Je ne suis qu’un témoin, j’ai vu ce que je raconte, j’en ai le cœur meurtri. Quel citoyen ne s’indignerai pas au contact de telles souffrances ! on ne traduit dans aucune langue humaine, la plainte désespérée d’un peuple opprimé. Ce qui s’est passé au cap skirring avant hier est inadmissible dans un état de droit, une manifestation liée à une pénurie d’eau ne doit pas être réprimée violemment, c’est indignant. En cette période de pandémie, les citoyens ont droit à l’eau potable qui est vitale pour la santé. Cependant l’état du Sénégal ne trouve rien de mieux en guise de réponse à leur aspiration légitime, qu’à leur envoyer la gendarmerie. Seulement au Sénégal les territoires ne sont pas traités avec équité, nous constatons un traitement à deux vitesses, certains territoires au Sénégal malgré leur sècheresse ont droit à tout (infrastructures, eau potable, etc.), de plus les citoyens qui y vivent sont exonérés de toutes taxes et d’impôts. En même temps d’autres qui sont prêts à payer, à contribuer au rayonnement de l’économie, n’ont droit à rien, même pas à l’eau portable. Il se font ainsi massacrer s’ils montrent le moindre signe d’indignation.
COVID-19 OBLIGE ? CIRCULEZ RIEN À SIGNALER !
Depuis mi-mars nous sommes dans une nouvelle ère, l’état d’urgence sanitaire décrété par le président de la république, plonge tout le pays dans une zone de turbulence économique, sociale, et sociétale. La loi d’habilitation qui a été votée par ses députés, lui confère tous les pouvoirs pendant trois mois, il décide de tout sans aucun contrôle. Les mesures disproportionnées, voire farfelues pour combattre le COVID 19 ont fini par mettre à terre toute l’économie du pays. D’honnêtes citoyens (gorgolous) subissent toutes les conséquences de ces mesures, 70% de la population sénégalaise n’arrive plus à joindre les deux bouts à cause d’une gestion opaque calamiteuse, des ressources allouées à la bataille de la pandémie. Le président de la république qui se trompe de guerre est plus préoccupé par l’annulation de la dette africaine que par l’éradication de la pandémie dans son territoire.
Les mesures coercitives imposées, quel impact sur l’économie du pays ?
En cette période de confinement, où tout est fermé, la plupart des entreprises, toutes les frontières, notre pays a reçu un gros choc du fait du ralentissement de la demande extérieure et des perturbations sur les productions nationales. L’activité industrielle est réduite d’un tiers, chaque mois de confinement fait perdre 0,1% de point de croissance. De quoi créer un vent de panique exhortant les sénégalais à ne plus consommer et à mettre de côté comme des fourmis pour subsister jusqu’à la saison nouvelle. En même temps, le président se permet de signer un décret qui va à l’encontre des intérêts du pays, le décret n° 2020-964 accordant des indemnités exorbitantes de six millions mensuels (6000.000FCFA) à tous les anciens présidents du CESE qui ne servent plus à rien à notre illustre nation, ce qui agacent et indisposent le peuple sénégalais.

LE CHOC DE LIQUIDITÉ !
En ces moments particuliers, le nerf de la guerre ce sont les banques. En effet, le problème économique le plus grave à court terme est celui des liquidités. Le cash n’est pas forcément dans les mains des acteurs économiques qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les PME, les PMI, les TPE et les ménages, il existe donc un véritable risque de faillites en chaine.
De plus la singularité du système économique sénégalais est la dépendance bancaire de nos entreprises à la différence d’autres pays où le tissu entrepreneurial fait davantage appel au marché. Certains économistes comme Felwine SARR, N’dongo Samba SYLLA, et d’autres encore tirent la sonnette d’alarme, car nos petites entreprises font face à un choc de trésorerie sans précèdent, même après la mise d’un soi-disant plan de sauvegarde du gouvernement, qui s’apparente plus au renforcement du tissu bancaire qu’à un financement des entreprises. A ce rythme, l’état va appauvrir les sénégalais avec des mesures inefficaces et peu performantes. L’après Covid 19, sera une catastrophe pour l’économie du pays, des plans sociaux vont pleuvoir comme des grenouilles de l’apocalypse. Le taux de chômage va exploser, beaucoup d’entreprises vont mettre la clé sous le paillasson, et le peu d’industries qui vont résister, seront très fragilisées.
Être sénégalais, c’est être résigné et indigné à la fois ?
L’indignation serait l’étape qui nous mènerait à nous mobiliser, à provoquer un changement. Au Sénégal, il Ya de la colère, de l’énervement, la faim, la soif, mais le complexe est de telle magnitude qu’il n Ya pas encore d’indignation. Des lueurs d’indignation ont surgi, comme la marche des habitants de cap kirring pour l’eau potable, le mouvement des commerçants contre la fermeture de leurs commerces, la levée des imams contre la fermeture des lieux de cultes. L’indignation véritable est transformatrice des sociétés en quête de progrès.
Cheikh SENE
Diplômé en Comptabilité et Gestion (Toulouse) Passionné des Questions économiques et Sociétales. [email protected]

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