A moins de 16 mois des prochaines élections présidentielles, l’opposition sénégalaise reste encore sur les starting-blocks à s’épier et à sonder les intentions des uns et des autres. Quant à Macky, comme à son habitude, il a déjà amorcé son « faux départ », pour partir avant le signal donné, avec son nouveau gouvernement électoral et le positionnement de tous ses Ministres-militants aux portefeuilles à gros budgets. Toujours une longueur d’avance sur ses opposants. Comme lors du dernier référendum dont la date et son wax waxète sur le mandat de cinq ans, ont été soigneusement cachés jusqu’à un mois juste avant le scrutin. Comme également la décision de refonte du fichier électoral et la confection des cartes numérisées, décidées à quelques mois du scrutin des législatives, dans des délais intenables et dans des conditions frauduleuses préméditées et orchestrées pour désabuser et anéantir les chances de l’opposition. Grand joueur d’échec politique, il a déjà avancé ses pions pour déblayer le terrain : Exiler Karim Wade, embastiller Khalifa Sall, isoler Idrissa Seck. Les législatives ayant fini de réduire à minima les folles ambitions des nouveaux soldats fantassins (A. Mbaye, O. Sonko, M. Gakou…) de la scène politique qui auront mesuré le fossé entre popularité médiatique et force électorale. Aujourd’hui Ils tendent la main à Abdoulaye wade après avoir croisé les bras, refusant le cadre unitaire de Manko offert hier et alléguant  ne s’allier qu’avec des mains propres.

Il est vrai que, aussi invraisemblable que cela puisse paraître aux yeux des politologues, après les résultats des législatives même chahutées par de fortes irrégularités, A. Wade reste le maître du jeu. Le hic et le pic, c’est qu’il joue pour Karim. C’est une constante et un objectif même clamé et déclamé de tout temps. C’est donc un fait avec lequel il faut composer. Mais que faire dans le contexte politique actuel. Il n’y a qu’une alternative pour Wade : aller au compromis avec Macky ou positionner un leadership pour l’abattre. Mais alors quel leadership pour l’opposition ?

La démission de Wade de son poste de député l’exclut définitivement de la compétition en tant que candidat. Il ne lui reste que le rôle faire valoir. Au sein de l’opposition, qui par son palmarès, son parcours et son aura, peut incarner ce leadership ? Maître Wade le sait plus que tout le monde. Il s’agit d’Idrissa Seck. Il fut Ministre sous Abdou Diouf, directeur de campagne de Wade victorieux en 2000, Directeur de cabinet et Premier Ministre du Président Wade et enfin 2 fois candidat à la présidence de la République. Qui dit mieux dans l’opposition lève le doigt. Nul mieux que Wade n’est en mesure de lever l’ostracisme et la diabolisation injustifiés qui pèsent sur lui. Le voilà au pied du mur, la realpolitik dans le contexte actuel impose de regrouper les forces dispersées du Wadisme et de réunir les nouvelles émergences politiques autour de celui qui par sa constance son sens de l’intérêt général, de sa vision claire des aspirations des populations, sa solidité dans l’épreuve et sa détermination affirmée de s’opposer aux dérives maintes fois dénoncées du régime mackyen, autour du fils prodige adopté et loué naguère pour ses qualités d’homme d’Etat et humaines :Idrissa Seck. Le temps du « sacrement de la réconciliation » et du repentir est venu, avant qu’il ne passe aux regrets et à l’amertume, pour le seul profit de Macky et pour la désolation du pays.

Dans l’échiquier planté par Macky pour « réduire l’opposition à sa plus simple expression », la pierre d’achoppement reste l’élimination d’Idy. La force de Macky c’est la faiblesse de l’opposition. Une lapalissade certes mais que la désunion et la dispersion de l’opposition rendent fort plausible. « Macky n’est grand que parce que l’opposition est à genoux» avais-je lancé dès 2014. Les événements politiques donnent raison aujourd’hui à ce cri du cœur. Macky continue de dérouler son rouleau compresseur pour démolir tout sur son passage et l’opposition se cherche encore. Son salut serait de provoquer et d’imposer dans l’arêne le combat Idy-Macky en 2019.

Chérif Ben Amar Ndiaye.

Les-rewmistes.org

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