Le Sénégal négocie, en cette fin du premier semestre 2020, un des virages les plus abruptes de son existence. Le peuple, dans sa totalité, confirme sa circonspection. Il prend conscience du fait que le mois de juin 2020 demeure une référence inédite et rejette, à l’unanimité, toute velléité d’une introspection. Le libre accès aux lieux de culte rendu difficile pendant deux mois montre, démontre et prouve la nécessité de nous remettre en question.
L’encadrement de l’enjeu de la responsabilité et de l’éthique a atteint, en réalité, un niveau très bas. Et cet état de fait, très malheureux, s’évalue au travers des signes qui sont

. L’enrichissement sans cause
. Le mauvais emploi des ressources nationales
. Le délitement de l’autorité
. L’expansion de la pratique des moralités variables
. L’institutionnalisation de l’octroi de rente de situation
. Une gouvernance sans système de pertinence socio-économique orthodoxe.
De plus, d’aucuns s’interrogent sur demain. Mais d’autres, moins utopistes et très pragmatiques proposent une rectification afin de quitter le « catastrophisme  » qui encercle ( et même enferme) la Nation.
La Covid 19 a permis de mesurer la vulnérabilité de l’État du Sénégal, la fragilité de l’élite dirigeante. Et de mesurer l’importance de la fracture sociale avec laquelle le peuple est confronté.
L’inégalité monte sans arrêt et révèle la voie sans issue que le Sénégal continue d’emprunter.
De ce fait, il importe d’appeler l’attention de toute la Nation sur la nécessité de recadrer la marche de l’État du Sénégal. Avant que l’extrémisme ne ravage le pays.
La retenue, la tenue et la réserve sont battues en brèche. Le bras de fer, le pamphlet sont de saison et la hiérarchie perd chaque jour de sa valeur.
Les gardiens du temple deviennent baroudeurs et des lézards veulent, vaille que vaille, devenir des dragons.
Donc l’état de la Nation recommande, dans le contexte actuel, une nouvelle chirurgie. Dans la mesure où la spirale du désordre et du chaos progresse sans aucune résistance.
L’autorité administrative n’est guère encadrée. Les compétences décisionnelles, sans pudeur, se dévoilent en se voilant avec la Covid 19 et le top niveau de l’État s’engouffre, sans éthique, dans l’irresponsabilité. Faisant fi, sans management, de l’enjeu de la responsabilité et de l’éthique.
Comment l’étatisme pourrait-il remplacer, dans un État qui pratique la démocratie délibérative, l’État de droit ?
Tous les fondamentaux institutionnels sont lézardés, la séparation des pouvoirs est devenue factice. Et le degré atteint par la confiscation des pouvoirs menace terriblement la cohésion citoyenne. Sans oublier la potentialisation rampante de l’irrédentisme. Dont les appuis sont l’ethnicisme, le régionalisme pur et dur , le confessionnalisme et le népotisme.
Devant l’accentuation de l’escalade du chaos et du désordre cette présente approche entend revenir, de manière exhaustive sur toutes les problématiques invoquées.
Le Sénégal religieux a toujours servi de recours à la pratique politique. Mais la politique politicienne, l’électoralisme et l’argent sont devenus des moyens qui ont réussi à polluer toutes les pratiques.
Donc problématiser la potentialisation d’un basculement vers une confusion s’impose. Avant que le chaos et le désordre ne ravagent l’ordre civil national.
Avant la Covid19 l’inactivité de la jeunesse constituait la principale préoccupation de la Nation. Avoir une jeunesse qui reste pendant vingt ans sans travail demeure un danger. Si une spirale de chaos et de désordre s’y ajoute configurer un futur pour son peuple devient problématique.

Wagane Faye
Professeur d’ Anglais
E-mail : [email protected]

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here