En tant que dirigeant du Cercle d’Amitié Sénégalo-Qatari, seule et unique association
sénégalaise parmi plus de 19.000 déclarées au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité
Publique qui a la spécificité d’être portée vers une puissance étrangère ayant pour nom Qatar,
de laquelle l’enregistrement et la numérotation sont insérés en 2014 au journal officiel de la
République pour une publicité à toutes fins utiles, mes lecteurs fidèles comprendront aisément
la posture d’animateur informel de la coopération Sénégalo-Qatarie que j’ai adopté ces
derniers temps. Ceci dans le but d’en assurer et assumer la promotion afin qu’elle soit moins
éclipsée par le partenariat multiforme, transversale et plus ancien que notre pays entretient
avec certains Etats de l’espace Schengen ainsi que leurs agences de développement dont les
impacts positifs sur la société sénégalaise, pour ces dernières, résident en partie sur leur bon
réflexe de ne plus parachuter des solutions toutes faites d’avance mais d’impliquer tous les
acteurs, y compris ceux non gouvernementaux qui forment des organismes locaux, dans la
définition, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de leurs projets-programmes. Ainsi,
naturellement la fin de mission de Son Excellence Seraya Al-Qahtani me donne l’occasion de
passer en revue quelques initiatives qu’il a eu à diligenter, au nom du Qatar, lors de son séjour
diplomatique sexennal. En effet, de la remise de ses copies figurées au Département suivie par
la présentation de ses lettres de créances au Chef de l’Etat Macky Sall en octobre 2013, qui
marque officiellement l’acceptation de son accréditation en tant qu’Ambassadeur
Extraordinaire et Plénipotentiaire du Qatar, à son audience d’adieu d’octobre 2019, s’est
écoulé six années exaltantes à bien des égards. Avec une démarche non chronologique pour
prioriser l’aspect culturel qui, peut certes paraître matériellement moins important de par son
caractère immatériel mais qui m’est personnellement le plus précieux en raison de sa
symbolique, je m’attache à prévaloir la désignation du Sénégal en 2015 comme invité
d’honneur de la semaine de la francophonie à Doha. Ce que le Qatar a fait devant des pays
membres de l’OIF, ayant une ambassade sur son sol tels que le Canada, le Luxembourg, la
Belgique etc. La troupe « Linguère » du théâtre national Daniel Sorano chère à Senghor, le
Président poète, théoricien de la coopération Afro-Arabe et chantre de l’enracinement puis de
l’ouverture, a fait un spectacle montrant la richesse et la diversité culturelle de notre nation
complimenté par Dr Hamad Bin Abdou Aziz Al Kuwary, ancien candidat au poste de DG de
l’Unesco. Une valorisation du Sénégal à travers le soft power que Son Excellence le Président
Macky Sall a eu la courtoisie de rendre d’une belle manière en 2016 à Son Altesse l’Emir
Cheikh Tamim Al Thani. En effet, lors de la 12 e édition de la biennale de l’art contemporain
communément appelée Dak’art, après que le comité d’organisation ait choisi le Nigeria
comme invité d’honneur, le Chef de l’Etat, premier protecteur des arts et des lettres a porté
son choix discrétionnaire sur le Qatar comme invité d’honneur à titre exceptionnel. Cela
contre toutes attentes mais aussi sans opposition manifeste tant bien même que la biennale
soit un évènement panafricain. Apres tout, l’art n’a pas de frontières. Abordant le volet

politique, je magnifie, en ces moments conciliants entre les Présidents Wade et Sall, la
médiation du Dr Ali Bin Fetais Al Maari Procureur Général du Qatar qui a conduit à la grâce
en faveur de M. Karim Wade. Cette affaire, après tout, faut-il le dire, a rapproché deux Etats
sous le prisme judiciaire malgré que le système juridique de l’un, basé essentiellement sur la
Charia (la loi Islamique), soit distinct de l’autre et que nonobstant leurs altérités, les deux
parties se sont retrouvées, se sont écoutées, ont dissipé les obstacles, affiné leurs positions
jusqu’a s’entendre, au nom de la Justice universelle qui est commune à tous les groupes
d’individus même de systèmes juridiques antagoniques. Concernant les infrastructures
sociales de base, je salue la construction par une fondation qatarie du lycée Cheikh Hamad
Ben Khalifa Al Thani de Thiaroye, bel complexe qui a appuyé la résolution des autorités
quant à faire de l’éducation un pilier de l’action gouvernementale. Dans la même foulée, je
loue la construction par la fondation qatarie d’un hôpital à Yeumbeul qui a contribué à l’effort
de santé publique enclenché par l’Etat.
Ces quelques points saillants qui ont jalonné le séjour diplomatique de S.E Seraya Al-Qahtani
peuvent résumer son bilan que je trouve très positif. Je m’aligne entièrement sur les mots que
le Chef de l’Etat, organe accréditaire, a formulé à l’encontre de l’Ambassadeur sortant:
saluant les efforts déployés tout au long de sa mission au Sénégal pour consolider les relations
de coopération existantes entre les deux pays amis en lui souhaitant pleins de succès dans ses
taches futures. En phase avec l’Etat en son Chef qui l’incarne, sans avoir la prétention de
m’exprimer au nom du peuple sénégalais mais uniquement au nom des sénégalais pro-qatari
bien entendue, comme il y’en indubitablement des pro-français, pro-américain et j’en passe,
qu’il me soit permis de rendre un vibrant hommage à l’Ambassadeur sortant du Qatar tout en
souhaitant une bonne arrivée à l’Ambassadeur pressenti. Son passage dans le voisinage
immédiat en tant que Chef de poste m’augure un bon vent qui soufflera très bientôt en faveur
de nos deux peuples frères.
Djily Mbaye FALL
Président du Cercle d’Amitié Sénégalo-Qatari
[email protected]

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