La participation à la prochaine coupe du monde 2018 constitue une priorité pour de nombreux footballeurs sénégalais. Pour figurer sur les petits papiers du coach Aliou Cissé, certains n’ont pas hésité à changer de club. Pas moins de dix lions (à vocation offensives la plupart)  ont changé de « lieu de chasse ». Une véritable opération de charme.  Mais à quelques mois du grand rendez-vous russe, où est ce qu’ils en sont ?

« Les portes de la sélection ne sont jamais fermées », indique souvent Aliou Cissé, l’entraîneur de l’équipe nationale du Sénégal. Mais si elles restent ouvertes, seuls les joueurs performants auront l’opportunité de les franchir. Et à quelques mois de la coupe du monde, les différents acteurs (footballeurs) rivalisent d’ardeur pour accrocher le train qui mène à Moscou. Si toutes les lignes de l’équipe sont concernées, l’attaque est aucun doute le secteur où la concurrence est plus rude.  Sur la pléthore d’attaquants, seule une poignée arrive à tirer leur épingle du jeu. Malgré le changement de clubs, le déclic tarde encore pour certains.

Bursaspor : Moussa Sow pas encore dans le bain

Participer à une coupe du monde a un prix, surtout quand on n’a pas tout les atouts à coté de soit. C’est ce que Moussa Sow a sans doute compris en quittant l’exotique championnat émirati pour la Super Ligue turque. Sous les couleurs d’Al Ahly, l’ancien joueur de Lille (D1 France) ne s’est jamais imposé. En six mois, il n’a disputé que huit matchs (636 minutes jouées) pour un maigre but. Des statistiques pas ronflantes pour un attaquant habitué à planter une dizaine de buts par saison. Toutefois, l’international sénégalais continuait toujours de bénéficier de la confiance du sélectionneur national. Malgré le manque de compétition, il a toujours gardé sa place au sein de l’équipe nationale du Sénégal.  Moussa Sow a ainsi participé à la belle campagne des « lions » en éliminatoires de la coupe du monde 2018, soldée par un billet pour Russie 2018. Mais pour ce rendez-vous mondial, le Sénégal aura besoin de joueurs au top. Et le message de Aliou Cissé a sonné comme un avertissement. «   . Et ce message, Moussa Sow l’a bien décortiqué. A 32 ans, le natif de () n’a plus les cartes en main. Il fallait trouver à tout un point de chute, dans l’espoir de rester dans le viseur du coach Cissé. Un retour en Turquie s’imposait. Et c’est à Bursaspor que le Sénégalais va déposer ses valises. Un choix salué par l’entraîneur des Lions. « C’est bien ! Moussa Sow qui revient en Turquie, c’est très bien. Ça le rend encore meilleur et j’espère qu’il va retrouver son meilleur niveau, qu’il va jouer là où il est. En jouant, en étant compétitif, il peut revenir en équipe nationale. Je suis vraiment content et je le félicite d’avoir fait ce choix », avait indiqué Aliou Cissé.

Retrouver du temps de jeu, l’attaquant international en avait vraiment besoin. Et dés les premières heures de sa signature, Moussa Sow avait décliné ses objectifs. Et une participation au mondial avait une place importante dans son argumentaire. « Il y a la coupe du monde qui arrive et tous les joueurs y pensent.  Je ne vous le cache pas, j’ai trop envie d’y aller. Je suis dans l’équipe depuis 2009 et j’ai fait trois CAN. Il ne me reste que la Coupe du monde et  celle de 2018 est d’une importance capitale pour moi ». Mais presque un mois après sa venue au club, les débuts sont mitigés. Si l’ancien lillois a retrouvé du temps de jeu (minutes jouées), il peine à retrouver ses sensations de buteurs. En quatre rencontres disputées (3 en championnat et  1 en coupe de Turquie), il n’a inscrit le moindre but.  L’ancien goléador de Fenerbahçe (75 buts en 185 matchs  toutes compétitions confondues) entre 2011 et 2016 a encore quelques mois pour s’adapter et redresser la barre.

Goztepe : Demba Bâ se signale d’entrée

A l’image de Moussa Sow, Demba est dans la même logique. Bien que absent de la sélection depuis belles lurettes, l’ancien joueur de Chelsea fait du mondial 2018 une priorité. Mais pour atteindre cet objectif, il fallait prendre une décision forte : quitter   lucrative () chinoise et retrouver le plus rapidement possible un championnat plus huppé.  L’attaquant de 32 ans revient en Turquie, un pays qu’il connaît bien pour avoir évolué sous les couleurs de Bésiktas entre (). Cette fois ci, c’est à Goztepe qu’il va tenter de  relancer sa carrière. Avec le promu, Demba Bâ s’est déjà montré décisif. Pour son second match en championnat, l’ancien joueur de Newcastle (D1 Angleterre) a inscrit son premier but avec son nouveau club. En trois matchs, il a déjà 224 minutes dans les jambes. Demba Bâ semble bien lancer son opération de séduction. Mais il faudrait peut être à l’ex joueur de Shanghai Shenhua de faire plus  pour faire craquer Aliou Cissé.

Sivasspor : Henri Saivet et ses bouts de matchs

En signant à Newcastle en (), Henri Saivet était loin d’imaginer ce qui l’attendait en Angleterre. Sous les ordres de Rafael Benitez, l’international sénégalais allait vire ses pires moments de footballeur. Après une saison difficile, Saivet revient en France sous forme de prêt. Mais chez les Verts, l’ancien Bordelais n’a pas convaincu. Un retour à Saint-James Park s’imposait, mais dans la continuité de ce qu’il avait laissé en quittant le club. N’entrant pas dans les plans du technicien espagnol, l’international sénégalais continue de croire en son étoile. « Dans le football, vous pouvez commencer une saison dans les tribunes ou sur le banc et finir dans l’équipe. Peut-être un jour j’aurai la chance de montrer ce que je peux faire. Donc c’est à moi de prouver que je peux jouer dans cette équipe », avait déclaré Saivet, dans les colonnes du Dailystar.co. Mais l’enjeu de la coupe du monde est trop grand et rater ce rendez-vous mondial n’est pas à l’ordre du jour pour le footballeur de 27 ans. Un petit crochet en Turquie pourrait faire l’affaire. Son point de chute, Sivasspor, un club du milieu de tableau du championnat turc. Si l’objectif est de retrouver du temps de jeu et espérer une place dans la liste des 23 du coach Cissé, Saivet est encore loin de cet objectif. En trois rencontres, il n’a disputé que 47 minutes. Ce qui est loin des attentes de l’ancien joueur de Newcastle. Barré au milieu par Emre K?l?nç (25 matchs), Hakan Arslan (23 matchs) ou encore Delvin N’Dinga (18 matchs), Henri Saivet devra bousculer la hiérarchie pour continuer de rêver.

Rennes : Diafra, le choix payant ?

Lui pourrait ne pas avoir des soucis à se faire. Arrivé au Stade Rennais lors du dernier mercato, Diafra Sakho a rapidement retrouvé son efficacité. Remplaçant de luxe à West Ham, l’ancien joueur du FC Metz avait manifesté son désir de quitter les Hammers. Après une première tentative avortée, l’attaquant sénégalais a finalement réalisé son rêve, celui de redonner un second souffle à sa carrière. « Je suis très heureux de rejoindre le Stade Rennais F.C. et la Ligue 1. Je n’ai jamais voulu rejoindre un autre club que Rennes. J’espère apporter mes qualités au groupe et participer à la réussite du club », avait déclaré le Sénégalais lors de sa signature. Et avec les débuts tonitruants du joueur formé à Génération Foot, les dirigeants rennais ont de quoi espérer.

En l’espace d’un mois et demi, Diafra Sakho a déjà fait très bonne impression au Stade Rennais. Pour son premier match sous ses nouvelles couleurs, le joueur de 28 ans a marqué un des deux buts rennais contre le PSG en Coupe de France (victoire 3-2 des Parisiens). Son entraîneur est déjà sous le charme de son nouvel attaquant. « Il est là depuis peu de temps et nous a marqué trois buts. Il n’a pas beaucoup joué avant d’arriver chez nous, là il a fait des matchs pleins et retrouve un peu de rythme. C’est un garçon important, intelligent, qui s’intègre bien. Un joueur de surface, qui pèse, qui a le sens du but et qui marquera. Il faut faire en sorte qu’il y ait des complémentarités, de s’adapter à son jeu », s’est félicité Sabri Lamouchi. Auteur de deux buts lors des éliminatoires du mondial 2018 (contre le Cap-Vert à Praia et en Afrique du Sud), Diafra Sakho a été un acteur clé de la qualification des « Lions ». Lui pourrait déjà rêver de Russie 2018.

Amiens : Les deux visages de Moussa Konaté

En perte de vitesse au FC Sion (D1 Suisse), Moussa Konaté avait à la surprise générale rejoint Amiens, fraîchement promu en Ligue1. A 24 ans, le natif de Mbour a paraphé un contrat de quatre ans, avec comme ambition de retrouver son meilleur niveau (56 buts inscrits avec le club suisse). Pour sa première expérience en France, le joueur passé par Krasnodar (Russie), Genoa (Italie) a marqué des points lors des premières sorties. Un doublé contre (), puis cinq autres buts viendront conforter les dirigeants amiénois dans leur choix sur l international sénégalais. « Je suis là pour me battre. Je me suis toujours battu dans la vie. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais lâcher», avait indiqué Konaté, dans une sortie dans la presse régionale. Mais depuis quelques journées, l’attaquant semble marquer un pas. Sur les (derniers matchs disputés), il n’a marqué le moindre but. Une situation inquiétante, surtout à quelques mois de la coupe du monde. Conscient de la forte concurrence au niveau de l’attaque sénégalaise, Moussa Konaté s’est fixé un objectif précis.  «Il y a du monde à mon poste en équipe nationale. Mais je crois aussi que mon profil est très intéressant pour le sélectionneur. Je travaille tous les jours pour être retenu et je ne lâcherai rien», avait-il indiqué. Mais est-il rassurant de fier à son profil pour figurer sur les petites notes du sélectionneur ?

Stoke City : Mame Biram n’a pas dit son dernier mot

Régulièrement convoqué en équipe nationale par Aliou Cissé, Mame Biram Diouf n’a pratiquement pas joué les rencontres décisives pour la qualification pour le mondial 2018. Une situation qui s’expliquerait par le fait que l’international sénégalais évolue au poste de latéral en club. Lors d’un point de presse, l’entraîneur national n’avait pas manqué de poser le cas de « Diego ». « Le cas Mame Biram est un problème. Il ne faut pas se voiler la face. Il vient en équipe nationale en tant qu’attaquant de pointe, en tant que buteur. C’est ce que j’attends de lui, c’est que nous tous, connaissons de lui. Mais à Stoke, sa situation a changé au gré des schémas tactiques. Il est souvent utilisé comme piston droit », avait expliqué Aliou Cissé. Mais depuis, la situation est pratiquement la même. Mais malgré son rôle de piston, l’attaquant de métier parvient tant bien que mal à tirer son épingle du jeu. En plus de son temps de jeu acceptable, il n’a pas oublié ses sensations de buteurs (nombre de buts marqués cette année). De quoi espérer, surtout que coach Cissé semble apprécier le profil de l’ancien joueur de Hanovre. «Son atout, c’est sa sa faculté de peser sur les défenses, ses appels de balle en profondeur. Il est capable de garder le ballon dos au but et de marquer », avait détaillé  le successeur de Alain Giresse.

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