Réécouter Présidence Macron, bilan à mi-mandat : Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement est l’invitée des Matins

Il y a deux ans et demi Emmanuel Macron était élu Président de la République. Quel bilan pour le chef de l’État à mi-mandat ? Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, est l’invitée des Matins de France Culture.

En mai 2017, Emmanuel Macron promettait un « nouveau monde » politique. Deux ans et demi se sont écoulés, et le chef de l’État a depuis fait face à de nombreuses désillusions et oppositions, dont la plus emblématique est la contestation menée par les Gilets Jaunes. 

Lutte contre le chômage, réforme des retraites, politique migratoire : les défis sont nombreux pour le gouvernement en cet automne 2019. Quel premier bilan peut-on faire du macronisme au tournant du mi-mandat ?

Pour en parler, nous recevons Sibeth Ndiaye,Secrétaire d’État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement.

« Le président de la République est un combattant des idées et de la réforme. Cela fait longtemps qu’il n’a de cesse d’occulter aucun débat, et c’est ce qu’il a fait récemment sur l’immigration, c’est important de poser toutes les questions, d’affronter tous les débats. « 

« Je ne considère pas que le président porte un discours « dur » sur l’immigration. « 

« Parler d’immigration n’est pas honteux. Je suis issue de l’immigration et je ne trouve pas honteux d’en parler. Je trouve ça légitime de questionner notre capacité à accueillir des gens. Je préfère que ça soit En Marche et le président qui porte ce débat de manière sereine. « 

« Je viens du Parti socialiste où on a refusé de parler d’immigration parce que c’était sale, ce débat n’était pas digne. On connait le résultat : c’est un PS qui peine à atteindre 10% aux élections européennes. » 

« C’est important que les responsables politiques parlent à tous les français et à tous les médias. » 

« Eric Zemmour est quelqu’un de suffisamment malin pour entraîner certains de nos concitoyens dans une aventure xénophobe, et à penser que certains français, comme moi, ne sont pas de bons français. »

« Je réfute l’idée selon laquelle la police en France est raciste, ni que l’institution est raciste. On ne peut pas parler de racisme d’Etat car il n’y a pas d’organisation consciente du racisme. »

L’Islam et la République

« Au fond, l’Islam est une religion qui est compatible avec les valeurs républicaines. Moi, je le crois très profondément. Qu’il puisse y avoir du dévoiement, qu’il puisse y avoir des gens qui font un pas de côté et parfois un très gros pas de côté qui les mène vers la radicalisation. Il faut le condamner, mais l’Islam est profondément compatible avec les valeurs de la République. Est ce qu’une femme voilée est compatible avec les valeurs de la République ? Mon sentiment personnel, c’est que le voile est plutôt en lien avec quelque chose qui tient en dehors de l’oppression de la femme. C’est ma conviction de féministe. Mais je sais aussi parce que j’ai vécu très longuement en Seine-Saint-Denis, où vous avez une communauté musulmane importante, je sais aussi qu’il y a des femmes qui ne le ressentent pas comme tel. Quel est mon devoir politique ? C’est de m’assurer que les femmes qui font le choix de porter le voile, le font en toute liberté. Et donc je crée les conditions à l’école de l’apprentissage des valeurs républicaines. Et les femmes qui font ce choix là le font en conscience parce que c’est leur choix. Mais ça, je veux m’assurer. Je veux être certaine qu’elles ne sont pas contraintes. »

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