XALIMANEWS- Le Juge Souleymane Téliko a été convoqué par l’Inspection générale de l’administration judiciaire (IGAJ). L’Union des magistrats du Sénégal, qui dénonce cette convocation, parle d’une tentative d’intimidation et de musellement.

L’Union des magistrats  du Sénégal (Ums) est très remontée contre sa tutelle et l’Inspection générale de l’Administration de la Justice (Igaj). Elle renseigne que son Président, Souleymane Téliko, a été convoqué verbalement pour être entendu ce mercredi 16 septembre 2020 par l’IGAJ, saisie par le Ministre de la Justice. Ce, pour des propos qu’il aurait tenus lors d’une interview parue dans la presse. Un procédé qu’elle dénonce vigoureusement. 

«Le Bureau estime que le Président de l’UMS, en cette qualité, et en tant qu’élu et représentant de l’ensemble des membres de l’association pour la défense de leurs intérêts matériels et moraux, ne relève ni du ministre, ni de l’IGAJ. Cette convocation inadmissible, qui intervient après la médiatisation de la lettre de démission d’Ousmane Kane par la cellule de communication du Ministère de la Justice, constitue un précédent dangereux que l’UMS dénonce et combat avec la dernière énergie car ne s’agissant ni plus, ni moins que d’une tentative d’intimidation et de musellement qui, de toute façon, ne peut prospérer», précisent les magistrats dans un communiqué de presse cité par nos confrères de iGfm.

L’Ums appelle tous les magistrats à la vigilance et à la solidarité pour barrer la route à «cette stratégie malheureuse de déstabilisation» de leur association. Elle précise que la dernière interview faite par son Président date de a été publiée dans l’édition du journal Les Echos du 21 août 2020.



1 Commentaire

  1. C’est inadmissible que des magistrats subissent des pressions de la part de l’exécutif. Libérez donc la justice qui est un pouvoir à part entière, telle que inscrite dans la constitution. L’indépendance de l’institution judicaire ne devrait même pas se poser, dans une république digne de ce nom. Tout est fait pour décrédibiliser cette institution, la manipuler à leur guise et pouvoir gouverner selon leur convenance. Tous les crimes et forfaits commis par ce régime demeurent dans une impunité déconcertante. C’est le Chef de l’état le principal responsable de cette situation, en violation flagrante du principe de séparation des pouvoirs consacré par la constitution. Le problème fondamental de notre système d’état, c’est son régime du super présidentialisme, qui dote des pouvoirs exorbitants au Président de la république, patron de la magistrature (Président du Conseil Supérieur de la Magistrature). Avec un Procureur de la République, maitre des poursuites judiciaires sous les ordres de l’exécutif, il n’est pas étonnant qu’on ait un système à deux vitesses. Ainsi les dossiers qui rencontrent l’agrément du pouvoir sont traités avec célérité, tandis que ceux qui sont gênants pour lui tout simplement rangés aux oubliettes. D’autre part les institutions sont à la dimension des hommes qui les animent. Vivement que le prochain Président de la république soit un véritable homme d’état, imbu d’une culture républicaine sans faille, un démocrate convaincu. Il serait alors prompt à engager les réformes nécessaires pour doter au pouvoir judiciaire son indépendance lui permettant de s’acquitter de son devoir régalien au seul bénéfice du peuple souverain.

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