Y’a t – il un pilote dans l’avions est – on tenté de se demander ? En effet, de plus en plus, le pays ressemble à un insecte qui s’envole, virevolte et finit par s’écraser sur un mur. Depuis quelques temps, des cas de saisies de drogue se multiplient et sont en train de troubler le pays. Cerise sur le gâteau, à chaque saisie, on annonce une importante quantité qui disparait miraculeusement. Comme si cela ne suffisait pas, un haut responsable en l’occurrence Moustapha Cissé Lo, déballe à tout va, menace et va jusqu’à « supplier » le procureur pour se faire appeler afin de désigner les commanditaires et autres trafiquants à col blanc. Malgré la gravité du propos, tout le monde baisse la tête.  

Il y’a de cela plus de six mois, un haut dignitaire est accusé d’avoir détourné 94 milliards de nos francs. Au lieu de clarifier la situation, on s’acharne sur l’accusateur qui, ayant été dans les secret des Dieux, a eu  le mérite de rendre publique ce qu’il dit savoir de cette rocambolesque situation. Là aussi, on décide de monter pour la première fois une commission d’enquête parlementaire pour mieux se baisser et laisser passer la tempête.

Il y’a de cela quelques jours, des citoyens, outrés par la hausse brusque, paradoxale et incompréhensible du prix de  l’électricité et d’autres produits, décident de dire publiquement qu’ils ne sont pas d’accord, comme le leur autorise la loi fondamentale de leur pays. Alors là, au lieu de les laisser crier leur désaccord et repartir tranquillement chez eux, on les met en prison et provoque d’autres mouvements dont on pouvait et devait se faire l’économie.  

On oublie que le printemps arabe qui a dévasté beaucoup de pays qui se croyaient intouchables est parti d’une tentative de domestiquer les droits élémentaires des citoyens à manifester leur désaccord dans la gestion de leur propre pays. Le résultat est connu. L’un d’eux finit par se faire immoler par le feu. Un feu qui a fini par brûler tous ceux qui pensaient pouvoir transformer leur pays en un énorme camp de concentration. Les wolofs disent « borom caq du xeex ak boroom baatu neen » En clair, celui qui a un collier ne se bagarre pas avec quelqu’un qui n’a rien autour du cou.

Comment occulter la troublante, inquiétante et inédite question des munitions qui disparaissent dans un contexte sous régional gros de danger ?

Comment ne pas s’alarmer face au comportement incompréhensible de hauts responsables de la république qui s’illustrent de la façon la plus horrible sur fonds d’accusation et de contre accusation concernant ce qu’ils appellent tous « une mafia » qui serait au cœur de l’Etat. Là aussi, silence radio de la part de l’autorité.

Aujourd’hui, on est à plus de 200 partis politiques dans ce si petits pays et Plus de 100 députés grassement payés et royalement entretenus. Chaque jour que Dieu fait, ils nous prouvent qu’Ils ne représentent que leur propre personne à l’Assemblée Nationale. Nous sommes peut-être le seul pays au monde qui totalise ce nombre astronomique de partis. Chacun et tout le monde veut devenir président. D’ailleurs, ils se font tous appeler pompeusement président. Là aussi personne ne fait et ne dit rien. On va bientôt franchir le cap des 300 partis là où les USA n’en comptent que deux seuls.

Et pour boucler la boucle, voilà que nous nous trouvons de nouveau plongés dans un nauséabond et périeux débat sur un éventuel troisième mandat. La terrible question qui mérite d’être posée est de savoir : Comment dans un pays qui compte d’aussi éminents constitutionalistes et de juristes, on n’a pas été capable d’éviter toute possibilité d’interprétation et une autre possible lecture du chapitre qui, dans la constitution, traite du mandat du Président de la République. Même un élève de première année de droit est à mesure décrire un article suffisamment clair qui ne peut faire l’objet d’aucune interprétation possible. Aux USA, ce genre de débat est totalement impensable.   

Voilà ce pays dont nous chantons glorieusement l’exception sans prendre conscience que nous sommes en train de nous enfoncer tranquillement, surement mais dangereusement.

         Falilou Cisse

                           Conseiller en Développement communautaire à Bamako

                            Tel 00223 94 20 66 67

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