Après avoir écouté la réaction du journaliste Cheikh Yérim Seck, suite à sa libération, j’ai été profondément choqué par le traitement particulièrement indigne, et attentatoire aux droits humains dont il a fait l’objet, lors de sa garde à vue (ce n’est pas le seul à subir les déviances du régime de Macky Sall) .

On peut être pour ou contre Yérim Seck : la question ne se situe pas à ce niveau (n’importe quel journaliste au Sénégal peut être victime des mêmes traitements).

Dans ces circonstances, nous dénonçons fermement les agissements ignobles du régime de Macky Sall.

Nous suggérons au journaliste Cheikh Yérim Seck de produire un rapport circonstancié sur les conditions de sa garde à vue, et de transmettre ce document à la société civile, ainsi qu’aux organisations de défense des droits de l’homme au Sénégal, au Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’homme, aux institutions sous régionales (CEDEAO), à l’assemblée nationale française, au Parlement européen, et au Département d’état américain. Du fait de sa qualité de journaliste, une copie du document pourrait également être envoyée à Reporters sans frontières, et au journal « The Economist » qui, dans un violent réquisitoire en 2018 avait pointé les dérives extrêmement graves du régime de Macky Sall.

Le monde entier doit savoir si ce qui se passe au Sénégal en 2020, en termes de violations des droits de l’homme, et d’atteinte aux libertés individuelles et collectives. Les conditions inhumaines et dégradantes dans lesquelles évoluent les prisonniers au Sénégal (considérés comme du bétail humain) doivent être connues à l’échelle internationale.

Concernant l’atteinte à sa liberté de déplacement, nous comprenons sa démarche, puisque l’’ancien Ministre Ousmane NGOM, qui était officiellement interdit de sortie du territoire national, a pu quitter le territoire national en 2015, avec Macky Sall, lors d’un voyage en Guinée, sans aucune difficulté. Ce qui veut dire que les décisions de justice n’ont aucune valeur au Sénégal et que c’est le potentat Macky Sall, qui viole les droits des citoyens en instrumentalisant systématiquement la justice, qui n’est qu’une simple couverture. Le Procureur Bassirou Gueye et le Doyen des Juges Samba sont des exécutants qui appliquent sans sourciller les instructions du Chef.
Il y a une volonté de maintenir Cheikh Yérim Seck dans une prison à ciel ouvert (liberté totalement confisquée, avec perte de la liberté d’expression et de la liberté de déplacement), qui est pire qu’un emprisonnement.

Un être humain normalement constitué, doué de raison ne saurait l’accepter (la liberté ce n’est simplement le fait de manger et de boire, mais c’est surtout ne pas la possibilité de pouvoir s’exprimer librement sans aucune contrainte et la capacité de se déplacer quand on n’a pas commis de crime et qu’on bénéficie de sérieuses garanties de représentation).

La question dépasse le cas personnel de Cheikh Yérim Seck et ne concerne pas uniquement l’affaire BATIPLUS (elle touche aussi la liberté de la presse et le statut du journaliste même si ce statut ne met pas ce dernier à l’abri de poursuites judiciaires). C’est un combat de principe. Qu’il utilse tous les réseaux dont il dispose pour défendre ses droits (Macky Sall ne connaît que le rapport de force).

Il y a quelques jours, le peuple malien s’est levé (plus d’un million de manifestants) pour exiger la démission du président Ibrahima Boubacar KEITA, et ce, avant le terme de son mandat.

Si comparaison n’est pas raison, les mêmes causes produisent inéluctablement les mêmes effets. UN AVERTISSEMENT SANS FRAIS.

Macky Sall n’est ni Dieu, encore moins son prophète (c’est un individu arrivé par accident à la tête de la magistrature suprême au Sénégal). Il ne faut point en douter: la somme des colères finira par le perdre.

4 Commentaires

  1. Une copie a l’assemblée nationale française
    Mais ce type a t’il jamais vu un journaliste français adresser un rapport a l’assemblée nationale sénégalaises?
    Quelle indignité

    • Il faut juste comprendre que le Sénégal est encore une colonie donc, il est plus efficient de s’adresser à l’assemblée française qu’à la chambre d’enregistrement sénégalaise. Cette première peut contraindre le gouverneur ce qui n’est certainement pas le cas pour l’assemblée nationale sénégalaise.

  2. Il faut juste comprendre que le Sénégal est encore une colonie donc, il est plus efficient de s’adresser à l’assemblée française qu’à la chambre d’enregistrement sénégalaise. Cette première peut contraindre le gouverneur ce qui n’est certainement pas le cas pour l’assemblée nationale sénégalaise.

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