La presse a fait son travail. Celui d’informer sur ce qui s’est passé à l’Université de Dakar, ce lieu de fabrique de ceux qui auront demain la charge de conduire les destinés du pays. C’était à l’occasion de la visite du Président de la République. Celui là même, qui, il y’a seulement quelques années, comme il s’en est nostalgiquement rappelé, était un pensionnaire de ce haut lieu du savoir.

Ce geste, en aucune façon, ne doit pas se passer dans un pays où les institutions marchent, l’opposition s’oppose, les libertés s’exercent un tant soi peu. J’allais dire, ce geste ne peut se voir qu’au Sénégal. C’est finalement ce que nous réservait l’exception sénégalaise. Il a été accompli par une partie de ceux qui dirigeront demain le pays, dit – ton, et qui, devront donc être la référence. A la prophétie choc de Wade « dis moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quel pays tu seras », on pourrait logiquement ajouter : dis mois quel étudiant tu es, je te dirai quel dirigeant tu seras. Heureusement que ce n’est pas tout le monde qui a jeté des pierres. Toutefois, on peut affirmer, sans aucun risque de se tromper, que si un étudiant est capable de jeter des pierres sur une autorité qui, en principe, vient s’enquérir des conditions de vie et d’étude des ses jeunes compatriotes, il sera capable demain de taper sur des innocents. C’est pourquoi le mal est trop profond et ne fait que s’enfoncer, malheureusement. Il faut beaucoup de courage et de détermination pour couper cette racine du mal.

Il est temps que l’on comprenne, au Sénégal, que la fonction de Président de la République est sacrée. Les politiciens ne récolent que ce qu’ils sèment. Quand j’ai entendu de hauts responsables qui aspiraient tous à diriger le pays se taire de façon complice, encourageant presque de jeunes artistes à insulter publiquement Wade avec tout ce qu’il représente dans ce pays, j’ai dit que le début de la dérive venait de commencer. Plus personne ne pourra l’arrêter. Aujourd’hui, aucun membre de l’opposition ne dit rien sur ce qui s’est passé à l’Université. Certains même, peut être, s’en glorifient. Pourtant le prochain Président de la République sortira de leur rang, fort probablement. Résultat : soit ils n’auront pas le courage de se rendre à l’Université. Ils failliront alors à un devoir républicain, celui d’aller rencontrer les fils du Sénégal partout où ils se trouvent ou alors, ils se feront bombardés et le plus petit doigt ne sera pas levé car ce sera perçu comme quelque chose de normal.

Le peuple doit protéger son président. Non, ce geste n’a pas de mobil car rien ne le justifie. Personne ni rien ne peut justifier qu’on doit jeter des pierres sur la plus haute autorité du pays. Les sénégalais ont le droit de manifester leur désaccord ou leur amertume. Ils peuvent même arracher ce droit s’il leur est confisqué. Mais cette forme de revendiquer la liberté repousse les limites de l’objectivité, de l’incivisme et de la liberté elle même. Tous les sénégalais doivent élever la voie pour contester cette dérive. C’est quand même le chef de l’Etat qui était à l’Université. Je ne suis d’aucun parti politique. Je fais partie des sénégalais qui pensent qu’un pays comme d’ailleurs une maison, on l’organise. L’indiscipline, l’incivisme et le désordre n’ont pas leur place dans aucun pays qui veut se développer. Je n’ai jamais entendu des américains jeter des pierres sur un candidat à plus forte raison sur un Président en exercice.

Il n’existe aucun Dara (école coranique) au Sénégal où on peut voir un tel spectacle lors de la visite du Président de tous les sénégalais. Existerait – il alors deux types de sénégalais ? Ceux qui sont produits par les Daras et qui, quelque soit leur défaut restent républicains et respectueux de l’autorité et ceux qui sont produits par les écoles dites « civilisées » qui ne reconnaissent aucune autorité ?  Pourtant, on nous dit qu’il faut réformer les Daras. Non ! C’est cette école qui produit ce type de sénégalais qu’il faut réformer à la hâte.

Falilou Cissé

                                Conseiller en Développement communautaire

                                                       Tel 77 689 79 44 email [email protected]

 

 

 

PARTAGER

6 Commentaires

  1. Question: Qui disait que Wade, président en exercice, avait recruté des mercenaires pour tuer des sénégalais ? Y avait-il respect de l’institution, ou ce n’était pas obligatoire ?
    Question: Qui insultait nos guides religieux ? N’est ce pas que par ces insultes, cette désacralisation il a été élevé au sommet de cette nouvelle république ?
    Et le Sénégal a atteint le sommet lorsqu’un tueur devant les caméras d’une télévision et qui avoue avoir tuer est libéré de prison pour être élu député.
    Aujourd’hui, ce sont ceux qui ont applaudi tous ces faits, qui les ont soutenu, qui les ont justifié, qui appellent au civisme, au respect des institutions. Ce sont ceux qui avaient appelé à l’animalité qui demandent à ceux qu’ils avaient appelé d’être humains.
    Avant, on disait même du Sénégalais qu’il est trop passif. Et alors est arrivé le nouveau type de sénégalais, avec des ONG et associations financées par l’étranger, et la méthode du Feu et Sang est née.
    Mes parents poulars disent: « un’doo6e, cuudondirtaa naafde » (une communauté de pileuses ne peut vouloir se cacher les aisselles, les unes des autres). Si nous voulons construire une république, il faudra bien un jour se parler, il faudra abandonner la démagogie. Bien avant, la notion d’institution, l’Afrique avait construit une civilisation millénaire bâtie sur les mythes, c’est à dire des faux sacralisés. Ceux qui sont doués d’intelligence comprennent que même un roi Singe a droit à un respect obligatoire. Et c’est riche de cette vérité que depuis 2011, je dénonce cette très mauvaise stratégie de faire feu de tout bois pour arriver au pouvoir, de tout détruire avec espoir de le reconstruire quand on arrivera au pouvoir. Même s’ils ne l’avoueront pas, ils ont compris que c’est impossible.
    Toute personne soucieuse du devenir du Sénégal sait que la graine du mal est déjà semée. Toute personne soucieuse du Sénégal ne doit pas être assez partisan pour refuser de reconnaître que c’est cette spirale du mal qui gonfle que Macky Sall n’a pas cherché à freiner. Au contraire. En tout cas il est indéniable, qu’il a récompensé tous ceux qui sont les artisans et entretenant de cette spirale de haine. La plus grosse erreur est de croire qu’on y arrivera à bout en étouffant tous ceux qui ne sont pas d’accord, pour ne laisser que ceux qui le sont. J’ai rappelé que le Pharaon ne l’a pas réussi.

  2. a mon humble avis,le president a joué et le president a perdu, si vous regardez les images, es ce que c’est notre président que vous voyez ou le secrétaire general de l’apr? je pense qu’aucun sénégalais responsable ne peux cautionner ces jeux de pierres envers qui que soit, à plus forte raison envers notre président, mais reconnaissons quand même que le président nous saoule de politique, et ce genre d’acte font parti des revers de la médaille

  3. Une analyse objective à laquelle je consens entièrement. Aujourd(hui on ne forme plus qu’on éduque. On se dit démocrate alors qu’on ne peut supporter la contradiction et on est plus anarchique. La déchéance du Senegal a commence depuis longtemps et nous ne nous sommes pas rendus compte. le systeme educative n’est plus une reference et on forme plus des cancres de que des intellectuels. Sans compter ces politiciens qui n’ont aucune offre politique que la surrechère et qui ont tous cpontribué à cette déchéance du pays. Le pays souffre et j’ai mal car l’attitude de ces gosses censes diriger le pays montre qque c’est pas demain la veille l’émergence. Ce qu ces étudiants ont fait est innommable et rien ne saurait l’excuser. Honte à eux.

  4. MACKY SALL FAISAIT PARTIE DES ETUDIANTS DU PDS/AJPADS/LD/PIT QUI ONT CAILLAISSE DIOUF ENTRE PENTHIE ALY NGUER ET LA PLACE DE FRANCE UN APRES-MIDI DE 25 FEVRIER 1988 IL NE L’A JAMAIS NIE
    IL MERITE AMAPLEMENT CE QUI LUI ARRIVE

  5. Les hypocrites ! Comment pouvez-vous minimiser une telle réaction des étudiants de notre pays contre leur Président de la République ? Où se situe ici l’acte de courage de Macky ? Etait-il donc convaincu de la possibilité d’une telle réaction ? Si oui , pourquoi ? Et pourquoi a-t-il quand même pris ce risque ? Est-ce donc par un simple désir de provoquer les étudiants ?

    Au contraire cette réaction des étudiants , est le message le plus clair et le plus direct adressé à Macky Sall , traduisant ainsi , le profond désarroi dans lequel la nation sénégalaise est plongée depuis trois ans maintenant .

    La mauvaise lecture des réalités et surtout , l’hypocrisie qui ont fait dire aux collaborateurs de Macky que les étudiants lui étaient acquis , continuent de plus belle en lui faisant idiotement croire maintenant qu’il a été courageux , d’un courage qui se racontera sous les chaumières très , très longtemps après lui . Et lui , le pauvre , aussi bizarre que cela puisse paraître , il y croit . Mais non ! Il n’y a aucun courage qui tienne ici ! Il y a un malaise immensément profond qui a engendré cette attitude des étudiants , nos fils , nos frères , des sénégalais intelligents et responsables ; qui sont à la veille de prendre les rênes de notre pays . Il est du devoir obligatoire et impérieux des autorités d’analyser ce malaise en toute lucidité , afin d’en comprendre les causes réelles , pour y apporter les solutions réfléchies , objectives et durables .

    Parce qu’il serait trop simpliste de vouloir mettre tout cela sur le compte politicien d’une opposition qui serait derrière les étudiants . C’est tellement facile ainsi pour les souteneurs , laudateurs et autres responsables administratifs de cette situation , de masquer leur incompétence et , les tares de l’exercice du pouvoir de ce régime .

    Président , vous êtes courageux ! Lui disent-ils ; Ces étudiants sont indisciplinés , il faut arrêter ceux appartenant aux partis de l’opposition , ce sont eux les responsables en vérité ! Il faut tous les mater ! — Tous les étudiants sont-ils de l’opposition alors ? Parce que les images diffusées dans la presse , montrent bien et clairement , que tous les étudiants ou presque , ont participé à cet intifada .

    Et puis en vérité , vous prenez nos enfants pour des pleutres , des hommes sans courage , sans dignité ; au point qu’après avoir privé certains de bourse d’étude , ces bourses qui , nous le savons tous , permettent à 90% d’entre eux , de soutenir leurs familles : pauvres paysans , leurs mères veuves désemparées , leurs pères retraités décontenancés , ou goorgoorlous totalement désorientés ; après avoir doublé les frais d’inscription ; après les avoir brimé , battu ; après avoir saccagé leurs chambres et volé leurs maigres affaires , après avoir tué l’un d’eux , et en avoir arrêté et emprisonné certains ; vous ayez pu penser une seule seconde , qu’ils vous dérouleraient le tapis rouge , tout dociles et reconnaissants . EH BIEN NON ! NOS ENFANTS SONT A NOTRE IMAGES : INTELLIGENTS , HONNÊTES ET COURAGEUX . ET VOUS , VOUS ÊTES D’INFINIS IDIOTS !

    Vos 35 000.000.000 ( trente cinq milliards ) de francs non plus , ILS N’EN ONT RIEN A FAIRE , SI C’EST POUR ACHETER LEURS CONSCIENCES , PARCE QU’ILS SONT DIGNES ET FIERS .

    Votre aveuglement et votre égocentrisme sont tels , que vous vous gargarisez bêtement et indisposez le monde entier pour quelques pavillons réalisés , alors que des universités entières ont été construites par les régimes qui vous ont précédé sans tambours ni trompettes .

    ARRÊTER DES ETUDIANTS LES TRADUIRE EN JUSTICE ET LES CONDAMNER MÊME A DES PEINES AVEC SURSIS , NE PEUT ÊTRE LA SOLUTION , SI LES RAISONS DE CE MALAISE SONT TOUJOURS LA .

    Seckou BADJI — EUYINEUW ………………………………………….

    .

Repondre

Please enter your comment!
Please enter your name here