L’indépendance monétaire, c’est la finalité. Il y a des moyens et un travail pour y parvenir qu’on ne doit pas bâcler. La position casse-cou qui consiste à dire: quoi qu’elle nous en coûte, n’est pas ni responsable ni raisonnable. Par ailleurs, c’est la dispersion dans l’engagement militant pour l’indépendance qui, sans en avoir l’air, débouche sur le surplace jusqu’à l’affaiblissement du continent noir. Si nos efforts sont mobilisés dans la lutte contre la malgouvernance, tous ces objectifs d’autodétermination seront atteints sans coup férir. Ce sera insidieusement une exigence, un produit d’un niveau plus élevé d’organisation sociale.
Le franc CFA est un symptôme de la maladie de nos pays atteints de faiblesse chronique. Pour en guérir, il faut s’en prendre au germe. Ce virulent microbe, qui gangrène nos corps, a comme nom : malgouvernance, syndrome d’immunodéficience persistante. Il ne s’agit pas d’attendre de la France ni d’aucun autre pays, fussent-ils communistes, arabo-musulmans ou hybrides, un acte altruiste de quelque nature que ce soit. Il revient à nous seuls d’engager la bataille, de prendre la revanche sur nous-mêmes et de réussir le pari de l’indépendance monétaire en particulier et économique en général.
Quand un enfant est méchamment brutalisé par un père alcoolique au point d’être confié à des tuteurs, on le laisse entre les mains de ces derniers, et on exige du père qu’il change d’attitude avant de reprendre son autorité parentale. C’est une situation très regrettable pour l’enfant qui en subit les principaux effets. Le besoin impérieux de la présence du père et de l’amour paternel dans l’évolution de l’enfant est ainsi sacrifié. Néanmoins, il y a lieu de choisir entre ce dysfonctionnement dans le développement de l’enfant et les troubles encore plus graves que l’enfant pourrait subir, jusqu’à la mort.
Dans l’espace de la CEDEAO, les critères de convergence tels que la maitrise de l’inflation et la réduction des déficits budgétaires dans les 15 pays concernés constituent encore les obstacles majeurs à la monnaie commune. Au sein de l’UEMOA, les cibles du développement de la production énergétique, de la sécurité alimentaire, de l’intégration, du financement de l’économie, de la paix et la sécurité dans l’espace communautaire sont les exigences préalables.
Voilà des défis qu’il faut relever pour aboutir enfin à la souveraineté monétaire, sans que ce soit les plus populations les plus démunies qui en souffrent pendant que les élites trinquent. De ce fait, la bonne gouvernance est le pilier fondamental de l’affirmation et de la dignité retrouvée. Il faut agir, à coup sûr, pour renverser la tendance à la domination économique. Pour autant, l’action est dans la préparation des conditions de réussite d’une monnaie unique. C’est tout sauf de l’attentisme.
Birame Waltako Ndiaye
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3 Commentaires

  1. Oh monsieur Ndiaye tu as parlé pour moi. Tout le bruit autour du franc CFA est inutile. L’essentiel est de travailler, réunir les conditions de faisabilité au plus vite. Ton ami Joe va encore mal réagir. Xaw ma loko déff, mais c’est quelque chose de louche. lol

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