Le confinement. Un mot étrange pour nous autres qui sommes bien ancrés dans l’informel aussi bien dans nos relations sociales que dans la gestion étatique du pays. L’informel s’incruste même dans les mesures administratives de nos gouvernants qui laissent planer le doute voire même l’insouciance dans leurs décisions dans le seuil dessein de ne pas assumer courageusement les mesures qui s’imposent dans cette situation de crise sanitaire mondiale pour ne pas froisser une certaine élite maraboutique.

Pourtant, il se profile à l’horizon et j’ai peur pour mon cher pays le Sénégal, pas seulement pour le Coronavirus, mais pour le chaos indescriptible qui risque de s’y installer durablement. Et personne ne prend véritablement en compte la fracture  sociale qui prévaut actuellement au pays de la Teranga. Un pays très pauvre où la débrouillardise est l’unique choix pour la grande majorité de nos compatriotes pour survivre. Aujourd’hui, c’est trop tard. Nous sommes tous coupables d’avoir laissé nos gouvernants depuis l’indépendance faire ce qu’ils veulent  de ce pays et de ses habitants voire même dessiner les contours de notre modèle de société économique basé principalement sur le secteur informel et de laisser les gens à eux- mêmes complètement incapables de faire face dans cette situation d’extrême tension sociale.

Confiner une population ou la mettre en quarantaine ou même décréter l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national et sans exception est sans doute la solution en vue de freiner la propagation de l’épidémie. Mais que faire ? Devrons – nous attendre le sifflet de la fin de la récréation par le locataire du palais de la République monsieur Macky Sall pour agir et prendre nos responsabilités ? Et pour cela, nous devons garder notre mal en patience dans la mesure où Macky Sall n’a pas cessé depuis le début de l’apparition du Coronavirus en Chine et ailleurs dans le monde  de tergiverser avant de prendre avec des pincettes la mesure de l’ampleur de la gravité de la situation pour notre pays de trous à rats où la santé de nos compatriotes n’a jamais été vraiment la  priorité de nos autorités publiques. Il a été toujours question de rafistolage et non de prendre les mesures idoines d’une réelle politique de santé publique efficiente pour couvrir les besoins sanitaires de nos compatriotes en matières d’infrastructures hospitalières et d’équipements médicaux dignes de ce nom. En face de ce fléau mondial qui fait des ravages dans des pays beaucoup plus développés que le Sénégal et où les autorités disposent de tous les leviers de pouvoir pour tenter de freiner la pandémie, Macky Sall préfère de loin repousser la patate chaude aux  marabouts au lieu de prendre ses responsabilités pour protéger l’ensemble du corps social même même pour les pans de la société qui n’accordent aucun crédit aux professionnels de la santé tout en oubliant que le feu couve et il risque d’embrasser tout le pays.

Pourtant, bien avant que le Coronavirus ne gagne nos terres, beaucoup de nos compatriotes ont demandé au président Macky Sall de prendre les devants en procédant purement et simplement à la fermeture de nos frontières et surtout l’AIBD pour protéger le pays. Il et ses ministres ont fait la sourde oreille et nous ont envoyé balader pour nous dire que le Sénégal n’est pas en mesure de se priver du reste du monde pour assurer son ravitaillement en denrées alimentaires et autres. Soit ! Et maintenant ! En vérité,  Macky Sall n’a pas eu le courage comme toujours de privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Il a attendu d’avoir l’onction du président français Emmanuel Macron pour la faisabilité d’une telle mesure voire même de constater à son grand dam qu’il était obligé de s’aligner sur les autres nations à partir du moment où la règle était partout pour la fermeture des frontières aériennes.  Que ses affidés en viennent maintenant à saluer sa posture de défenseur des intérêts supérieurs de la nation, nous laisse pantois. Macky Sall, depuis le début de la propagation de l’épidémie, ne s’ est pas encore comporté comme une autorité capable d’assumer entièrement ses responsabilités devant l’histoire et devant nos compatriotes déboussolés par l’insoutenable irresponsabilité qui prévaut à la tête du pays.

Quelques soient les mesures de confinement et / ou d’état d’urgence que Macky Sall va sans doute devoir prendre dans les heures ou dans les prochains jours pour lutter de manière drastique à la propagation du Coronavirus, le mal est déjà fait. Vu nos moyens logistiques dérisoires pour lutter efficacement à ce fléau, il revient à chacun de nos compatriotes au pays de prendre entièrement sa responsabilité en acceptant de respecter scrupuleusement les recommandations de nos professionnels de santé pour d’une part aider les acteurs qui sont au front et qui sont ne l’oublions jamais, nos pères,  nos mères,  nos soeurs et nos frères.  Ils ou elles se dévouent corps et âmes et avec le peu de moyens à leurs dispositions pour nous protéger. Nous avons le devoir de les soutenir en limitant au maximum nos déplacements.  Seule la nécessité absolue doit nous contraindre à sortir de nos demeures. Je reconnais qu’ils nous demandent beaucoup de sacrifices. Je reconnais l’énorme effort de survie que nos autorités vont devoir demander à nos compatriotes vu de la situation exsangue de détérioration du tissu social qui prévaut au Sénégal et c’est de trop pour des gens qui vont rester calfeutrées dans leurs  villas à l’abri du besoin voire à la recherche de la dépense  quotidienne, la quête incessante du citoyen lambda sénégalais, l’immense majorité de la population.

Nos compatriotes les plus démunis doivent souffrir le martyr et accepter de supporter de terribles privations voire de respecter les mesures draconiennes  de Macky Sall alors que depuis qu’il est à la tête de cette fichue République bannière, il a préféré s’endetter à hauteur de plusieurs milliers de milliards de francs CFA pour des infrastructures de prestige, le TER par exemple cloué au sol et ce n’est pas demain qu’il va rouler et d’autres encore non structurants pour la viabilité de l’économie sénégalaise au lieu de doter du pays de structures sanitaires modernes. Il en avait la possibilité,  mais il lui manquait le courage nécessaire pour relever ce défi et faire face aux injonctions des bailleurs de fonds qui militent activement pour moins d’Etat et de laisser cour à l’initiative privée lorsqu’on sait de manière certaine que le secteur privé est trop  faible  pour mettre en oeuvre de tels projets. Aujourd’hui,  en Occident, tous les pays qui n’ont pas jugé nécessaire  sur les soins de santé s’en mordent les doigts et essaient avec les énormes moyens dont ils disposent de faire une course contre  la montre pour diminuer les dégâts voire les ravages du Coronavirus.

Nous autres, au Sénégal,  depuis toujours, avions estimé que le pays malgré une pauvreté endémique,  le manque d’infrastructures hospitalières de qualité et nous étions à l’abri de n’importe quel tumulte.  Un pays dans lequel nos valeureux ancêtres ont demandé la protection du Seigneur des mondes, certes oui  mais nous autres vivants depuis l’indépendance nous avons fourni aucun effort, je pèse bien mes mots  pour protéger les plus faibles d’entre nous en utilisant nos ressources publiques afin d’asseoir un développement économique endogène.  Nous avons laissé par faiblesse ou par cupidité une minorité d’individus issus des partis politiques, adeptes de la politique de l’autruche abuser de notre naïveté pour s’enrichir de manière éhontée en détournant depuis 1960 l’argent de nos compatriotes en toute impunité.

L’épidémie du Coronavirus qui s’ étend de jour en jour au Sénégal met à nu de manière inexorable et sans fard la déliquescence de notre système de santé publique et de nos politiques publiques.

Nous devons tous faire face malgré nos faibles moyens en faisant preuve de dépassement pour la préservation de l’intérêt général et respecter au maximum les conseils avisés de nos professionnels de santé et demander inlassablement le soutien et la protection du maître de l’univers, qui lui Seul peut nous délivrer de ce virus. Que le Seigneur des mondes veille sur notre pays et nous protège de ce mal invisible,  Lui qui voit tout et qui a autorité sur toutes choses et sur organismes vivants.

Et après,  une fois que l’épidémie sera dernière fois et le plus tôt possible par la grâce de Dieu, nous aurons le devoir de revenir sur nos tares voire de situer en toute honnêteté la responsabilité des uns et des autres sur la chienlit qui prévaut à toutes les strates de la société et de cesser de penser malheureusement pour beaucoup de nos compatriotes que le Sénégal est au dessus des autres nations pour x raisons et que nul mal ne peut le faire vaciller. Malheureusement, la réalité nous rattrape et nous dévoile de manière insidieuse  notre devoir d’humain d’oeuvrer inlassablement pour le bien de l’ensemble du corps social et non de procéder à des manoeuvres politiciennes perfides  pour avoir le dessus sur tout un peuple.

Nb : Nous autres, compatriotes de la Diaspora et qui vivons dans le confinement en Occident et ailleurs dans le monde, et même si les situations de survie différent en cette période d’isolement,  nous nous armons de patience et implorons la protection de notre Seigneur,  nous avons une pensée émue pour nos compatriotes au Sénégal laissés à eux – mêmes par une bande d’incapables et à leur tête le chef de clan Macky Sall qui nous gouvernent et qui n’ont  jamais fait preuve de pragmatisme et du sens de la responsabilité pour changer le cours de l’histoire et d’offrir à nos compatriotes une vie  plus acceptable. Nous vous confions au Seigneur pour qu’il vous assiste.

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