La politique étrangère américaine dans le Moyen-Orient en question? Comment expliquer ce passage de l’isolationnisme à l’interventionnisme?
Depuis l’arrivée des néo-conservateurs américains sous Bush fils, en passant aussi par le populisme sous Trump, la politique étrangère américaine connait une forme de réorientation. La politique étrangère américaine était longtemps conçue par la doctrine de Monroe en référence au président républicain des États-Unis, James Monroe, prônant un isolationnisme dans le monde au détriment de tout interventionnisme. En d’autres termes, les américains s’occupent de leurs propres affaires tout en laissant au reste de la planète se gouverner librement. Depuis la chute du Mur de Berlin, synonyme à la fois de ruptures géostratégiques, géopolitiques et de recomposition du système international, le monde est entré dans une nouvelle ère : C’est la mondialisation avec « ses enfants terribles » (Samy Cohen) qui se caractérise par « Un retournement du monde » (Badie et Smouts, Le Retournement du monde) jusqu’aux attentats du 11 septembre synonyme d’ « un retouremenent du retournement du monde » (Dario Battistella, Retour à l’état de guerre).
Premièrement, la mondialisation a changé la politique étrangère américaine mettant l’accent le passage de l’isolationnisme à l’interventionnisme. Mais comment? La mondialisation impose à la fois aux États-Unis et au reste de la planète trois enjeux : les ressources à la fois naturelles et stratégiques, la question de la défense stratégique, et la mondialisation néolibérale. Trois enjeux liés l’un à l’autre. En ce qui concerne, la défense stratégique, face aux nouvelles menaces (terrorisme et criminalité transnationale), les américains se veulent la première puissance militaire mondiale avec le statut d’un État-gendarme capable de façonner le monde sous le modèle de l’hégémonie libérale. Dans cette perspective, on peut dire sans ambages que les américains sont la première puissance militaire mondiale. Cette suprématie militaire est incontestable et se traduit par le fait que les américains occupent 40% des dépenses militaires mondiales évaluées à 1740 milliards de dollars. Ils disposent des missiles intercontinentaux, une force militaire à la fois navale, aérienne et terrestre variée, un système de défense antibalistique, des satellites d’écoute et d’observation, des missiles tirs à distance et des fantassins équipés. Ils peuvent même faire une guerre à distance sans envoyer leurs soldats sur le terrain grâce à leurs drones. Pour bâtir cette suprématie militaire, que ce soit les dépenses militaires ou l’économie des États-Unis ne peuvent suffire. La solution réside ici sous une forme d’instrumentalisation de la géopolitique du chaos par le bais d’une militarisation systématique des confits internationaux leur permettant de sécuriser les ressources naturelles d’une partie du Moyen-Orient. C’est d’ailleurs toute l’importance des bases militaires américaines dans le monde. C’est pourquoi tous les conflits dans le monde arabe sont synonymes de profit pour les américains car la guerre en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Libye, avait comme toile de fond le pétrole.
En termes marxistes, le Moyen-Orient reste enfermé ici dans le principe de la division internationale du travail dont son seul rôle est de produire des matières premières pour le reste de la planète. Les États-Unis se veulent ici une puissance impérialiste dans la mondialisation néolibérale où les pays du BRICS se positionnent en parallèle, allant même jusqu’à contester l’hégémonie libérale.
Deuxièmement, l’interventionnisme américain dans le Moyen-Orient s’explique par le fait que les néo-conservateurs ont mis en place un programme qu’ils appellent « Project for the New American Century » (Projet pour le nouveau siècle américain) concrétisé par l’administration de Bush fils mais aussi par ses amis comme William Kristol, Robert Kagan, Dick Cheney , Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz. En résumé, c’est par la guerre et l’interventionnisme militaire que les américains comptent assurer l’ordre du monde. C’est pourquoi, la CIA et la FBI étaient sous pression de prouver que Saddam détenait des armes de destructions massives, comme le plus grand mensonge de l’histoire.
Troisièmement, la politique étrangère américaine au Moyen-Orient se traduit tantôt par un soutien à l’Israël, tantôt pour contrer l’Iran. Pour ce qui est du soutien à l’Israël, il faut comprendre ici que les américains sont sous la pression du lobby juif comme (l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) qui dicte et oriente la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. Il suffit de faire un détour sur les travaux de John J. Mearsheimer, Stephen M. Walt par l’article paru en 2006 « The Israel Lobby » qui donnera naissance en 2007 à un livre intitulé « The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy » pour monter que la politique étrangère américaine ne suit pas l’intérêt du peuple américain mais reste sous l’influence du lobby juif. Par ailleurs, les américains cherchent à contrer l’Iran, en tant que leadership du Moyen-Orient. C’est d’ailleurs toute l’importance de décrypter l’influence des États unies sur le programme nucléaire iranien.
Quatrièmement, c’est l’échec même de l’ordre international synonyme de crise du système westphalien qui engendre la négation de la stabilité du monde. L’ordre par l’hégémonie libérale, l’ordre par l’équilibre des puissances, l’ordre par la hiérarchie des puissances sous l’angle réaliste (Waltz, Aron, Organski, Gilpin), confirment encore une fois de plus qu’on vit dans un désordre systémique, synonyme de « boule de billards » où l’hégémon d’hier doit accepter la réalité du monde non pas multipolaire mais multidimensionnel où les richesses mondiales sont réparties entre plusieurs pays à des degrés différents.
MOUSSA KEBE, Science politique UQAM.
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1 Commentaire

  1. cest vraiment importante de connaitre que les usa ont tjours domines le monde avec leurs polique qui esploite le reste du monde surtout au proche orient(israel palestine)

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