Le maire de Thiès lorgne le fauteuil présidentiel. Il veut, dès à présent, se positionner comme une alternative crédible au président Macky Sall.

La sortie au vitriole du parti Rewmi contre le pouvoir n’est pas fortuite. D’après le politologue Yoro Dia, cette sortie musclée de cet allié est une manière pour Idrissa Seck, son leader, de préparer les prochaines échéances présidentielles. En effet, arrivé cinquième à la dernière présidentielle, le maire de Thiès lorgne le fauteuil présidentiel.

Et il veut, dès à présent, se positionner comme une alternative crédible au pouvoir. «Idrissa Seck a toujours des ambitions présidentielles. C’est lui le principal challenger du président Macky Sall en 2017 qui sera candidat à sa propre succession», déclare Yoro Dia. Qui ajoute que Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, candidats malheureux à la dernière présidentielle, ont mis une croix sur leurs ambitions présidentielles. «En restant avec le président Macky Sall, ils n’ont plus aucune chance d’être en 2017», poursuit Yoro Dia, donnant l’exemple de Landing Savané. Ainsi, le maire de Thiès veut à tout prix éviter le syndrome Landing Savané.

On se souvient qu’à la veille de la présidentielle de 2007, le secrétaire général d’Aj d’alors avait rompu avec le régime de libéral. Mieux, il s’était présenté contre le président Wade, après 7 ans de compagnonnage. «On peut être avec des voleurs sans être un voleur», dira-t-il pour justifier sa candidature. Une explication ô combien absurde qui jouera en sa défaveur, puisque son score fût proche de 1 %. En effet, plus on va s’approcher des élections, plus les alliés n’auront plus de discours contre le pouvoir, note Yoro Dia. C’est pourquoi, la meilleure manière pour les alliés de réélire Macky Sall est de rester avec lui le plus longtemps possible, selon Yoro Dia. Ce dernier, qui soutient qu’une élection présidentielle est toujours une contestation du président sortant, ajoute qu’un parti qui est avec le pouvoir ne peut pas le critiquer. Il est aussi responsable de sa gestion. «Si Macky échoue, ses alliés seront comptables de son échec», note notre interlocuteur.

D’autre part, l’analyste politique souligne qu’avec cette sortie, Rewmi est dans une dynamique de «dialogue critique». «Il ne peut pas s’aligner à 100 % sur la position du parti au pouvoir. Mais, comme il est en alliance, il ne peut pas non plus s’opposer de manière frontale comme le fait le Pds. C’est comme si Idrissa Seck disait : nous sommes ensemble, mais je garde ma propre identité», dit-il.

En somme, Yoro Dia considère Rewmi comme un parti allié et non un rallié. Un allié qui tient à garder sa liberté de ton, comme, jadis, Abdoulaye Wade a eu le génie d’être dans un gouvernement et de s’opposer au régime socialiste.

Enfin, l’analyste politique lie cette sortie au fondement même de la coalition Benno Bokk Yakaar. En effet, le président Wade était la contradiction principale, d’après Yoro Dia qui indique que tous s’étaient ligués contre lui pour le déboulonner. «Maintenant qu’il n’est plus là, les contradictions secondaires surgissent», constate-t-il. Cependant, il y a une ligne rouge que chaque allié hésite encore à franchir. Jusqu’à quand ?

Charles Gaïky DIENE

walf.sn

2 Commentaires

  1. Ces ragots sous forme de ramassis se disent dans tous les grands places.Descendez dans le pays profond,donner le micro aux secretaires politiques des comites villageois et vous serez ravis de les voir briller de milles feux sur tous les sujets politiques.Les politologues « facon-facon » comme le disent nos amis ivoiriens,il faut s’en mefier.

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