Il faut avouer que cela coûte, de la part des opposants jeunes et vieux, une véritable humilité et une dévotion intrépide à l’intéret national, pour pouvoir se ranger derrière un leader comme Sonko, lequel a surgi d’on ne sait où et fait mieux que tous ceux qu’il a précédé: réussir à formuler une alternative politique tangible, un discours accessible à toutes strates, ansi qu’un style sobre à une nation qui avait en majorité désaffecté la politique. On comprend l’inconfort moral, l’embarras personnaitaire et les fantasmes de carrière de ceux qui ont préfèré rallier le Pouvoir (au risque de l’incohérence) ou Idy2019 (au risque du mépris) au lieu d’affronter avec courage et hauteur une réalité bien plus irréductible.

Manifestement, les choses ne sont faciles ni pour les jeunes loups séditieux du PS et de l’AFP agonisant dans le fromage sucré du Pouvoir, ni pour les prisonniers politiques Karim et Khalifa, ni pour les plus anciens (les pus nombreux) qui sont là depuis 10 à 20 ans (Tekki, AJ/PADS croisé), ni pour les néo-opposants en dissidence de l’APR (ACT, par exemple), ni encore pour les néophytes entrepreneurs politiques (Geum sa bopp). Tout ce beau monde a dû fermer les yeux sur le potentiel évident qu’aurait eu une coalition autour de Sonko (le Pouvoir serait enfin persuadé qu’une fraude serait quasiment léthale et donc plus fortement déconseillée), qui pour sauver la face, qui pour sauver les meubles, qui pour sauver des chances quasi-inexistantes de peser sur une balance déjà bien penchée.

Et pourtant, tous prétendent placer la raison et l’amour de la patrie au socle de leurs diverses aventures électorales. Cela me rappelle le refus de la gauche de l’époque de se ranger derrière Cheikh Anta )il est vrai sans une suite comparable à celui de Pateef) pour faire front uni contre le régime du parti-État de Senghor. Cheikh Anta incarnait àpeu près la meme chose que ce qu’inspire Sonko aujour’hui: la rupture éthique radicale. La suite de ce déni de réalité de nos anciens est assez connue pour être détaillée ici. Le boycott de Wade aurait été choix plus judicieux et camouflage moins infamant pour ce beau monde pris de court par la fugurance-Pasteef. On comprend alors en partie pourquoi il n’est pas surprenant, encore moins scandaleux, que Wade se soit rapproché de Sonko et pourquoi, à son tour, celui-ci n’a pas confondu la Stratégie qui est en partie déterminée par la circonstance (alliance électorale, même officieuse, avec Wade) et le Plan qui est l’objectif à long terme (transformer le système en le gouvernant, encore faudrait-il mettre la main dessus via une stratégie électorale réaliste qui intègre la prise de risque), n’en déplaise aux enfentillages qui interdisent la prise de risque à Sonko pour la tolèrer chez d’autres candidats de loin moins fulgurants.

Que gagne Pasteef, que perd t-il face à la réaction de l’Opposition ? Il gagne la possibilité en cas de bon score de pouvoir mieux secouer le tamis afin de choisir la meilleure graine, bref un travail plus facile à faire lorsque viendront le temps de choisir les bons alliés au second tour puis l’heure de gouverner. Pasteef perd sans doute de mauvais alliés qui auraient plombé outre-mesure sa dynamique de révolution politique de par leurs déterminations au demeurant grégaires et leur fluidité idéologico-morale. On n’en croirait pas plus qu’Idy fasse peu cas de ces défections inattendues à son profit ou à celui de son rival, le Pouvoir., lui qui a souvent dit au lendemain de l’accession de Wade au pouvoir, en sa qualité de chef du Gouverement: « il ne faut pas renvoyer à la jeunesse une image de tortuosité en admettant dans l’attelage du nouveau régime des figures [du défunt Pouvoir socialiste]. » Idy avait même cité des noms dont la plupart ont rendu l’ame pour qu’on se laisse à l’indelicatesse de les citer ici. C’est clair: Il ne reste plus qu’un seul opposant au Sénégal, c’est Sonko. Les autres sont dans l’Opposition ou le Pouvoir, des compartiments d’un seul et même « système » (le mot est utile encore une fois, puisqu’il dérange ainsi que le veut la vocation de tout projet révolutionnaire: déranger pour réarranger.)

2 Commentaires

  1. Les pro-Sonko Fusilleur sont simplement paniqués par la succession de bourdes de leur imam ! Campagne électorale ratée, foule maigre composée d’élèves et d’enfants (rien à voir avec les déferlantes de Macky partout), promesses loufoques, refuge chez Wade le « père du système », amateurisme d’État, aucun soutien de l’opposition, etc. etc. etc. Même le juge Dème a choisi « un homme intègre »… A lire entre les lignes, ça veut dire que Sonko M.12% n’est pas intègre… En tout cas parmi les 4 candidats de l’opposition, il y en a un qui est fuit comme la peste par ses camarades opposants. S’il est toujours normal, il doit se regarder dans un miroir…

    • Toi Lemzo tu n’est pas si lucide qu’il parait autant dire qu’il existe (erait) des « fussilleur-Pastef » n’est que le remarque de vielle réponse apériste avec des arguments enfantin. Autant de remarquer une chose, la foule dit-on deferlante n’est pas le signe d’une adhésion populaire ou électorale. Et c’est normal si le parti au pouvoir mobilise puisque disposant les biens publique (l’exemple de la poste est la preuve la plus patente) à des fins politicienne (comme financier, comme véhicule etc…) croyant pouvoir convaincre un peuple sans capacité de désignation.

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