Au Sénégal, la denrée la plus précieuse c’est la parole. Au pays de Senghor on en raffole. On parle de tout et de rien. Ici, on ne peut pas s’épanouir en dehors d’un débat passionné. Qu’importe si le sujet abordé n’a ni tête ni queue comme disent les wolofs. Cela, tout le monde le sait.
Avec la publication toute prochaine du nouveau gouvernement issu des élections présidentielles du 24 février, la parlotte s’apprête à exploser une fois de plus, une attitude récurrente et répugnante qu’affichent certains sénégalais au lendemain de chaque élection. Ce qui est en train de se passer et que tout le monde a vu venir ne déroge malheureusement pas à cette triste règle. Sentant la victoire de Macky ou de celle d’Idy venir beaucoup de responsables politiques se sont rangés derrière l’un ou l’autre avec le seul but de bénéficier du retour de l’ascenseur. Chacun voulant récolter des fruits qu’il n’a jamais semés.
D’ores et déjà, chaque souteneur, chaque état-major politique, chaque région, chaque département réclame son ministre dans le prochain gouvernement. Certains brandissent déjà d’horribles chantages, d’autres des menaces. Ils sont aux aguets. On « cadavérise » le pays pour parler comme Zao pour se partager ses restes. Pour eux, les maigres ressources du pays sont à partager. Tout le monde rêve déjà de 8X8, de gyrophares, de vitre teintée, d’un autre numéro de téléphone, de luxueux appartements, de somptueuses villas, d’abondants virements, etc. Pour cela chaque parti souteneur ou région s’approprie de la victoire de Macky.
Ils ont placés partout des « bombes » de contestation, de manifestations qui vont exploser le jour de la publication de la liste du nouveau gouvernement. Certains gesticuleront vivement, d’autres se diront trahis ou oubliés. Il y’en a qui démissionneront, d’autres laisseront exploser leur colère, peut être violemment, à l’image d’une certaine communauté qui a osé brûler le drapeau du Sénégal, impunément, tout simplement parce que leur fils ministre n’a pas été reconduit dans le gouvernement mis en place à l’époque par Wade comme s’ils avaient plus de droits et de mérite que les autres sénégalais.
Alors, rangez vos armes, renoncez à vos plans. Le Sénégal n’appartient à personne. Une personne a été élue. Laissez-le avec son projet de société et les sénégalais apprécieront. Ce projet, il doit le réaliser avec les hommes et femmes à qui il aura confiance, quel que soit leur lieu d’habitation leur appartenance politique ou religieuse. Charge à lui de définir le profil qui répondra le mieux à ses attentes. Personne n’a le droit de le mettre sous pression. Lui aussi, le président, doit rester ferme et penser surtout à ceux qui n’ont pas voté pour lui et qui lui ont envoyé un message très fort. Dieu sait qu’ils ne sont pas à négliger parce que représentant quasiment la moitié des électeurs. Alors trêve d’incivisme et courage au président pour une équipe tirée de la grande objectivité.
Falilou Cissé consseiller en développement communautaire
Tel 77 689 79 44

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