J’ai de la peine à prononcer son nom, tellement il sent le soufre. Ceux et celles qui ont lu l’édition du quotidien ‘Libération’’ du 16 juin 2019 savent de qui il est question ici. Dans un texte publié intégralement par ce quotidien, il s’en prend à ma personne. Je n’aurais certainement pas répondu à sa diatribe, s’il n’y avait pas mêlé le nom de cette honorable dame qu’il présente comme ma source. Ce ne peut être point le cas, pour des raisons sur lesquelles je ne m’appesantis pas. Elle est surtout très consciente de ses responsabilités, de son statut, pour ne pas se permettre d’être la source de qui que ce soit. Il y a aussi que j’écris depuis quarante ans. Je n’ai connu la respectable dame qu’en août 2014. Les sources de mes contributions et autres sorties qui ont fait sortir de ses gonds l’ancien ‘’conseiller financier’’ du vieux président-politicien sont essentiellement publiques. Ce sont, entre autres, les rapports de la Cour des Comptes, les rapports publics sur l’Etat de la Gouvernance et de la Reddition des Comptes de l’Inspection générale d’Etat (IGE). Ces derniers rapports procèdent d’une réforme de l’Institution qui fait obligation au vérificateur général du Sénégal de présenter, chaque année, au Président de la République, un rapport d’activités sur l’état de la Gouvernance publique (RGP). Ce RGP présente au Président de la République, aux citoyens et aux partenaires techniques et financiers, une synthèse des principaux résultats des missions de l’Inspection générale d’Etat. Le rapport public de l’IGE de juillet 2013 qui accable l’ancien ministre de l’Energie du vieux président-politicien est de ceux-là. L’individu s’accroche derrière un prétendu’’ pré-rapport qui garde son caractère provisoire malgré sa pertinence’’. Il me renvoie à ses observations sur le pré-rapport provisoire et ose même affirmer que, « c’est suite à cela que l’affaire a été classée sans suite ». Qu’il peut être malhonnête, cet individu ! Affaire classée sans suite ! Interrogeons le rapport public de l’IGE de juillet 2013 !
Le rapport a passé en revue de nombreux actes illustratifs de mal gouvernance financière, y compris, en particulier, ceux qui avaient cours à la Société africaine de Raffinage (SAR), avec les ‘’hauts faits d’armes’’ de l’ancien Ministre de l’Energie et ancien ‘’conseiller financier’’ du vieux président-politicien. Pour rappel, la SAR importe du pétrole brut en vue de le raffiner pour assurer l’approvisionnement régulier du marché sénégalais en divers produits finis. Le Rapport de l’IGE précise que la Société a importé en 2008 une cargaison de 122 222 tonnes de pétrole brut auprès du fournisseur Arcadia Petroleum Limited (APL), qui l’a expédié à partir du Nigeria, à bord du « M/T OLINDA ». On se rappelle que cette cargaison contenait une énorme quantité d’eau mélangée au pétrole et a été, de surcroît, importée par la SAR « dans des conditions marquées par bien des irrégularités, manquements et autres dysfonctionnements ». Ces irrégularités et autres manquements ont été décrits en détail dans le Rapport de 2013 (pp. 116-120).
En particulier, l’importation de la cargaison ‘’Olinda’’ n’avait fait l’objet d’aucun appel d’offres, ni de l’application des dispositions du Code des Marchés publics alors en vigueur, ni de l’application de la procédure interne d’appel à la concurrence de la SAR. Au total, quatorze (14) cargaisons (9 en 2008 et 5 en 2009) seront importées exactement dans les mêmes conditions et auprès du même fournisseur, pour une valeur globale de quatre cent quatre-vingt-quinze milliards trois cent soixante-cinq millions (495 365 000 000) de francs CFA. C’est énorme ! Cette affaire est loin, très loin d’être classée sans suite.
Le plus surprenant encore, c’est que le même fournisseur APL avait été choisi « sur simple instruction de l’ancien Ministre de l’Energie adressée à l’ex-Président du Conseil d’Administration de la SAR par lettre confidentielle n° 00159/ME/CAB du 05 mai 2008 ». Ce qui est plus grave encore c’est que, dans sa fameuse lettre, notre ministre demandait que « la SAR ne fasse pas d’appel d’offres pour son approvisionnement en pétrole brut, invoquant un contrat de gouvernement à gouvernement ‘’G to G’’ supposé lier le Nigeria au Sénégal, dans le domaine de la fourniture de pétrole brut ». Or, ce contrat ‘’G to G’’ n’existait nulle part à la SAR et était inconnu de tous les responsables de la Société comme du successeur de Samuel Sarr. Il n’existait que dans son imagination et traduisait sa volonté morbide de se faire facilement des milliards .
Le pétrole était donc importé en l’absence de tout document de commande, sur la base d’un contrat conclu entre les deux parties (le ministre et APL), le 05 juin 2008, et qui fixe un prix comportant un différentiel de 6,15 dollars US par baril. Un « différentiel excessif, comparé aux différentiels négociés avec les ‘’traders’’ à la suite des appels d’offres pour des cargaisons similaires », de l’avis des dirigeants de la SAR. Pour mieux confondre notre ministre bourreau de deniers publics, le Rapport, révèle ceci : « la Société TOTAL, par la voie d’un de ses anciens administrateurs à la SAR avait même offert de livrer à la raffinerie une cargaison de pétrole brut, moyennant un différentiel d’environ 3 dollars US par baril, ce qui n’avait pas été accepté. Le mémorandum qu’il a établi à ce sujet confirme bien que le différentiel se situait à cette période à 3,30 dollars US par baril ».
Le brigandage organisé par l’ancien Ministre de l’Energie aura donc fait perdre à la SAR, pour chaque baril de brut, la différence entre les 6,15 dollars payés à APL et les 3,3 dollars US de l’offre de vente faite par TOTAL. Cette perte « calculée en appliquant les mêmes paramètres que pour déterminer la valeur-facture de l’ensemble de la cargaison », équivaut à deux milliards cent soixante-quatorze millions huit cent soixante-quinze mille cent quatre-vingts trois (2 174 875 183) francs CFA.
Les contrôleurs ne se sont pas arrêtés en si bon chemin : ils ont aussi mis en évidence de nombreuses autres pertes importantes pour la SAR (pp. 119-120). En particulier, en achetant délibérément de l’eau au prix du pétrole brut, la SAR aura perdu un montant d’un milliard cent soixante-quatre millions trois cent six mille neuf cent quarante-huit (1 164 306 948) francs CFA, auquel plus de cinq milliards sont venus s’ajouter, « du fait des retards dans la fabrication de ces produits raffinés et à l’évolution moins favorable de leurs prix de vente ».
En agrégeant les différents manques à gagner, pertes et autres surcoûts, le Rapport de l’IGE estime le préjudice globalement subi par la SAR, pour la seule importation OLINDA, « au moins à neuf milliards sept cent quatre-vintg- seize millions sept cent soixante-neuf mille soixante-dix-sept (9 796 769 077) francs CFA ». Il relève aussi « la forte présomption de collusion d’intérêts avec le fournisseur APL au préjudice de la SAR, avec la complicité de l’ancien Ministre de l’Energie et de l’ancien Directeur général de la (Société) ». Et, pour ces forfaits cumulés, « l’IGE (proposait) l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de l’ancien Ministre de l’Energie et de l’ancien Directeur général de la SAR ».
Voilà, pour résumer les actes de brigandage de l’ancien ministre de l’Energie au niveau de la SAR. Et il a aujourd’hui le toupet de faire le tour des rédactions pour parler ‘’d’affaire classée’’. Le même rapport l’enfonce encore plus d’ailleurs en faisant remonter en surface d’autres ‘’actes illustratifs de mal gouvernance’’, qui ont eu pour cadre le Parc automobile de l’Etat. Nous y reviendrons d’ailleurs, pour montrer à que point cet individu et le vieux président-politicien ont été des bourreaux pour nos maigres ressources. Auparavant, je m’arrêterai sur un de ses gros mensonges. C’est lorsque il affirme, me concernant : « On peut le comprendre, parce qu’il n’a jamais géré de budget, en dehors des malversations sur les cantines scolaires des enfants des écoles qu’il a eues à gérer (nous y reviendrons avec des détails). » Il ne reviendra sur aucun détail, aucun détail n’existant. De ma carrière de 37 ans dont je ne rougis point, au contraire, je n’ai jamais géré une seule cantine. Mes collègues enseignants qui m’ont connu dans les différents postes que j’ai occupés en témoigneront. Walaf Njaay neena, buki bu lákki taat a fi gënë bëgg moroom. Cet individu-là, du ma nawleem.
Mody Niang
Dakar, le 17 juin 2019

9 Commentaires

  1. 19 juin 2012 19 juin juin 2019 cest aujourdhui il ya 7 ans que macky a signe le decret qui a attribue 90% du petrole seneglais a petro tim de frank timis et aliou sall

  2. S.Sarr sait très bien que les sénégalais savent que c’est un escroc de la 1ière catégorie. Ils n’ont pas oublié sa gestion gabegie de la SENELEC, et de la SAR lorsqu’il était ministre. c’est pas parce que c’est lointain que les gens ont oublié; mentir sur ces affaires là ne fait que renforcer leur opinion. Mr Niang a parfaitement raison sur toute la ligne. Vous avez exercé de la prévarication sur les maigres ressources du Sénégal. Si nous étions dans un pays de droit véritable, vous seriez en prison.

  3. Mody ne discute pas avec cette énergumène! Dans un état de droit ce grand brigand devrait être déjà en prison pour purger sa perpet!

  4. C’est pourquoi il faut rester insensible aux douleurs de Abdoulaye Wade.Que Macky l’ecrase, on s’en fiche.Wade est un traitre. Tous ces rapports scandaleux sur Petrotim, c’est lui et son fils.Imaginez s’il etait reelu.!C’est pourquou ce Macky
    est un imbecile pire que le couple genetique ou biologique Wade-fils.Tous des traitres.Au besoin les empaler ou leur foutre un pieu au fondement.Mody Niang a raison de decocher toujours des fleches contrw Wade qu’il appelle le vieux president-politicien.Je comprends maintenant que c’est Wade qui nous a foutu la merde. Macky c’est donc Wade!Ce ne sont pas les 65 pour cent.Loin s’en faut.Comment un pourceau de derniere portee, ce Samuel Sarr gambian ou senegambien?peut il porter la contradiction sur fond de mensonges rougeoyants au respectable et tres respectable Mody Niang?Ce Mody Niang,un citoyen de choix doit etre protege pour le devoir de compte rendu historique dont a besoin toute nation.Samuel Sarr un chien que Wadde a honore en le rendant responsable de notre gouvernance energetique. Un pantin qui pretendait se presenter aux elections, qui sitot epuise son mic mac se jette sur Macky qu’il avait accable de tous les peches d’Israel juste le temps de jouer la diversion.Ce Samuel multimilliardaire qui fait parti des appuis financiers de MS,ce que beaucoup ignore continue a courir sa liberte a ce prix.Il faut bien lire le doyen Mody avec des yeux d’avant terre comme disait Cesaire.Derniere anecdote , un frere garde rapproche assermente, detache pour la securite personnelle de ce criminal de Samuel Sarr sur qui il veillait ici et ailleurs, a dit pleurer plusieurs soirs.Vous savez pourquoi?Parce que quand ce Sardanapale sortait de ses appartements ou vestibules ne savait quelle voiture demarrer. Alors,il avait une multitude de cles.il declenchait au hasard. La premiere voiture qui s’allumait etait la designee pour ce jour.Et il criait allons-y la-bas,c’est bon avant que cela ne s’eteigne.
    Reflechissez.

  5. T’as raison mon frère Deguenetan mais bon comme c I’m.beciles de xalima censuré tous mes commentaires je peux pas aller loin! Mais chapeau à toi je me retrouve sur ton message !

  6. Cher Mody Niang

    Samuel Sarr a visiblement raison lorsqu’il affirme que l’affaire a été classée sans suite après ses observations sur le pré-rapport.

    Donc pour votre part, plutôt que de nous répéter le contenu de ce rapport, prouvez que cette affaire n’a pas été classée sans suite. Vous affirmez simplement que ce n’est pas vrai, que cette affaire n’a pas été classée sans suite. Pourtant il serait aisé de nous indiquer quelle suite a été apportée alors depuis cette date ?

    Est-ce qu’il y’a eu jugement, ou mise en examen, ou inculpation, ou que sais-je encore ? Cela fait quand même 6 ans déjà. Donc si suite il y’avait comme vous le prétendez, dites nous quelle a été cette suite. Dans le cas contraire, Samuel Sarr aurait raison de vous traiter de menteur aigri

    OBSERVATEUR

  7. Les données justes ou fausses sont bien puisées quelque part. Et c’est là toute la question de fond posée qui reste ouverte et béante, à éclaircir et à élucider

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