L’Histoire Générale du Sénégal est au banc des accusés. Pourtant, ce processus a été conduit dans l’indifférence générale. Maintenant que les premiers tomes apparaissent, on se reveille. Faut-il écrire l’histoire pour attiser les lignes de fractures ? Pour galvaniser le jeune sénégalais avec un narratif de fierté ? Où sont les TDR ?

Au plan de l’orientation de ce travail nous sommes en plein dans le micro nombrilisme. Mais c’est aussi le style du Pr Iba Der Thiam qui a déteint sur cette oeuvre. Pr Thiam a incontestablement du mérite. Il faut le lui reconnaître. Mais il est facile de voir sa mainmise tentaculaire dans cette oeuvre complexe et transdisciplinaire transformée en pugilat du fait des graves errements et manquements.

Je pense qu’il faut arrêter les travaux et la surenchère qui l’accompagne. Car c’est désormais des histoires rabibochées. Soit on fait de la science soit en n’en fait pas. Autrement on aurait pu demander à chaque ‘yakh bou rey » de donner sa généalogie. Et laisser les autres parler eux mêmes de leurs « servitudes ».

Le faits ne valent que s’ils permettent d’étayer une perspective historique claire. Sinon on va l’appeler « chroniques des familles qui comptent ». Et si demain les diolas, les bassaris, les descendants « d’esclaves » en font de même ? Moi je pense qu’il faut d’abord réconcilier le Sénégal avec lui-même. Ces trajectoires centripedes n’ont pas donné une meilleure citoyenneté.

Cherchons un dénominateur commun pour booster le pays. Parlons de Dieri Dior Ndella Fall. Ceux ont cru au sens de l’honneur et de l’amitié jusqu’au sacrifice extrême. Parlons de Bamba pas sous l’angle du prosélytisme..mais du nationalisme..de Elhaji Ibrahima Niass qui a su sortir son enseignement du Sénégal pour conquérir l’Afrique de l’ouest..nos héros dorment à Dosso. Parlons de la résistance de Aline Sitoe Diatta, de Kouyito, de Alanso…qui se sont battues en tant que femmes contre les colons. Parlons de la résistance culturelle de Maodo avec ses zaouiyas urbains et ses muquadams partout. Réhabilitons la figure du « ceddo » sous un prisme sénégalais.

Moi je pense que ce serait mieux que de raviver des batailles de préséance et de représentativité qui ne vont pas au-delà de nos petites frontières. Donnons l’opportunité à nos jeunes de connaître qui est Maître Valdiodio N’diaye, Ibrahima Seydou Ndaw…Une histoire du Sénégal qui nous installe dans le temps long. Là on est dans les oscillations brèves et nombriliques.

Quel message clé voulons nous transmettre à nos jeunes prisonniers de la traite des nègres, de Faidherbe, du héros américain, du samouraï japonais, du meiji, de la révolution industrielle, de la défaite de « dekheule », de l’exil de Bamba, de la francophonie et de la francafrique ? Comment l’inspirer ? Un livre qu’on aura envie d’offrir à son ami britannique ou français pour lui dire voilà l’autre récit national qui s’enchâsse dans les complexités historiques de l’Afrique et du monde. Bref comment déconstruire l’imaginaire populaire national. Sur ces enjeux, il est dommage que l’Histoire Générale du Sénégal nous ait servie des querelles de bornes-fontaine familiales en renforçant les lignes de fracture. En attendant arrêtons là. Et revoyons l’orientation car projet ne peut être plus novateur que celui-ci en respectant les règles de la méthodologie scientifique fondée sur les faits et la rigueur.

Depuis Pita à Mamou
Fouta Djallon
République de Guinée

NKEN

2 Commentaires

  1. La seule vraie histoire du senegal c’est celle écrite par les colons.Celle écrite par les sénégalais ou dite oralement ne comportera jamais de texte en défaveur d’une communauté d’un ancien roi ou marabout car les gens avec leur ego surdimensionné ne l’accepteront pas même si c’est la vérité absolue.Chacun voudrait tirer la couverture de son côté même si ces ailleules ont fait des bêtises .
    Donc contentons nous de l’histoire écrite par le blancs et basta !!!!!!!!

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