Vous rappelez-vous de Lincoln Chafee? Cet ancien républicain, trop progressiste pour supporter les dérives droitières de Georges W. Bush, a rejoint les démocrates lorsqu’il a été élu gouverneur du Rhodes Island en 2010. Chafee s’est présenté à la primaire démocrate pour la présidentielle de 2016, en prônant le désengagement des soldats américains des conflits et la priorité à l’éducation et à la santé. Mais il a rapidement abandonné la compétition, faute de moyens. Il dira après un débat dans lequel le modérateur s’est peu intéressé à lui : «Mon expérience politique a compté pour rien. Comme je n’ai pas levé 50 millions de dollars dans les premiers mois, je n’ai reçu le soutien de personne. Sans argent, il est impossible d’avoir une chance d’être entendu.»
L’argent nourrit incontestablement le jeu politique et en fausse inévitablement les règles. Hélas! S’attacher les services d’une bonne firme de relations publiques, disposer d’une équipe de volontaires disponibles le temps d’une campagne électorale, recourir aux conseils de stratèges politiques, s’offrir continuellement des pages de publicités dans les médias et posséder une logistique électorale demandent énormément de moyens financiers que le simple dévouement et la disponibilité des militants n’arrivent pas toujours à combler. L’argent a souvent permis à de piètres candidats d’arriver ou de se maintenir au pouvoir. Également, il a écarté de valeureux candidats d’une course à une élection.
La grande majorité des électeurs ne sont pas affiliés directement à un parti politique. Voter pour un candidat exige d’emblée de le voir, de l’entendre et surtout d’être rassuré. Ce que la distance et l’absence ne permettent pas. À l’heure de l’achat, le produit goûté, palpé ou essayé est davantage susceptible d’être acheté que celui dont un intermédiaire se limite à nous vanter les mérites.
Politique et argent sont indissociables. Et cette réalité est d’autant vraie pendant une campagne électorale.
Selon le New York Post, Hillary Clinton a dépensé 1,2 milliards de dollars pour sa campagne perdue en 2016, contre 600 millions pour son adversaire et vainqueur Donal Trump. Emmanuel Macron, d’après Le Figaro, a dépensé 16,8 millions d’euros sur les deux tours en 2017.
Si dans les pays dits démocratiques l’argent détient un pouvoir réel pour baliser le terrain qui mène à la présidence de la république, imaginez ce que serait sa force dans un pays pauvre où bon nombre des habitants peinent à se nourrir adéquatement. On a beau dénoncer et déplorer l’achat des votes, il en restera toujours des individus qui vont mordre à l’appât du gain facile, alimenté par le dénuement et le besoin de satisfaction des besoins immédiats d’une population. Devant la tentation de l’argent facile, peu d’esprits résistent.
De plus, les groupes de pression, certaines entreprises locales et étrangères ainsi que de nombreux contributeurs puissants n’hésitent pas à débourser des sommes colossales pour financer la campagne électorale de candidats susceptibles de remporter une élection et s’assurer ainsi la préservation de leurs intérêts. En retour, ils gagnent plus facilement les marchés publics, voient leur dette fiscale exonérée et obtiennent des privilèges inaccessibles au simple citoyen. Par le procédé du blanchiment d’argent, des candidats véreux et peu scrupuleux peuvent également détenir un véritable trésor de guerre pour aller à l’assaut des électeurs.
Cependant, la source de financement des partis peut être assainie et éviter ainsi les risques futurs de chantages, de retour d’ascenseur et surtout le règne d’une ploutocratie.
Ousmane Sonko prône la rupture radicale avec un système malsain ressemblant à une pieuvre avec plusieurs tentacules dont l’une d’elles demeure la place de l’argent dans l’espace politique.
À l’approche d’une campagne présidentielle décisive dans laquelle il participera pour la première fois, il serait pertinent de se demander l’origine des fonds qui lui permettront de battre efficacement campagne s’il décide de se détourner des sources traditionnelles de financement des partis politiques. Eh bien, cet argent doit venir exclusivement de ceux et celles qui croient réellement à son appel patriotique et qui partagent ses convictions. La rupture a un prix. Ainsi, arrivé au pouvoir, le président Sonko n’aura de compte à rendre qu’au peuple qui l’a élu. Libéré de toute pression de redevabilité envers des lobbys ou des contributeurs influents, il pourra sereinement prendre des décisions qui épousent uniquement les intérêts du Sénégal.
C’est ce qu’ont compris les initiateurs de la campagne de levée de fonds dénommée Bokk Naa pour financer la campagne électorale du président de la Coalition Sonko Président. Une initiative inédite, transparente et internationale qui fait mouche avec plus 74.000 euros déjà récoltés.
Le 2 et le 3 février 2019 sont les dates retenues pour compléter l’objectif de 100.000 euros fixé au départ du projet. Un défi que les souteneurs du président Sonko, suffisamment imprégnés des valeurs patriotiques et profondément convaincus de la nécessité d’une nouvelle approche en politique, vont certainement relever.

Lamine Niang
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7 Commentaires

  1. Un autre illuminé de Pasteef ! Mais Lamine Niang khana tu n’as pas écouté la conférence de Me El Hadji Diouf ? Il a magistralement démontré que ton Sonko Fusilleur voulait frauduleusement décrocher 12% de 94 milliards sur le dos d’une famille éplorée pour financer sa campagne électorale. Et tu veux nous vendre un tel énergumène ? Qui se ressemble s’assemble avec votre nébuleuse tontine ! Soit vous ne comprenez rien de comment marche le Sénégal soit vous êtes profondément malhonnête. Car votre M. 12% est un vulgaire politicien affairiste, pire même que les autres, maître du chantage et de la tortuosité, manipulateur de jeunes naïfs du web et populiste arrogant. Vous pensez que les Sénégalais vont élire un amateur hypocrite qui va passer 5 ans à apprendre comment fonctionne un État ?? Ce n’est pas rien que la plupart des 27 opposants recalés ont catégoriquement refusé de soutenir SONKALEX et compagnie à la présidentielle ! Regardez-vous un peu dans un miroir….

    • Plus personne ne croît en vos élucubrations ! Vous avez déjà enterré votre COMMISSION D’ENQUÊTE PARLEMENTAIRE ? Aymérou Ngning, il est où maintenant ? Ha ha ha ! il se terre comme l’autre manipulateur de journaliste, Madambal. Le réveil sera brutal pour les imbéciles qui n’ont pas encore compris les manipulations de Benno Tass Yakar. Sonko c’est du roc, car il est intègre et compétent, au dessus tout il est patriote. Il est temps de mettre à la retraite, tous ces corrompus qui pillent ce beau Sénégal depuis 1962. Mamadou Dia nous manque !

      • Je pense que c’est surtout Moustapha Diakahté qui a freiné la fougue de ses camarades à mener une enquête parlementaire, au moment où tous les Sénégalais, même du côté du pouvoir, exigent une procédure judiciaire afin de situer où se trouvent les voleurs !

  2. @lemzo, contrairement à toi, notre temps est trop prècieux pour que nous le perdions avec un écervelé comme Me chanteur Diouf. Nous attendons sereinement le procureur qui dort comme son maître. Le 24 Février, le réveil sera brutal. Ils seront nombreux, ceux qui penseront que l’ange a sonné sur la trompête annonciateur de la fin du monde.

  3. Le procureur ne peut s’autosaisir dans une affaire strictement privée, il faut que les sénégalais le sachent. Si l’une des parties porte plainte, oui! OS ne fait pas partie des parties en conflit. Et puis le procureur ne peut convoquer OS sans l’autorisation de l’AN. Sonko ignorait tout ça peut-être en déclarant que il a porté plainte et qu’il ne parlera que devant le procureur. Me Diouf a bien raison de dire qu’il va porter plainte après l’élection présidentielle pour ne pas donner à OS l’occasion de dire, que MS et ses amis ont envoyé leur procureur pour saboter sa campagne. OS ne disait-il pas que SBG est le procureur de MS? Les Sénégalais ont besoin de savoir sur: Atlas-Mercalex-AB Partner, Tullow Oil, les propriétés non déclarées de OS….. La liste est longue!

    • On dirait un gamin qui croît à tous les fakes news balancés par les maquisards de Benno Tass Yakar. D’ailleurs où en sont-ils avec leur COMMISSION D’ENQUÊTE PARLEMENTAIRE ? Eh mon gamin ! Il ne s’agit pas d’une affaire privée comme les voleurs de la République veulent le faire passer depuis quelques temps pour maquiller leur forfait. Il s’agit d’une question d’ETAT. Des gens haut placés se sont entendus pour escroquer au Trésor 94 milliards de nos maigres ressources, et vous voulez en faire une affaire privée ? Non mais pour qui nous prenez-vous ? Vous pouvez manipuler la presse (Madambal, le quotidien, liberation…) acheter tout mercenaire que vous souhaitez, vous n’arriverez pas à nous faire oublier cette escroquerie qui éclabousse des pontes de la République, au Ministère des Finances en particulier. Di na leer ! Sonko Président la justice fera son travail par la force ! car elle sera indépendante et aura les moyens d’investigation qu’elle souhaite. Après le tohu bohu de l’enquête soi disant parlementaire vous amenez un aboyeur qui n’est intéressé que par les sous. Il va vous arnaquer, c’est votre problème, mais il ne réussira pas à duper les Sénégalais. VIVE SONKO WAY !

    • supposons que mon voisin m’ait informée sur le nom du voleur de mon troupeau de moutons ladoum, de leur destination, et même en indiquand la nuit où a eu le forfait, la justice n’y ferait rien, après une enquête de la police ? Voyons !

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