Saisie par l’Asso­ciation Baskent Egitim pour annuler l’arrêté du ministre de l’Edu­cation sur le changement de gestion des écoles Yavuz Selim, la Cour suprême s’est penchée en faveur du gouvernement, confirmant l’arrêté de Serigne Mbaye Thiam.

La Cour suprême ne s’est pas inspirée du précédent nigérien et pakistanais. Alors que les juridictions de ces pays avaient déchiré la décision de leur gouvernement de confier la gestion des écoles gülénistes à la Fondation Maarif, mise en place par le pouvoir turc, la haute juridiction sénégalaise a donné un cachet légal à l’arrêté du ministre de l’Éducation nationale. Le 7 décembre dernier, Serigne Mbaye Thiam avait décidé de retirer les établissements Yavuz Selim à l’Association Baskent Egitim qui en sont les propriétaires. Lors d’une audience tenue hier, le juge des référés a tranché de façon nette en faveur de l’Etat : «Disons n’y avoir lieu à ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté n°18353/Mintsp­/Dg­at­­/Dlp du 7 décembre 2016.» Bien sûr, cette décision va ouvrir une nouvelle bataille judiciaire. Il est très probable que l’Asso­cia­tion Baskent Egetim n’accepte pas de se faire «dépouiller» de cette façon de ses biens au profit de la Fondation Maarif au nom d’un deal économico-diplomatique. Depuis que l’Etat a pris cette décision, les responsables de Yavuz Selim ont multiplié les actions pour bloquer ou retarder le changement de gestion. La scène de la Cour suprême était le dernier rempart. Il vient de s’effondrer à la grande surprise des responsables de ces écoles.
Le gouvernement sénégalais a décidé de retirer la gestion des établissements Yavuz Selim à l’Association Baskent Egitim, constituée de privés au profit de la Fondation Maarif qui appartient au gouvernement turc. Cette décision est consécutive aux pressions de Recep Tayyip Erdogan sur les autorités sénégalaises après le coup d’Etat avorté en Turquie. Il estime que Fethullah Gülen, fondateur de ces établissements, est le commanditaire de ce putsch et a promis de faire chuter son empire dans les limbes de l’oubli à travers une «dégulénisation» forcée à coût de pressions diplomatiques. Et ça fonctionne !

Source: lequotidien.sn

PARTAGER

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here