Emmanuel Macron et son homologue comorien ont prôné lundi « l’apaisement » après les propos polémiques du président français sur les « kwassa-kwassa ». Le ministre comorien des Affaires étrangères avait auparavant exigé des excuses.

Emmanuel Macron et le président comorien Assoumani Azali se sont entretenus au téléphone, convenant de « travailler dans un esprit d’apaisement et de confiance mutuelle » après l’indignation provoquée par une plaisanterie du président français sur les « kwassa-kwassa », a indiqué l’Élysée lundi 5 juin

Le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Bacar Dossar, avait exigé un peu plus tôt lundi des excuses du président français, jugeant sa plaisanterie « choquante et méprisante ». De son côté, la présidence comorienne avait déploré une « déclaration inconsidérée » à mettre « sur le compte de la jeunesse » du président français.

Qualifiant l’échange téléphonique de « cordial, ouvert et constructif », l’Élysée a précisé que les deux présidents avaient évoqué à plusieurs reprises la « relation indispensable » entre leurs deux pays. Outre « l’apaisement » de cette relation, ils ont convenus, toujours selon la présidence française, de « renforcer la coopération dans tous les domaines entre les Comores et la France pour empêcher de nouveaux drames humains ».

Les deux chefs d’État ont également décidé de « réunir à brève échéance le Haut conseil paritaire franco-comorien » sous l’égide de leurs ministres des Affaires étrangères pour aborder « à la fois les enjeux de sécurité et de développement ».

Entre 7 000 et 10 000 morts

Lors d’un déplacement en Bretagne jeudi, Emmanuel Macron avait plaisanté au sujet de ces embarcations de fortune sur lesquelles périssent de nombreux migrants comoriens tentant de rejoindre Mayotte, le département français voisin, dans l’océan Indien.

Les migrants, qui partent notamment de l’île comorienne d’Anjouan, empruntent ces « kwassa-kwassa », des embarcations de fortune, pour rallier les côtes de Mayotte illégalement, parfois au péril de leur vie. Ces traversées ont causé « entre 7 000 et 10 000 morts depuis 1995 », selon un rapport du Sénat français de 2012.

Avec AFP

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