition a etre pret a travailler avec Macky Sall.
    De qui se mosque t’il?Comment comprendre alors ces diatribes?
    Il faut qu’on arrete d’etre des lampistes lorsqu’on a ete a un niveau de responsabilite aussi eleve que celles assumes par monsieur Gaye.

  4. Ah monsieur Guèye! C’est certainement le premier accident mortel que vous avez au Sénégal. C’est très facile de parlede corruption et d’incriminer nos forces de défenses et de sécurité. Combien de véhicules sont immobilisés dans les brigades et commissariats pour des défaillances. Combien de permis ont été retirés et amenés en commission combien de chauffeurs ont été arrêtés et déférés au parquet.
    Aujourd’hui les parlent de désengorger les prisons parce que elle sont pleines qui a mis ses individus hors état de nuir. Autant de questions qui nécessitent le respect en vers nos formes de défense et de sécurité. Nos jambar se donnent corps et âme pour nous protéger malgré les faibles moyens quevous venez de citer.

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