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Le président sortant Laurent Gbagbo, qui n’accepte pas sa défaite et a été reconduit au pouvoir avec 51% des suffrages par un Conseil constitutionnel à sa main, refuse de laisser la place au leader nordiste et de céder aux pressions internationales.

Pour sortir de cette impasse au risque de provoquer des affrontements, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui regroupe notamment les partisans d’Ouattara, a appelé « la population ivoirienne dans toutes ses composantes a engager maintenant sur tout le territoire national le combat pacifique et démocratique pour installer les autorités légitimes et légales de Côte d’Ivoire ».

Le RHDP demande aux jeunes, aux femmes, aux syndicats, à la société civile, aux organisations socio-professionnelles, aux travailleurs et aux fonctionnaires « d’accompagner massivement » jeudi le gouvernement nommé par Ouattara jusqu’au siège de la Radio-Télévision ivoirienne (RTI), aux mains des partisans de Gbagbo, « en vue d’y installer le nouveau directeur général ».

Le RHDP prévoit le lendemain une marche sur les bâtiments du gouvernement pour que celui qu’Alassane Ouattara a nommé et qui est dirigé par l’ancien chef rebelle Guillaume Soro puisse en prendre possession. Soro et Ouattara sont actuellement retranchés à l’hôtel du Golf, protégés par des casques bleus de l’Organisation des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci).

A Bouaké, ancienne « capitale » des ex-rebelles des Forces nouvelles située au centre géographique du pays, la population été invitée par le porte-parole des rebelles, Issa Doumbia, à marcher vers le Sud sur une ville située à l’intérieur de la zone tenue par le gouvernement Gbagbo pour exiger la prise de fonctions de Ouattara.

GBAGBO CONTRÔLE L’ARMÉE ET LA POLICE

Laurent Gbagbo a refusé d’admettre sa défaite après dix ans de pouvoir bien que les résultats de la Commission électorale indépendante donnant Alassane Ouattara vainqueur du second tour de la présidentielle avec plus de 54% des voix aient été certifiés par le représentant de l’Onuci.

Alassane Ouattara dispose du soutien de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédeao) et de l’Union africaine (UA), qui ont toutes deux suspendu l’appartenance de la Côte d’Ivoire tant que Gbagbo ne cédera pas le pouvoir, ainsi que de l’Union européenne, des Etats-Unis, qui la menacent aussi de sanctions, et du Conseil de sécurité des Nations unies.

Pour sa part, Laurent Gbagbo dispose du contrôle de l’armée, de la police et de ses miliciens du mouvement des Jeunes patriotes, aussi les risques d’affrontements sont-ils réels maintenant que le clan Ouattara s’est décidé à faire appel à la rue, même s’il présente son initiative comme « pacifique ».

Laurent Gbagbo s’est lui-même emparé du pouvoir il y a dix ans en recourant à la rue pour contraindre au départ l’ancien chef d’état-major Robert Gueï, qui avait renversé deux ans plus tôt le président Henri Konan Bédié, qui avait succédé à sa mort à Félix Houphouët-Boigny, premier président du pays.

Arrivé en troisième position au premier tour de l’élection présidentielle, Konan Bédié s’est rallié au second tour à Ouattara, permettant sa large victoire.

Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser
reuters

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