Au lendemain de la visite de George W. Bush au Sénégal en 2003, le Pr Ousseynou KANE de la faculté des Lettres et Sciences humaines de l’UCAD publia dans Walf fadjri une excellente contribution intitulée Pour une poignée de dollars. Cette contribution qui s’est inspirée du titre d’un film western de Sergio Leone (1964) et qui fustigeait le comportement obséquieux des autorités sénégalaises avait mis à l’époque hors de ses gonds un certain directeur du quotidien national alors en service commandé. Un an plus tard, le même Sergio Leone produisit dans la même lignée Et pour quelques dollars de plus qui met en scène des chasseurs de prime, cupides et prêts à tout pour quelques pépites d’or. Cette race de chasseurs de prime en vogue dans l’ancien FAR WEST n’est pas complètement éteinte. Elle existe de nos jours sous diverses formes, particulièrement en politique au Sénégal, où cette engeance a trouvé sa terre de prédilection

Il y a d’abord la race des transhumants, ce ramassis de canailles qui ont vendu leur âme au diable et sur lesquels les observateurs de la politique ont épuisé toute leur encre et leur salive. On fera simplement remarquer que, par-delà les transhumants, on semble en oublier le bénéficiaire, celui qui les accueille à bras ouverts, souvent au détriment des militants de la première heure. Qui n’a pas entendu à la télévision l’apologiste de cette pratique immonde dire  qu’on est libre de préférer le soupe kandié au mafé ? (sic). La comparaison est-elle heureuse ? A vous d’en juger  En droit pénal, le receleur encourt la même peine que le voleur. Eliminez les  receleurs, et les vols auront considérablement diminué. Mais ils se fourrent le doigt dans l’œil jusqu’au coude s’ils croient drainer du monde avec eux dans leur transhumance.

Une autre catégorie de chasseurs de prime concerne les vrais voleurs sans foi ni loi, ceux qui puisent directement dans la caisse; on les trouve pêle-mêle au COUD, au PRODAC, à la Poste, à la SAR, aux agences et dans les ministères, ceux-là bien connus de la Cour des Comptes et inconnus du parquet et qui ont choisi de manger leur pain blanc en premier en attendant le pain noir qui n’est plus qu’une question de temps plus ou moins lointain. Curieux pays où les rôles sont inversés : ceux qui sont en prison n’y ont pas leur place alors que ceux qui n’y sont pas devraient y être.

Enfin, le dernier volet de notre trilogie concerne ceux qui veulent plaire au prince à  tout prix. Leur chef de file? Ce vrai-faux ayatollah, vantard, ignare et imbu de sa personne, qui depuis un certain temps débite sans sourciller les pires âneries, du genre Sonko est  membre du Daesh, oubliant son passé connu de tous. Un tel homme, tourné en dérision dans des débats religieux récents où on  met à nu toute son inculture,  a perdu toute crédibilité dans presque toutes les familles  religieuses du Sénégal…Et on classe dans la même catégorie ceux qui ont déjà volé, mais qui ne peuvent jouir en toute quiétude du fruit de leurs rapines, du fait de l’épée de Damoclès qui pend au-dessus de leurs têtes, chantage machiavélique: rejoignezmoi ou alors…

Grâce à Dieu, il existera toujours dans ce pays des gens qui, contre vents et marées, garderont leur dignité immaculée.

Yatma DIEYE, professeur d’anglais, Rufisque

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