Malgré la forte production locale notée ces dernières années, le riz importé domine toujours sur le marché. Une situation qui, selon le conseiller technique du ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Promotion des produits locaux et des PME, Babacar Diagne, est loin d’être renversée.

Il y a ‘’encore du chemin à faire’’ pour renverser la tendance entre le riz importé et le riz local. C’est le constat de Babacar Diagne, conseiller technique du ministre du Commerce Alioune Sarr. Ainsi, M. Diagne qui s’exprimait hier lors d’un atelier sur la commercialisation du riz local, a estimé que le bilan à mi-parcours de la problématique de la commercialisation est ‘’salutaire’’. Car, selon le représentant du ministre en charge de la Promotion des produits locaux, il permet d’identifier à temps les facteurs bloquants et à leur trouver des solutions idoines. ‘’Pour ce faire, les informations doivent être réciproques entre les acteurs de la filière. Le marché du riz importé s’est orienté ces dernières années vers des qualités de riz moins chères. Cette évolution s’est traduite par une baisse des prix courants entre 2009 et fin 2012 d’environ 20%. Cette tendance baissière des prix n’a pas milité en faveur du riz local qui coûte plus cher sur le marché sénégalais’’, a signalé hier Babacar Diagne, lors de l’atelier d’évaluation de la commercialisation du riz local.

Toutefois, malgré cette légère baisse, poursuit-il, la rentabilité de la production s’est maintenue grâce à l’augmentation du rendement, avec au moins 8 tonnes à l’hectare. La filière attire désormais, selon M. Diagne, de nouveaux investisseurs professionnels agro-industriels, banques commerciales et producteurs privés qui continuent à rationaliser et à moderniser son organisation. ‘’Ils devraient également constituer progressivement un groupe, en mesure de faire valoir les intérêts de la filière locale face aux importateurs. (…) L’autosuffisance en riz signifie 200 milliards de francs CFA par an réservés, un déficit de la balance commerciale de 16% résorbé et un regain supplémentaire d’environ 2 points de croissance par an pour le Sénégal’’, a indiqué le conseiller d’Alioune Sarr.

Selon M. Diagne, l’amélioration des fondamentaux de la filière est encore ‘’très fragile’’. Pour lui, elle dépend en premier lieu du maintien de la rentabilité du riz local, donc de sa protection en cas de baisse excessive des cours mondiaux. Elle résulte aussi de la santé financière des opérateurs dont la défaillance pourrait remettre en cause les acquis. ‘’Le potentiel de croissance de la filière dépend aussi du niveau des interventions publiques qui restent nécessaires pour développer les aménagements du périmètre et promouvoir les investissements nécessaires en termes de mécanisation des capacités de stockage’’, a-t-il dit.

Toutefois, a souligné ce conseiller technique, sur la base de données de ces trois dernières années, le riz local gagne d’importantes parts de marché. Cela est possible grâce aux efforts combinés du gouvernement d’une part, et des partenaires au développement ainsi que des acteurs de la scène de valeur d’autre part. ‘’Les acteurs de la filière du riz local ont fait preuve d’une grande capacité d’adaptation à la demande du marché en développant des produits à forte valeur ajoutée de riz entier et parfumé. Grâce à ces évolutions positives, la production a pu, malgré l’accroissement constaté, évoluer sans problème au cours de ces dernières années’’, a-t-il reconnu. A cet égard, M. Diagne a préconisé que l’entrée de nouveaux opérateurs soit encouragée de même que l’établissement du partenariat entre unions de coopératives, les usagers et les producteurs.

La vente du riz paddy, le défi à relever

Le chef de l’Etat Macky Sall s’était fixé comme objectif d’atteindre l’autosuffisance en riz en 2017. Mais, à travers cet engagement politique, ‘’beaucoup de contraintes ont été levées’’ en termes de mécanisation, de problèmes post-récoltes, de stockage, selon le Secrétaire général du Comité interprofessionnel du riz, Charles Large. ‘’Maintenant, nous allons vers la commercialisation. Avec l’implication des importateurs de riz, des quotas sont alloués pour l’acquisition du riz local. Cela contribue à améliorer le réseau de distribution qui existait déjà à travers les rizeries locales. Ces dernières sont en train d’être relevées sur le plan technique pour que la qualité corresponde aux exigences des femmes sénégalaises’’, a-t-il soutenu.

Le gouvernement a alloué 5 milliards de francs CFA pour le fonds de commercialisation du riz paddy. Un montant qui n’est pas encore totalement consommé. ‘’Ce qui veut dire qu’il y a encore des difficultés dans l’acquisition du riz paddy et sa commercialisation. Il s’agit entre autres de la collecte, de l’achat du riz à temps, le décorticage en termes de qualité, l’écoulement sur le marché et les jonctions à faire entre les importations et la production locale’’, a précisé M. Large. Pour sa part, le vice-président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momath Cissé, a estimé que la solution pour régler la question de la commercialisation du riz entier, c’est de mettre en œuvre la campagne de sensibilisation sur les habitudes alimentaires, prônée par le chef de l’Etat.

Source: Enqueteplus.com

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1 Commentaire

  1. Ce riz local consommé presque dans les six mois précédant sa récolte, est le meilleur pour la santé des humains, cela est connu dans tout le monde ! Si les Sénégalais, en particulier les Sénégalaises, feraient des manières pour ne pas consommer ce riz si recherché en Europe, continent que je connais le mieux, nous, Sénégalais de l’extérieur, serions prêts à acheter toute la production pour nos familles ! Il y a moins de 90 ans, la majorité des Sénégalais ont mangé du blé tendre préparé comme on prépare le riz ! Il faut savoir d’où on vient !

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