Il n’existe pas un président par défaut mais un système par défaut. D’abord à ceux qui parlent de Président par défaut, je tiens à dire ceci.

Dieu ne peut pas dire dans le coran que c’est lui qui donne le pouvoir à qui il veut, activer son souverain décret et illustrer le propos par le choix de Macky Sall parmi les 15 000 000 de sénégalais alors qu’il n’est ni le meilleur, ni le plus intelligent, ni le plus diplômé encore moins le mieux né et on se permet de parler comme si Dieu s’était trompé. L’émotion et le désir de se faire distinguer ou remarquer ne doit pas nous mener, si hâtivement, à tirer une conclusion à la limite blasphématoire tout simplement parce qu’on n’apprécie pas Macky Sall.

La reproduction des erreurs par les « faiseurs de destin de la république » ou l’éternel recommencement

Thiat de Y’en a marre exige déjà du prochain président l’emprisonnement de Macky Sall. Aujourd’hui, on s’acharne sur une des branches de l’arbre Sénégal qu’on veut à tout prix sectionner pour laisser les autres régénérer de plus belle. Au lieu de s’attaquer aux racines de l’arbre, à savoir le système, on perd notre temps comme nous l’avons toujours fait en se fanfaronnant sur les feuilles. Les mêmes causes produiront les mêmes effets. C’est trop facile de tirer de façon groupée sur Macky Sall et oublier les sénégalais que nous sommes. Car c’est notre « sénégalité » ou notre « sénégalaisation » qui est à la base de tous les maux qui nous assaillent et qui ont complément fini de plomber les ailes de notre décollage.

Macky est le pur produit de notre système éducatif et politique. Il est l’incarnation de ce que nous sommes en qualité et en défaut. Le maintenir ou le changer ne changera rien. Beaucoup de sénégalais ont l’habitude de plaisanter en disant que même si on emmenait Obama au Sénégal avec ce même peuple et ce même système, il arriverait aux mêmes résultats que Macky sinon pire.

De façon presque aveuglée, nous avons changé Diouf et Wade en pensant qu’ils étaient les problèmes. Aujourd’hui, certaines personnes, sans aucune tolérance, sans aucune reconnaissance du droit des autres à partager leur préférence, s’acharnent sur leurs frères et sœurs pour les insulter copieusement uniquement parce que ces derniers ont fait un choix contraire aux leurs. Tous ces gens qui pensent et agissent de la sorte sont pires que Macky. Hier, Mamadou Dia avait été stoppé. Depuis, disent les anciens, le pays à commencé à tanguer. Il vient de ricocher le point de non retour.

Non, notre société est gravement malade. D’ailleurs, beaucoup de personnes qui ne prendront même pas le temps de lire cette réflexion, m’arroseront d’injures, juste parce que j’ai osé dire ce que je pense. Qu’allaient faire ces gens s’ils étaient à la place de Macky ? Les intellectuels qui pensent qu’ils sont les détenteurs des bonnes idées et de la seule bonne vision doivent aider les sénégalais à engager la seule réflexion qui vaille : comment faire pour changer les comportements trop rétrogrades ? Ce sera difficile parce qu’ils sont une partie importante du problème.  

Macky a commis des erreurs énormes. Pour moi la plus grave c’est la position d’Aliou Sall qui, certainement, ne serait jamais président de l’AMS et directeur de la caisse de consignation si son  frère n’était pas à la station présidentielle. Il a commis d’autres erreurs voir des fautes. Mais cela ne doit pas enlever le respect qu’on lui doit. La seule chose qu’on doit exiger de lui c’est de garantir la liberté du vote, sa transparence et le respect du suffrage universel. Car à l’orée des élections, il aura fini de faire et de montrer ce qu’il était à mesure de faire. Il nous aura permis d’avancer dans certains domaines et de régresser dans d’autres comme tout président. Par exemple, Diamniadio sortira de terre, les coupures d’électricité auront baissé, le PUDC aura tracé des pistes de production. En revanche le népotisme aura gagné des galons, les paysans ne sauront que faire de leur produits et le Sénégal continuera peut être de sortir des dizaines de milliards pour acheter du riz.  

Enfin pour le système, comme dans tout système, il y’a des éléments inter – reliés et pour que le système change il faut que les éléments qui le composent soient prêts et acceptent ce changement. Ce qui n’est pas encore le cas au Sénégal. Personne n’est prêt à changer. Ni le marabout, ni le politicien, ni l’intellectuel, ni le policier, ni le chauffeur, ni le commerçant encore moins les multiples jeunes qui bravent la mer et la mort pour aller travailler la terre alors qu’ils en ont laissé chez eux une autre, beaucoup plus fertile avec de l’eau en abondance à leur disposition. D’ailleurs ne dit – on pas, de façon indifférente, qu’au Sénégal, « xaalis kenn du ko ñaq, dañu koy lijjanti » comme pour dire qu’il est inutile de travailler dur car cela ne mènera à rien. Mieux vaut s’adonner à toutes les pratique possibles et imaginables pour s’enrichir. C’était avant Macky. Ce sera ainsi après lui.  

Le grand Mamadou Omar Ndiaye vient de nous dire qu’en France le parrainage passe parce que le juge suprême est honnête. Il ne le serait pas au Sénégal. A qui la faute ? Serigne Mor avait appelé à un Ndepp National autrement dit à réinventer le Sénégal pas à travers une assise des politiciens mais des assisses des sénégalais.   

                                                                         Falilou Cissé

                                          Conseiller en Développement communautaire

                                                        77 689 79 44

1 Commentaire

  1. Merci Fallou. En effet, vous êtes sur la même fréquence que Serigne Modou Kara Mbacké, qui n’arrête jamais de faire savoir qu’il ne s’agit point d’une question d’homme mais de système. Il faut tuer le mal à la racine. On ne peut pas se développer par le système neo colonial.

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