Honorables Députés,

Vous êtes invités à examiner en séance plénière, ce 19 Avril 2018, «LE PROJET DE LOI N° 12/2018 PORTANT MODIFICATION DU CODE ELECTORAL». Loin de moi l’idée de remettre en question vos prérogatives en tant que représentants du peuple sénégalais, je voudrais tout simplement attirer votre haute attention sur les conséquences dramatiques que pourrait engendrer le vote de cette loi, qui, parce qu’elle est déjà impopulaire, constitue un précédent dangereux pour la stabilité de notre démocratie, restée jusqu’ici exemplaire.

Honorables Députés, depuis l’adoption du code électoral consensuel de 1992 initiée par Feu le Président Kéba MBAYE, le dialogue inclusif a toujours prévalu entre les différents acteurs de la classe politique sénégalaise. Ce dialogue, dans son esprit comme dans son principe, est devenu une exigence démocratique pour tout régime politique qui aspire à la consolidation de notre démocratie. En effet, le fondement sur lequel repose tout Etat de droit doit placer les intérêts majeurs du citoyen au cœur des politiques publiques.

Honorables Députés, le Cadre de Concertation sur le Processus Electoral (CCPE) présidé par l’Ambassadeur Seydou Nourou BA a mentionné dans ses conclusions le rejet ferme du parrainage par l’ensemble des parties prenantes à l’exception des représentants de la Coalition Benno Book Yakkar. Le Chef de l’Etat aurait dû tenir compte des conclusions de cette structure nationale de concertation pour donner un minimum de sens à l’esprit du dialogue, tout en travaillant à obtenir le maximum d’adhésion autour de cette réforme sur le « Parrainage ». L’argument de la force a malheureusement pris le pas sur la force des arguments, rompant ainsi le fragile équilibre d’un Etat de droit qui doit se perpétuer dans la stabilité et la justice.

Honorables Députés, au regard de ces considérations, il n’est point besoin de faire voter une loi qui divise, alimente des rancunes, réchauffe le front social et renforce les tensions politiques, à quelques dix (10) mois de la Présidentielle de 2019.
Honorables Députés, la Constitution d’un pays est sacrée. Il est inadmissible, pour des raisons personnelles et politiques, qu’elle soit transformée en un manteau que chaque Chef d’Etat élu, découpe à sa guise, selon sa taille et sa mesure.

Honorables Députés, nous avons encore en mémoire l’image poignante de l’actuel Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Moustapha NIASS, tenant en main un caillou (23 Juin 2011) devant l’institution, ironie du sort, qu’il dirige en ce moment, au nom de la sacralité de la Constitution. Un geste symbolique et révélateur ! Ce jour-là, le président Macky SALL et Honorables Députés, le Cadre de Concertation sur le Processus Electoral (CCPE) présidé par l’Ambassadeur Seydou Nourou BA a mentionné dans ses conclusions le rejet ferme duparrainage par l’ensemble des parties prenantes à l’exception des représentants de la Coalition Benno Book Yakkar. Le Chef de l’Etat aurait dû tenir compte des conclusions de cette structure nationale de concertation pour donner un minimum de sens à l’esprit du dialogue, tout en travaillant à obtenir le maximum d’adhésion autour de cette réforme sur le « Parrainage ». L’argument de la force a malheureusement pris le pas sur la force des arguments, rompant ainsi le fragile équilibre d’un Etat de droit qui doit se perpétuer dans la stabilité et la justice.

Honorables Députés, au regard de ces considérations, il n’est point besoin de faire voter une loi qui divise, alimente des rancunes, réchauffe le front social et renforce les tensions politiques, à quelques dix (10) mois de la Présidentielle de 2019.
Honorables Députés, la Constitution d’un pays est sacrée. Il est inadmissible, pour des raisons personnelles et politiques, qu’elle soit transformée en un manteau que chaque Chef d’Etat élu, découpe à sa guise, selon sa taille et sa mesure.
Honorables Députés, nous avons encore en mémoire l’image poignante de l’actuel Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Moustapha NIASS, tenant en main un caillou (23 Juin 2011) devant l’institution, ironie du sort, qu’il dirige en ce moment, au nom de la sacralité de la Constitution. Un geste symbolique et révélateur ! Ce jour-là, le président Macky SALL et d’autres leaders de l’Opposition d’alors aujourd’hui au pouvoir, étaient à ses côtés. Il était alors question, pour tout citoyen épris de justice, de défendre la Constitution au prix de sa liberté et de sa vie. Il est donc pour le moins curieux que ces anciens défenseurs de la Constitution soient aujourd’hui ceux qui cherchent à se la tailler sur mesure.
Honorables Députés, vous avez deux choix aujourd’hui : voter le texte pour créer un climat de tension permanent jusqu’à la présidentielle de 2019 ou le rejeter pour tenter de restaurer un climat de paix et de stabilité. Honorables Députés, l’Assemblée nationale est une Institution qui, dans son exercice, doit échapper à la tutelle de l’Exécutif. Prouver au Peuple votre indépendance en rejetant ce texte impopulaire et dangereux. Cela ne fera que grandir le Parlement et confirmer la maturité de notre Démocratie. Le Peuple souverain est désormais en face de son destin, et il doit, dans sa posture souveraine, ou accepter la forfaiture ou la refuser avec toute la fermeté requise.
Chers Députés, vous êtes les représentants de ce Peuple. Alors, écoutez ce Peuple et n’ayez pour guide que votre conscience et l’intérêt bien compris d’un Sénégal de Paix et de Justice.
Vive la République du Sénégal
Ensemble pour une Nouvelle République

Président Samuel Ahmet SARR

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