Ce Vendredi 22 Mars 2020, est si triste, la star planetaire Mory Kanté vient de nous quitter dans sa Guinée natale.
Mory Kante est l’héritier de la tradition des griots, les “djéli” du Mandé, empire d’Afrique de l’Ouest qui à son apogée, sous le règne de Soundiata Keïta au XIIIe siècle, s’étendait depuis la côte atlantique jusqu’à la région de Gao.

Le milieu des années 80 est une période bénie pour les musiques africaines.
La France de la tolérence a ouvert ses portes aux artistes dits du monde, en particulier africains. On assiste à la naissance de ce que l’on a appelé la world music pour ne pas dire, la third world music, la musique du tiers- monde. Mais point de polémique en cette année 1987.
Paris rayonne grâce à l’Afrique et les africains, s’exportent depuis la capitale française. C’est l’époque d’Africa fête du regretté Mamadou Konté. Les concerts de ce dernier sont au coeur de l’effervescence africaine à Paris.
Les artistes africains en vogue à cette époque s’appellent Touré Kunda, Youssou Ndour, Salif Keita, Alpha Blondy, Papa Wemba, Manu Dibango et quelques autres dont Mory Kanté qui a vendu, plus de 2 millions d’exemplaires de disques grâce à « Yéké Yéké », la chanson sera même traduite en Hébreux et en Mandarin.
Extrait de l’album « Akwaba beach », cet opus Akwaba venu, comme pour rappeler ses années ivoiriennes, des années fondatrices pour Mory .
Mory Kanté est né le 29 Mars 1950 à Albadariya en Guinée. Il est l’un des 38 enfants de son pére El hadj Fodé Kanté. Les Kanté sont des griots trés célébres en Guinée.
Sa maman n’est autre que Fatima Samissoko. À 7 ans le petit Mory est envoyé chez sa tante à Bamako. L’empire manding ne s’embarasse pas des frontiéres de l’Afrique nouvelle. C’est dans cette capitale qu’il forgera ses goûts musicaux. Il sera influencé par les musiques venues des Caraibes, des Amerique et d’Afrique bien entendu , Rumba, Rock, Pop. En 1968, il entre au célébre Intitut des Arts de Bamako.
Puis Tidiane koné, l’illustre saxophoniste du Rail Band du buffet de l’hotel de la gare de Bamako lui propose d’intégrer la mytique formation.
Parmi les membres, il y a un certain Salif Keita le charismatique chanteur malien que Mory remplacera en 1973 durant un temps.
Mory Kanté voit grand, il fit une tournée mémorable avec les maravillas, l’orchestre du grand maestro Bounkana Maiga. Mory Kanté voit grand, il veut conquérir le monde . En 1977 pour parfaire son art de la kora afin de s’armer surtout d’un savoir plus grand, Mory Kanté part à la rencontre des maitres de la tradition. Mory Kanté peut désormais partir gagner le monde . L’année suivante, il est à Abidjan, le hub dés la fin des années 60 pour tous les artistes et intellectuels d’Afrique. Et là il travaille avec son demi frére le célébre joueur de kora ,Djély Moussa Diawara l’un des meilleurs de sa génération. Les ambitions de Mory Kanté sont sans limite.
En 1976, le Nigéria l’honore du trophée de la Voix d’Or.
Puis ce sera les Etats Unis où il rencontrera d’autres sommités de la musique mondiale. La France où il travaillera avec des professionnels qui déceleront en lui un talent évident et un énorme potentiel. Seul à Paris, sans son épouse et ses enfants qui sont restés à Abidjan, il se consacre totalement à sa musique. Mais tout n’est pas simple, les échecs cótoient de petits succés et quelques scénes .
Ensuite, vient l’époque des grands festivals en France, Mory se fait remarquer et commence à être adulé, il commence à participer à des concerts où il rencontrera le patron de Barcley, Philipe Constentin. Une rencontre qui sera déterminante et décisive dans la carriére de la virtuose de kora.
De cette rencontre est né l’album « Akwaba Beach » avec lequel il deviendra une star planétaire avec le devenu culte « Yéké Yéké » qui se vendait comme de petits pains.
À son actif, Mory Kanté a réalisé 17 oeuvres musicales dans sa discographie dont 12 albums enrégistrés en studio avec Barclay en grande partie.
Mory Kanté, le digne fils de l’empire manding s’en est allé rejoindre les plus illustes des artisans de la culture, du génie ancestral, de la mise en valeur de nos identités par le biais de la musique.
Il avait 70 ans.

Aly Saleh journaliste/chroniqueur

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