On parle beaucoup du système. Mais c’est quoi le système ? Essayons de lever un coin du voile.

En 1982 est sortie la première génération de maitrisards chômeurs. A l’époque, on ne pouvait pas imaginer que des cadres de si « haut niveau » pouvaient devenir des chômeurs. Diouf qui venait juste d’arriver au pouvoir tente d’arrêter la calamité en initiant un projet de financement de ces diplômés qui allaient se lancer dans la boulangerie, le transport, le maraichage, la pêche, le commerce etc. A l’arrivée, ce fut, parait – il, un échec retentissant.

Au cours de la même décennie, à la faveur des politiques d’ajustement structurels imposés par certains partenaires financiers, de nombreux agents de la fonction publique, à l’occasion du projet des départs volontaires, bénéficient de financements pour aller se reconvertir en opérateurs ou en agents économiques. Là aussi, l’échec fut tout aussi cuisant que chez les maitrisards qui eux, n’avaient jamais travaillé.

Alors question : Qu’est ce a bien précipiter ce paradoxal double échec ? Comment ces maitrisards et ces fonctionnaires issus de l’école formelle, assis sur un pactole financier relativement intéressant, n’ont pas été capables d’utiliser les précieuses connaissances acquises après de longues années d’études pour conduire avec succès des projets dans des domaines aussi vitaux que la boulangerie, le transport, la pêche pour ne citer que ceux-là? Assurément, le système est passé par là.  

Quel est le sénégalais, pour ne pas dire l’africain, qui est passé à l’école formelle et à qui le système n’a pas fait rêver d’un poste et de dépenses de prestige, d’un grand bureau, d’une jolie bagnole, de voyage à travers le monde, d’une belle villa, de délicieux mets, de soins de qualité dans les cliniques en cas de maladie, un salaire ? Pendant longtemps, le salaire fut un mythe. Dans l’imaginaire populaire, le salarié était le plus privilégié de la société. C’est ce qui explique, en partie, que les jeunes sénégalais se bousculent aujourd’hui encore à la porte de la fonction publique et non devant l’entreprenariat. Ils rêvent d’être des employés et non des employeurs. Ils rêvent d’un salaire. C’est ce qui fait qu’au premier pas du premier emploi, sentant le rêve être sur le point d’être matérialisé, les jeunes fonctionnaires se lancent et se perdent dans les entrailles de l’endettement. Ceux qui gèrent les ressources publiques détournent avec beaucoup de facilité comme si c’était la chose la plus normale.

Pendant ce temps, le système a exclu du système ceux qui ne se sont pas rendus à l’école formelle. Ces derniers étaient donc contraints de chercher les moyens de subsistance en dehors des couloirs tracés par le système. C’est ainsi qu’ils se sont lancés dans de petites activités économiques en commençant à ramasser et à recycler des objets souvent abandonnés, à se lancer dans de petites activités, à se nourrir avec une alimentation bien modeste et à porter des habits moins couteux. A l’arrivée, partis de rien,  la plupart d’entre eux deviennent de grands acteurs économiques, des génies en affaire qui ne parlent pas français mais qui viennent souvent au secours des employés du salaire qui se croient importants mais qui tirent le diable par la queue parce que tétanisés par la tyrannie du salaire. C’est ce qui explique l’échec lamentable des cadres produits par le système, là où les baols – baols analphabètes en français ont connu une réussite spectaculaire.  

Face à l’échec du salaire, le système a théorisé et valorisé le gain facile, rapide et massif et parfois sans cause. « Xaalis kenn du ko liggéey, danu koy lijjanti » autrement dit : Pour avoir de l’argent, il ne suffit pas  de travailler, il faut juste faire tout ce que l’on peut pour en avoir beaucoup, la fin justifie les moyens. Aujourd’hui, tous les détournements et autres blanchiments sont l’œuvre des politiciens et « d’intellectuels » ou d’autres personnes qui bénéficient de la protection ou de la complicité du système.

Aujourd’hui, le système s’essouffle et est en train de s’auto – détruire parce qu’il a atteint ses limites. Là réside l’intérêt de la vision de Sonko. Mais que faire pour le renverser et faire régénérer l’espoir ? Et qui va le faire et par quelle stratégie ?

L’école qui était considérée comme l’arme principale du système n’est plus considéré comme un modèle de réussite. Elle ne fait plus rêver. Que faut – il pour la réformer ? On respecte plus Modou Lo qu’un agrégé en histoire. On considère plus l’émigré que l’enseignant du village.  

Sonko soulève une question fondamentale. Mais, je pense qu’il doit aider les jeunes à comprendre le système qui n’est ni le gouvernement ni le président qui sont eux même des produits du système. Quelles sont les racines qui nourrissent le système ?  

Le système a fait que nous continuons de cultiver le culte de la personnalité. On ne croit pas à nous mais à l’autre. Aujourd’hui, si je suis avec Macky, Idy, Wade, Sonko ou un autre, dès qu’on l’accuse de malversation ou d’une quelconque faute, ma première réaction sera de dire : il n’a rien fait.   

 Falilou Cissé conseiller en développement communautaire

 Tel 00223 94 20 66 87 email [email protected]

8 Commentaires

  1. Sonko en plus d avoir circonscrit le systeme,propose des solutions de sorti que par paresse intellectuelle t as elude.Il est a mon avis l Un des rares politiciens a n avoir pas utilise la langue de bois pour s attaquer au système et c est ce qui lui vaut la sympathie de tous les segments patriotiques de notre societe.Il a refuse d aller a cette marascarade de dialogue national pour être consequent avec lui meme, d autant que l initiateur est un malhonnête habitue des faits,un roublard qui ne tient jamais la parole donne.Il a fait auparavant signe les conclusions des Assises Nationale pour nous sortir le PSE concocte par des cabinets étrangers grassement payes par l argent du contribuable!!!!Macky qui symbolise le système et sa continuité n a pas été epargne par Sonko.Sonko a etale les failles de ce système avec des preuves irrefutables-par exemple l affaire des 94 milillards que la pseudo-commission de l assemblée a scandaleusement barcle et blanchit le coupable violant ainsi impunément toute la procedure de cette institution de la république .Oui Sonko ne s est pas contente de designer le systeme,il montre chaque jour que dieu fait comment avec sa coalition en finir avec celui ci en dépit des batons qu on lui met dans les roues !

  2. Jusque là tu n’a fait que critiquer. Qu’est ce que Sonko propose sur ces problèmes qui ont été soulevés? Macky n’est pas le système, c’est une partie du système. C’est un produit du système comme Sonko. Cest bien facile de critiquer. Mais il faut expliquer comment finir avec le système. Enlever Macky Sall ne signifie pas enlever le système.

    • En finir avec le systeme , c est ce que les citoyens experiment publiquement (Noo Lank) sous la direction de Sonko et de sa coalition que Macky le plus haut représentant du système reprime par des arrestations arbitraires (Guy Marius Sagnan,Y En A Marre…)!En finir avec avec le système c est quand des prédateurs de la république sont promus impunément (Cheikh Oumar Hann,Aliou Sall…)…En finir avec le système c est appliquer les conclusions des Assises Nationales que Macky avait signe et mis au placard pour nous sortir le PSE a l image d un prestidigitateur, qui lui aurait economise cette farce de dialogue national.En finir avec le système c est cesser d instrumentaliser la justice et les corps de repression et les mettre au service exclusif de la republique.Combien de rapports des corps d organes de controle de l état sont sous les coudes de Macky? Tout ce que j énumère la a été minutieusement rappele avec brio dans son bouquin Solution qui est depuis Septembre 2018 a la disposition du public.Il ne s en était pas arrêté la ,il avait a l époque organise une conference publique ou il avait convie tous les citoyens pour un débat ouvert-une premiere sur l échiquier politique de notre pays!Donc convoquer d autres arguments fallacieux pour salir ce brillant fils de la nation digne continuateur du Grand Mawdo est du reste incomprehensible!Et je te rappelle que je ne suis ni membre de son parti encore moins de sa coalition,je suis un déçu de la coalition Benno Bokk Yakkar qui s est mu en Benno Bokk Tappale!

  3. Tout ce que tu as énuméré a été du déjà dit et bien plus que ça bien avant Sonko. Cela montre que vous ne comprenez pas le système. Vous êtes dans l’émotionnel. Ce que vous dites est une goûte dans l’océan du système. De toute façon, je ne suis ni l’un ni l’autre. Mais je me pose beaucoup de question sur l’un et sur l’autre. Pour Sonko, je ne peux pas comprendre commet quelqu’un peut faire 15 ans dans un système comme inspecteur pour comprendre que ce système ne marche pas. Cela me pose problème. Après avoir obtenu beaucoup de privilège, tu jette du sable sur le cous cous en nous servant du déjà entendu et du déjà connu. On a besoin de plus de rigueur dans la formulation des propositions et non dans les dénonciations que tout le monde connait. Même si on réglé les points que tu dis cela ne changera rien. Sonko n’est pas plus valeureux que toi, moi et les autres. Réfléchissez. On ne peut pas donner le pays sur un plateau d’or.

    • En gros tu renvois dos a dos Macky et Sonko!J avais soutenu cette coalition au pouvoir mais chaque jour que dieu fait ,elle s eloigne des fondamentaux de la démocratie,mais pire elle nous installe dans une dictature sans precedent!Nous étions nombreux a décrier la gestion de wade,et Macky nous revient avec la meme méthode en faisant pire c est ce que nous tous déplorons.Sonko est comme nous tous ,il a été forme par ce système et a travaille au mieux pour rendre une copie propre et au finish comme il est de coutume au Senegal,vous marquez les pas ou on vous fout dehors.Ce scénario est au niveau de l état ainsi que dans nos partis politiques mais pour autant nous ne devons pas baisser les bras.Partout dans le monde ou les choses ont change,ce sont des hommes et des femmes qui ont conjugue leurs efforts au quotidien pour faire bouger les lignes.Sonko au moins on le voit au quotidien avec son parti et sa coalition ,et qu en est-il de toi qui a une idée de ce qu est le système et tu te limites a une gymnastique intellectuelle?Nous sommes nombreux a avoir fait confiance a Macky et nous sommes très très déçus et constatons qu en face il n y a que Sonko et s a coalition qui proposent autre chose -comment sortir de l impasse!!!!Sonko n est pas seulement dans de la rethorique,il partage le quotidien du commun des senegalais!!!!Tout de meme merci pour ta disponibilité !

  4. J’ai été anti – système avant de connaître Sonko. Je ne suis pas contre lui. Je partage l’idée fondamentale que le monstre c’est le système comme l’a dit l’auteur de cette contribution. Mais j’attends des propositions en rapport avec les fondamentaux du système. Oui Sonko a choisi la voie publique. Je ne suis pas contre Sonko. Je pense seulement que nous devons être désormais vigilants et exigeants parce qu’il s’agit du Sénégal. On a tout vu au Sénégal mon cher et on a tout entendu. Pourquoi ils ont tous échoué et pourtant ils tout promis et ils ont tout dénoncé; Tu vous de Senghor à Macky en passant par Diouf et Wade. Il faut se poser des questions sur ce que Sonko a plus que ces 4 présidents? C’est juste des idées

    • Tout a fait d accord avec toi,nous devons être vigilant et exigeant vis a vis des éventuels candidats y compris Sonko pour éviter le syndrome Macky!!!Par ailleurs ce qui fait la particularité de Sonko,il a conquis nos compatriotes avec un projet claire contrairement a Macky qui ne doit son salut qu a la compassion du peuple face a l injustice qu il avait subie!

  5. « L’économie de la rente repose sur la création, la protection et l’exploitation de privilèges, de faveurs ou d’opportunités d’affaires à l’abri de la concurrence et de l’efficience économique »
    Le système que vous dénoncez dans votre contribution et que je trouve d’ailleurs très intéressante est ce que les économistes appellent une économie de rente. L’économie de rente c’est cette association d’individus très influents qui ont porté un des leurs au plus haut sommet de l’État dans le but de préserver leurs avantages . L’économie de rente est très répandue dans le monde. Je me rappelle lors des élections présidentielles en France, certains accusaient Macron de n’être qu’un pion au service du CAC 40 et de la finance. Au Sénégal,dans cette association nous retrouvons les grandes corporations de l’État ,les hommes d’affaires qui veulent benificier d’agréments exclusifs ou d’exonérations d’impôts,les hommes religieux. C’est de là que vient tout les problèmes que nous rencontrons au Sénégal.Cette élite qui doit punir, gérer les dépenses publiques, contrôler la bonne exécution des dépenses,collecter l’impôt,voter les lois a prêté allégeance à un pouvoir à qui il assure impunité, mutisme en contrepartie d’un partage équitable des ressources publiques au détriment des populations. Il est très difficile de combattre ce système puisque nous voyons qu’il existe toujours en France. Ce système doit être combattu par l’amélioration de nos institutions qui doivent être conduites par des hommes de conviction au service de l’intérêt général mais aussi une économie plus dynamique créatrice d’emplois dans le but de réintégrer les exclus de cette économie de rente dans le tissu social. Et pour ce faire,il faudrait que les hommes d’affaires accompagné de l’État du Sénégal et des banques prennent le risque de se lancer dans l’industrialisation du pays qui d’autant plus facile avec la baisse du coût de l’énergie d’ici deux ans. Avec l’usine de carreaux à Sindia,les chinois nous montrent la voie à suivre.

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