PLe fait que M. Aliou Sall soit encore à son poste à la CDC malgré les graves accusations qui pèsent lui montre que nous n’avons aucune culture démocratique. Pour moins que ça, des ministres ont démissionné ou été démis pour permettre l’éclatement de la vérité. Personne n’a dit qu’il est coupable : mais les soupçons qui pèsent sur lui ne sont pas compatibles avec l’exercice de ses fonctions. Si ce Monsieur n’a pas la grandeur de démissionner, celui qui l’a mis à cette place devrait prendre ses responsabilités.

Epiloguer sur une quelconque présomption d’innocence pour quelqu’un qui n’est pas encore attrait devant une juridiction me semble relever de la mauvaise foi ou d’une stratégie de détournement de la problématique. Il est question de transparence !

C’est contraire au bon sens que ce Monsieur soit encore à son poste. Il ne peut pas être bénéficiaire (même indirectement) d’un contrat si généreux avec l’Etat et être directeur de la caisse  de dépôts et de consignation. C’est une question de courtoisie républicaine ! La vertu est selon Montesquieu l’âme de la république : quand les citoyens manquent et les dirigeants de vertu, la république ne tient plus qu’à des subterfuges et autres magouilles autour de la conformité extérieure à la loi. Celle-ci est instrumentalisée pour servir de décor ou de béquille à la république qui souffre d’un déficit de vertu. Dans une telle république, les courtisans, les professionnels de la mise en récit (storrytellers) et les négationnistes (héritiers modernes des fous du roi) remplissent le vide laissé par la vérité et par la vertu. Ils sont comme des missionnaires dans l’occupation des médias, mais l’éclatement de la vérité est précisément ce contre quoi ils s’agitent comme de vils sophistes.

Nous devons nous mobiliser pour que Monsieur Aliou Sall quitte son poste : ce n’est pas forcément contre lui, c’est plutôt pour la pérennité de notre démocratie et de notre Etat de droit. Ç’aurait été un particulier, un citoyen ordinaire, les Sénégalais auraient certainement réagi de façon différente. Que personne ne vienne nous parler de complot ! L’affaire est simple pour nous : il s’agit de d’examiner très sérieusement les contours d’une affaire qui, si elle est fausse sonnerait le glas d’une partie des protagonistes, mais si elle est avéré révélerait la nature bananière de notre Etat et le caractère absolument sournois de ceux qui nous gouvernent. C’est dire que dans tous les cas, nous avons intérêt à ce que cette affaire soit élucidée. Le débat dépasse la personne de Aliou Sall : l’image de notre pays et son destin risquent d’en pâtir longtemps encore.

Aliou Sall, n’est pas seulement le frère du Président de la république, il est maire et directeur de la CDC. Aliou sall est également supposé avoir des intérêts voire même des actions dans l’aviation et à la Banque de Dakar. Une personne aussi présente dans les affaires privées ne peut pas être à la place qu’il occupe. Il faut être sérieux avec les institutions. Ce que le documentaire de la BBC met en exergue ne peut pas être négocié : la dignité de notre pays, sa culture démocratique et l’exigence de transparence militent en faveur d’une démission de ce Monsieur. La mobilisation doit d’ores et déjà commencer pour exiger d’abord son départ et ensuite une action judiciaire sereine et sérieuse pour tirer cette nébuleuse au clair. Est-ce vraiment trop demander ?

Alassane K. KITANE

Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

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