XALIMANEWS- Il était le seul élément de la bande à rester encore en prison. Le meneur Alioune Abatalib Samb alias Ino est mort alors que le cerveau Alassane Sy dit Alex a été libéré. Cette fois c’est au tour de Pape Ndiaye le benjamin de la bande de recouvrer la liberté faisant partie des bénéficiaires de la grâce présidentielles… après 24 ans après.

L’info est tombée hier tard dans la nuit. En faisant le point sur la liste des bénéficiaires de la grâce présidentielle à l’occasion de la Tabaski, l’Obs a appris que le benjamin de la bande à Ino qui purge une peine des travaux forcés à perpétuité sera libéré aujourd’hui jeudi veille de la fête du mouton. Pape fêtera la Tabaski avec sa famille à Rufisque.

La vie de ce jeune Rufisquois a basculé lorsqu’à la suite d’un vol commis à la Seras de la vieille ville de Rufisque, le bonhomme qui venait de souffler à peine ses 18 bougies a été jugé et condamné à une peine de 2 ans puis envoyé à la maison d’arrêt de Rebeuss. 2 ans qui vont finalement s’allonger pour faire de Pape Ndiaye un pensionnaire à vie de la prison de Rebeuss. Ce jeune détenu âgé au moment de son arrestation d’à peine 18 ans, a eu la malchance de partager la même chambre avec des malfrats de renom de la trempe de Ino , Boy Nar et Babaly Traoré à la prison de Rebeuss.

La fameuse et célèbre chambre 10 où plusieurs évasions de grands malfaiteurs ont été muris et planifiés. C’était en 1996. Garçon timide à l’allure frêle, Pape Ndiaye, doté d’une intelligence vive, séduit Alioune Abatalib Samb dit Ino qui le prend sous son aile et en fait son protégé et le traite comme son jeune frère. Cependant en côtoyant ces malfaiteurs, le garçon change radicalement et n’hésite de suivre Ino dans l’exécution de son projet d’évasion. Une évasion réussie avec brio dans la nuit du 02 au 03 février 1999 au nez et à la barbe des gardes pénitentiaires dont certains seront d’ailleurs accusés de négligence et punis.

Libre, ensemble avec Ino il commet quelques casses avant de s’éloigner de celui qui l’a toujours couvé en prison. Pape Ndiaye prend alors son chemin et part se réfugier en Gambie. Au pays de Jammeh, il est arrêté puis identifié par la police locale avant d’être remis aux gendarmes Sénégalais qui sont allés le chercher en territoire gambien.  C’était au mois de juin 2001. Une opération «d’extradition» dirigée à l’époque par l’adjudant-chef de la gendarmerie Aly Konté, aujourd’hui à la retraite. Ramené sous bonne escorte à Dakar et à nouveau emprisonné à la prison de Rebeuss avec l’ensemble de la bande des fugitifs, Pape Ndiaye qui avait repris goût à la liberté, va profiter d’une mutinerie qui a éclaté à Rebeuss le dimanche 15 juillet 2001 pour à nouveau s’évader. Cette fois encore la cavale sera de courte durée.

En 2008 au cours d’un procès qui s’est étalé sur deux semaines, la condamnation aux travaux forcés à perpétuité est prononcée contre Pape Ndiaye et les autres éléments les plus influents de la bande. Aujourd’hui gagné par l’âge et la maladie, Pape Ndiaye âgé maintenant de 42 ans aura passé 24 ans de sa vie derrière les barreaux. Il y a quelques semaines, sa maman à la santé chancelante déclarait : «Je me mets à genoux pour demander pardon à la Nation. Pape Ndiaye était jeune et a eu la malchance de côtoyer des gens peu fréquentables. Il a largement payé sa dette à la société puisque malgré tout ce qu’on lui reproche il n’a jamais ôté la vie à quelqu’un. Il mérite qu’on lui accorde une chance…» Une prière bien entendue par le chef de l’Etat Macky Sall.

L’Observateur

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