Plus de 24 heures après l’attaque de Manchester, trois nouvelles arrestations ont eu lieu à Manchester. Les enquêteurs, qui indiquent que l’auteur de l’attaque Salman Abedi n’a pas agi seul, s’intéressent à la filière libyenne.

Alors que la police britannique a annoncé, mercredi 24 mai, l’arrestation de trois nouvelles personnes à Manchester, l’enquête sur l’attentat-suicide de Manchester se poursuit. Invitée mercredi matin sur la BBC, la ministre de l’Intérieur Amber Rudd est revenue sur l’auteur de l’attaque, Salman Abedi, connu des services de sécurité britanniques. “Il semble probable, possible, qu’il n’a pas agi seul ; les services de renseignement et la police remontent par conséquent leurs pistes afin d’obtenir toutes les informations dont ils ont besoin pour assurer notre sécurité”, a-t-elle précisé. L’attentat suicide a fait 22 morts et 59 blessés lundi soir, à la sortie d’un concert à Manchester.

De son côté, la Première ministre Theresa May a souligné qu’il était impossible d’écarter à ce stade la possibilité que Salman Abedi, né en 1994 à Manchester de parents libyens qui ont fui le régime Kadhafi, fasse partie d’un réseau. “Une nouvelle attaque pourrait être imminente”, a-t-elle prévenu lors d’une allocution télévisée mardi soir, après une réunion avec les responsables des services de sécurité et de renseignement britanniques.

Le relèvement de l’état d’alerte des services de sécurité au niveau “critique”, le degré maximal, a été annoncé tard mardi soir par Theresa May. C’est une première depuis juin 2007. Quelques heures plus tôt, un homme de 23 ans avait été arrêté dans une banlieue résidentielle au sud de Manchester, en lien avec l’attentat, selon la police locale. La maison de la famille Abedi, située dans la banlieue de Manchester, avait également été perquisitionnée.

“L’enquête se développe rapidement et nous disposons toujours de ressources considérables sur place. Relever le niveau d’alerte au degré critique nous aidera dans les opérations en cours”, a commenté le chef adjoint de la police du Grand Manchester, Ian Pilling, dans un communiqué.

Radicalisé en Syrie

Selon des sources proches du renseignement américain, citant leurs homologues britanniques, Salman Abedi, qui avait abandonné ses études de business et management à l’université de Salford en septembre dernier, était rentré d’un séjour en Libye il y a moins d’un mois. Le père de Salman Abedi était “retournée vivre en Libye”, ont expliqué dans The Independent des fidèles qui fréquentaient la même mosquée.

Le renseignement britannique tente de vérifier la réalité de ce séjour et de déterminer s’il a pu à cette occasion entrer en contact avec des militants de l’organisation État islamique (EI), qui a revendiqué mardi l’attentat. Sur la BBC, Amber Rudd a dit “penser” qu’il était effectivement rentré récemment de Libye. Le matériel explosif utilisé, composé de clous, d’écrous et de boulons, est relativement sophistiqué, selon les services de sécurité.

Selon le Financial Times, Salman Abedi, qui a grandi dans une famille musulmane pratiquante, “faisait partie de gangs avant de se radicaliser ces dernières années”. De son côté, le ministre de l’Intérieur français Gérard Collomb, citant des informations obtenues de source britannique, a indiqué que “tout d’un coup, après un voyage en Libye, puis sans doute en Syrie, [il] se radicalise et décide de commettre cet attentat”.

Avec AFP et Reuters

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