Des Sénégalais frappés d’une cécité politique féroce ont choisi la chirurgie chaude pour piller la Nation. Certains ont commencé en 1968; d’autres, à leur tour, sont arrivés en 1981 et les derniers en 2000. Il est temps qu’une fin soit sifflée à cette cynique entreprise.
Le peuple, dans sa quasi totalité, condamne l’agitation de ces voyous qui estiment que piller, sans vergogne, les ressources publiques de la Nation est une profession.
Les populations du Sénégal ont totalement marre de cette pratique, dénoncent l’impunité devenue une immunité pour ces prédateurs. Et condamnent avec vigueur les agissements des responsables politiciens qui estiment que ce procédé est, au demeurant, la voie royale pour s’enrichir.
D’ailleurs des Sénégalaises et des Sénégalais restés patriotiques jusqu’au bout des ongles s’engagent à se battre pour que l’impunité soit éradiquée. De sorte que ces lézards qui veulent devenir des dragons ne parviennent point à réaliser leur triste et noir dessein.
Le Sénégal, entre 1957 et 1960 a connu la pratique des formations politiques dotées de leadership. Mais entre 1970 et 1980 des fusion-absorption s ont permis la naissance d’un élitisme militant, ni patriotique, ni nationaliste.
L’enrichissement sans cause, l’impunité, l’exaltation de la médiocrité, l’ethnicisme, le confessionnalisme et le régionalisme deviennent les seuls intrants érigés en déterminants pour accéder aux positions d’État qui permettent, assurément, de parvenir à l’accumulation financière. Par le biais de la concussion, de la corruption, du népotisme et leurs variantes.
En fait de 1970 à 2020 chaque régime a eu ses sombres lézards.
Les formations politiques qui ont eu le pouvoir en 1960, 1981, 2000, 2012 et 2019 ont eu le même système de gouvernance. Dans la mesure où la pertinence des régimes qui ont administré la Nation est restée la prédation des ressources publiques.
C’est étonnant qu’en 2020 se réveillent d’autres lézards qui veulent être des dragons toujours sur le dos de la Nation Sénégal et du peuple.
La majorité et le contre pouvoir sont tout comme factices. Car aucune formation politique, à elle toute seule, n’est ni légitime, ni représentative des électeurs. Dès lors que seul le groupe de coalition peut, difficilement, obtenir un triomphe en cas d’électrons.
Depuis 1970 seules les formations politiques membres de coalitions réalisent des performances capables de remporter des élections par  » forceps  » au Sénégal. Le forceps signifie l’argent mal acquis offert à l’électorat.
Donc l’argent acquis sans cause est l’unique moyen pour accéder au pouvoir ou le garder.
Le Sénégal a inauguré la conquête du pouvoir par l’argent depuis 1962. Cet état de fait justifie, effectivement, l’influence de l’argent illicite dans la conquête du pouvoir. Et explique le diktat qu’il exerce sur la pratique de la mal gouvernance et sa persistance.

Wagane Faye
Professeur d’Anglais
E-mail : [email protected]

2 Commentaires

  1. On est tous responsable de ce qui passe dans ce pays, on a choisi des dirigeants qui reflètent exactement notre état de conscience, qui traduit notre conduite quotidienne. On a tous cette tendance à s’approprier ce qui nous est confié et qui procède d’un bien commun. Il y’ a des termes qui trahissent la pensée, tenez on parle ici souvent de « Bour », « Borom reew », « Ngour » pour désigner respectivement le Président de la République et son gouvernement. Il semble que culturellement on ne soit pas prêt à appréhender dans le vrai sens, le terme de « serviteur de la nation » qui sied à tout employé de l’état, rémunéré à partir des recettes de ce dernier.
    Dans une large mesure, cet état de fait reflète un déficit de culture démocratique qui caractérise notre société, telle qu’elle fonctionne. En effet la démocratie requiert l’équité, l’égalité, la légalité, le consensus, sous fond d’une légitimé reconnue, indéniable. La marche de notre état ne prend pas en compte ces critères, supports d’une justice indépendante, qui délibère en toute équité, impartialité.
    Malheureusement, chez nous on semble encore se contenter d’un système qui trouve son fondement dans le « chaos étatique », qui n’envisage nullement la démocratisation, la séparation des pouvoirs qui fortifieraient le pouvoir judiciaire. Sans une justice forte, indépendante, la corruption des leaders d’opinions et des masses populaires se réalisera aisément, et fera l’affaire de tout régime gestionnaire de l’état.
    Il sera dès lors très difficile de voir la prédation systématique de nos ressources, la spoliation de nos terres et les détournements de deniers publiques de toute sorte prendre fin de si tot. Chaque régime qui passe, se fait la part belle en s’accaparant sournoisement, frauduleusement des biens de la communauté « kou ayé wol sa momé ».
    Enfin j’invite tout un chacun à méditer ces paroles divines (CORAN): « Il [l’homme] a par devant lui et derrière lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d’Allah. En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce que est en eux-mêmes. Et lorsqu’Allah veut [infliger] un mal à un peuple, nul ne peut le repousser : ils n’ont en dehors de lui aucun protecteur. » S13; V11.

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