XALIMANEWS : Style éclectique, musique hybride, Souleymane Faye n’a rien perdu de son talent après un demi-siècle carrière musicale. Né en 1951 à Dakar, l’artiste a traversé les époques et les modes grâce à l’immensité de son talent et à l’exceptionnalité de sa voix. Entre la profondeur de ses textes véhiculant des messages forts, l’originalité des thématiques abordées transcendant des générations, la perfection de ses rimes, Souleymane Faye alias Diégo a donné des chefs-d’œuvre immortels à la musique sénégalaise. Les chansons de ce parolier emblématique de l’échiquier musical national véhiculent émotions et moralité, philosophie et art de vivre dans un lyrisme complet.

Aujourd’hui, malgré ses 67 ans, Jules Faye déborde encore d’énergie pour maintenir le cap et assurer une ambiance effervescente et particulière dans les boites de nuit dakaroises où il joue les week-ends. Rencontré mercredi soir, juste avant de donner un « show-case » à l’Institut Goethe de Dakar, l’ancien membre du groupe Xalam II a accepté de se confier. L’artiste a annoncé la sortie prochaine d’un nouvel album en 2018 intitulé « Respect ». Souleymane Faye a également jaugé l’état actuel de la musique sénégalaise qui, de son point de vue, souffre de l’absence de recherches et d’un travail sérieux par rapport aux textes.

Quelle est l’actualité musicale de Souleymane Faye ?
Je suis en studio pour préparer mon prochain album intitulé « Respect ». La sortie est prévue sûrement en 2018. Cette production parle du respect mutuel qui doit exister entre adulte et enfant. Elle sera faite de la « world music » avec du folk, reggae, hip hop, blues etc. Ce sera l’un de mes derniers albums.

Vous pensez déjà à prendre votre retraite ?
Non. C’est encore très tôt. Je pense prendre ma retraite à 75 ans.

Cela fait plus d’une dizaine d’années que vous n’avez pas sorti un album. Qu’est-ce qui a été à l’origine de tout ce temps d’arrêt ?
Il faut savoir que je voulais me reposer un peu, pour pouvoir créer quelque chose de nouveau. Pour ne pas faire la même chose, il fallait que je fasse une pause. C’est-à-dire cinq, six, sept ou huit ans. Toutefois, j’écris tout le temps. Dans mon nouvel album, je traite de nouveaux sujets et parle d’autres thématiques.

Avec l’album « Respect », les mélomanes peuvent s’attendre à quoi sur le plan du contenu musical ?
Il faut noter que pour cet album, j’ai travaillé sur la base d’une musique qui n’est pas d’ici. Elle vient du Brésil, de la France, de l’Allemagne. Je compte faire découvrir aux Sénégalais un nouveau genre musical. C’est intéressant.

Paraît-il que vous privilégiez les prestations «live» dans les clubs et boites de la place, aux albums ?
Je suis un musicien de variétés internationales. Ce qui veut dire que je dois jouer aussi dans des milieux où il n’y a pas seulement que des Sénégalais. Parmi mon public, il y a des Togolais, des Ivoiriens, des Français, des Anglais, des Américains. J’ai mixé ma musique pour faire en sorte que tout le monde s’y retrouve. Aussi, il faut savoir que les boites de nuit, c’est également mon gagne-pain. On ne peut pas seulement dépendre des Cd vendus. Il faut travailler quotidiennement. Et puis, comme les concerts n’arrivent pas régulièrement, on ne peut en dépendre pour vivre. Je suis obligé de travailler dans les clubs de jazz, grands restaurants mais aussi de signer des contrats avec les hôtels.

Qu’en est-il de votre compagnonnage avec le groupe Xalam 2 ?
Ils (les membres du groupe Xalam 2) sont revenus. Actuellement, ils sont en vacances, mais on doit se revoir bientôt pour discuter.

Cheikh Tidiane Tall a tiré sa révérence, il y a de cela quelques mois. Que représentait-il pour vous et pour l’orchestre Xalam 2 ?
Il faut savoir qu’il s’agit d’une grosse perte. C’est un musicien irremplaçable, un grand arrangeur.

Vous semblez très porté vers le spirituel. D’où tenez-vous votre inspiration ?
Je dirai que je tiens mon inspiration de la vie de tous les jours. On n’a pas besoin d’aller chercher très loin… Il nous arrive tous les jours quelque chose à partir de laquelle on peut tirer une chanson. Par rapport à la spiritualité, je considère que je suis un assez bon musulman. Je crois en les prophètes Mouhamed (psl) et Jésus-Christ.

Dans le contexte sénégalais, peut-on dire que l’art nourrit son homme ?
Bien sûr. De ce côté, nous remercions le Seigneur. Toutefois, cela pourrait aller mieux.

Comment jugez-vous l’état actuel de la musique sénégalaise, voire du show-biz en général dans notre pays ?
Le problème de la musique sénégalaise actuellement, c’est qu’il y a peu de recherches. Les gens ne prennent pas le temps de faire des recherches et ils jouent tous de la même manière. Ce qui constitue une contrainte majeure pour notre musique qui n’est pas exportable à l’image de celle des autres pays comme la Guinée, le Mali ou le Gabon. Ces pays possèdent une musique plus internationalisée que le Mbalax. Lequel n’est fait que pour les Sénégalais. C’est vraiment dommage. Nous avons besoin d’avoir des arrangements pour faire mieux.

En jetant un regard en arrière, ne vous dites-vous pas qu’avec votre talent de chanteur, vous auriez pu faire une carrière plus retentissante avec le Xalam 2 ou ailleurs à l’étranger ?
Bien sûr. Mais « Sante Yallah » (Dieu merci)

Quels sont les autres projets de Souleymane Faye ?
Je prépare la sortie de mon nouvel album. Je suis en train d’écrire un livre où il y aura toutes mes chansons en français et en anglais. En principe, ce livre pourra être disponible d’ici l’année prochaine.

Parmi les jeunes artistes du milieu du Mbalax, qui, pensez-vous, pourra succéder à des ténors comme vous ou Youssou Ndour ?
Je pense à Pape Diouf et à Waly Seck. A mon avis, ils sont les deux favoris. Quant à moi, par rapport au style musical que je fais, pour le moment, je ne vois pas de successeur.

Dans une récente sortie, vous fustigiez les attaques faites à l’endroit du président de la République…
Mon avis, c’est qu’on doit laisser travailler le président de la République. Avec un seul mandat, on n’a pas le temps de tout faire. Qu’on laisse le chef de l’Etat travailler et à la fin de son deuxième mandat, je pense qu’il aura le temps de beaucoup faire. Il est sur la bonne voie.

Que faites-vous, en dehors de la musique, de votre temps libre ?
Je suis menuisier ébéniste et je gère mon atelier pour m’occuper la journée. Aussi, il faut savoir que j’ai l’intention d’ouvrir une salle de répétition dans le quartier où j’habite.

Est-ce que le public continue toujours de répondre à l’appel de Souleymane Faye ?
Oui. Les gens continuent de venir lors de mes prestations. Je suis honoré surtout de voir les jeunes. Finalement, c’est tout le monde qui aime ma musique. C’est extraordinaire, c’est un compliment. Toutefois, il faut noter qu’actuellement, il y a une baisse du public. Les gens fréquentent de moins en moins les boites de nuit. Ils préfèrent rester chez eux.

 

 

Avec Le Soleil

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1 Commentaire

  1. L’homme de “KEUR-GUI, XARIT, JELETI, NEKO6DEMNA, SAMA YAYE, YEUGOOMA etc.. Le plus grand Parolier de la musique senegalaise (avec Feu Ndiaga Mbaye),Le Philosohe, le Spirituel Souleymane Faye. AM NA niou la Yeugoul mais nun, XAMNA NIOU SA VALEUR et ce que tu as apporté à la musique senegalaise et à l’éducation des plus jeunes. A 67 ans, je te dis CHAPEAU Jules !!!!
    Merci et que Dieu te donne longue vie et santé ! Tu es un ARTISTE et pas un ‘chercheur d’or” ces artisan..
    MILLES FOIS MERCI !

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