Le gouvernement britannique a exhorté vendredi le public à respecter le confinement malgré le beau temps du week-end pascal après un bilan journalier record de près de 1.000 morts montrant l’aggravation de la pandémie qui a atteint le Premier ministre, en convalescence à l’hôpital.

Au total, 8.958 patients malades du nouveau coronavirus sont décédés à l’hôpital, selon un bilan quotidien annoncé par le ministre de la Santé Matt Hancock.

Il a une nouvelle fois exhorté les Britanniques à respecter le confinement et à rester chez eux malgré un long week-end de Pâques ensoleillé, afin de limiter la propagation du virus dans le pays, l’un des plus durement touchés en Europe«Aussi chaud que soit le temps, aussi tentant soit votre parc ou votre plage, il faut que tout le monde reste chez soi», a-t-il martelé. «Parce que dans les hôpitaux du pays, les personnels du service public de santé se battent jour et nuit pour permettre aux personnes désespérément malades de respirer».

Rare note positive dans ce sombre tableau, Boris Johnson, 55 ans, convalescent du Covid-19 dans un hôpital du centre de Londres, a recommencé à faire quelques pas après sa sortie des soins intensifs jeudi.

«Le Premier ministre a pu marcher un peu, entre des périodes de repos, dans le cadre des soins qu’il reçoit pour l’aider à se rétablir», a indiqué un porte-parole.

«Son moral reste très bon», avait-il indiqué précédemment, précisant qu’il se trouvait dans « la phase initiale » de sa guérison et que son retour aux commandes de l’exécutif dépendrait de « l’avis de son équipe médicale ».

Vers un confinement prolongé

Son gouvernement avait prévenu jeudi qu’il fallait se préparer à une prolongation du confinement, en principe prévu pour trois semaines jusqu’à lundi, même si une décision formelle n’est attendue qu’après ce délai, vers la fin de la semaine prochaine.

«Nous commençons à voir les bénéfices de cette distanciation sociale», a dit vendredi Stephen Powis, directeur médical du service public de santé de l’Angleterre, sur la BBC.

«Nous pensons que le virus se propage moins», a-t-il ajouté, mais «il est trop tôt» pour un assouplissement, de crainte d’une nouvelle vague de contagion alors que le pic de la maladie n’a pas encore été franchi.

La perspective d’un confinement prolongé inquiète toutefois aussi les autorités sanitaires, selon The Telegraph. Leur chef Chris Whitty estime ainsi qu’il pourrait avoir des effets dévastateurs, comme un appauvrissement de la société, des soins réguliers mis entre parenthèses, moins d’enfants vaccinés, davantage de dépressions ou de suicides.

A long terme, le nombre de décès qui pourrait indirectement découler du confinement est estimé à 150.000, soit plus que ceux provoqués par le Covid-19, précise le quotidien.

Boris Johnson est à ce jour le seul chef de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé par la virus.

Il avait été hospitalisé dimanche, la veille de son admission en soins intensifs, en raison de symptômes persistants de la maladie, notamment de la fièvre. Il a reçu un traitement à l’oxygène mais n’a pas été placé sous respirateur.

C’est le chef de la diplomatie, Dominic Raab, qui assure l’intérim en son absence.

«Il doit se reposer. (…) Je ne pense pas qu’on puisse dire qu’il est tiré d’affaire», a déclaré vendredi le père du Premier ministre, Stanley Johnson, sur la BBC.

«Il doit prendre le temps. Je ne peux pas croire que vous vous en sortiez et retourniez directement à Downing Street et repreniez les rênes sans une période de réajustement», a-t-il ajouté.

Selon Tom Wingfield, de l’institut de médecine tropicale de Liverpool, une «surveillance étroite» à l’hôpital implique «une mesure régulière des signes vitaux, comme la tension artérielle, le rythme cardiaque, la fréquence respiratoire et la saturation en oxygène».

«Chaque patient est différent et le temps qu’il faut pour être suffisamment en forme pour pouvoir sortir de l’hôpital ou se rétablir complètement peut varier fortement», a-t-il ajouté.


Cnews

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