XALIMANEWS : Voici la suite de l’interview que nous a accordée Mme le Ministre d’Etat et la présidente des femmes de Bby et de l’Apr, Marième Badiane qui a pilonné l’opposition et exhibé les réalisations de leur candidat, le Macky Sall qu’elle compte participer à sa réélection au soir du 24 février 2019. Sans langue de bois, le ministre d’état assène ses vérités :

 

Parlons politique avec le parrainage, Bby ambitionne d’acquérir 2 millions de parrains, pensez vous que vous obtenir ce nombre ?

On peut avoir davantage, ca peut je peux vous l’assurer.

Mais, il y a des opposants qui dénoncent des achats de conscience au niveau du parrainage, qu’est ce vous en dites ?

Allahou Akbar ! Ils font feu de tout bois, ils racontent, ils affabulent. Je vous assure, je suis la présidente des femmes de l’Apr  et de Benno, je vous le dis, aujourd’hui (ndlr : le jour du Maga) c’est un jour de prière, le président ne m’a donné un centime sur le parrainage. Le président  était dans une colère terrible lorsque quelqu’un  lui a demandé des moyens sur le parrainage. Par contre quand je demande à des jeunes collecter pour moi pour le parrainage, je les outille. J’envoie des jeunes  parcourir les rues le matin et le soir, des jeunes qui n’ont pas d’emplois, qui n’ont pas de revenus. Vous les envoyez peu une  semaine, vous ne leur donnez même pas de quoi acheter un sandwich ou de l’eau ? Moi, je ne peux pas le faire, chaque fois que j’envoie les jeunes, je les outille. Si cela qu’on appelle achat de conscience, Macky Sall n’est pas de ce jeu là, il  ne nous a pas donnés un rond pour ce qui est du parrainage.

Il n’y a pas de budget dégagé  pour le parrainage ?

Je ne sais pas, il semble que, j’ai dis ca à la télé, on a parlé de 2 milliards. Qui sont les destinataires de ces 2 milliards ? Je n’ai pas reçu un centime (elle se répète), ceci dit, je prends mon salaire et  j’essaie d’outiller les jeunes qui vont collecter des signatures pour moi que je ne peux pas laisser mourir de faim et de soif en ces temps de chaleur, ce n’est pas possible.

Vous êtes décrite comme une mère Theresa pour le parti par les femmes.

Je ne sais pas, est-ce que c’est Mère Theresa ? Je crois que c’est partagé, regardez les gens qui nous accompagnent depuis 2008, 2009, 2010, 2011,2012.On est en 2018 qui n’ont absolu aucune attribution, qui n’ont pas de diplômes, qui n’ont pas de salaires, vous les envoyez comme ca sur le terrain et vous les regardez en leur disant merci ? Non ! Moi je ne suis pas de ce jeu là, je partage ce que j’ai, mon salaire sert à payer des salaires. Je vous assure (elle se répète) mes enfants qui sont en France, c’est eux qui me soutiennent.

En tant que Présidente des femmes de Benno et Apr, vous n’avez pas de caisse noire ?

Il y a une caisse noire ? Je n’ai ni caisse, ni fonds en tant que présidente des femmes de Benno et de l’Apr. Je n’ai pas construit une brique et je n’ai pas épargné un centime. Si vous allez à la Société Générale, si vous y allez, vous avez le loisir de vérifier au compte prioritaire, je n’ai pas plus de 15 mille francs dans mon compte.

Avez-vous déjà fait votre déclaration de patrimoine ?

J’ai déjà fait ma déclaration de patrimoine, je n’ai qu’une maison, une seule maison et ça je l’ai achetée quand je suis allée enseigner aux Etats Unis, pas autre chose. Il y a un terrain que le président m’a donné, après il m’a dit «  Mme Badiane, vous ne construisez pas ? » et je lui ai répondu « Si je construis, sur quoi  vais-je m’appuyer pour aider les militants ? ». Par exemple quand j’organise le Magal ici, cela a un cout, ça permet à ceux qui n’en ont pas les moyens d’y aller.

Aucun fonds, ni caisse, ni budget n’est attribué au mouvement, c’est moi qui vous le dis.

Parlant du mouvement des femmes de Benno et de l’Apr, ces femmes voulez vous porter à la tête du CESE, étiez vous derrière à tirer les ficelles ?

Je n’étais même pas à Dakar, j’étais chez ma cousine aux Etas Unis. On a avait tellement travaillé sur le terrain que j’étais un peu surmenée, il a fallu que je me réfugie un peu chez ma cousine aux Etats Unis (sic). Je n’étais pas derrière, c’est légitime, va au charbon et à moins laurier, jusqu’à quand ? Je suis d’accord avec leur démarche et je n’étais pas derrière. Je ne leur ai pas dis « faites un point de presse ou un communiqué de presse » et je suis d’accord avec elles. En 2013, lorsqu’elles étaient levées et s’étaient révoltées « Madame Badiane, ce n’est pas normal qu’on donne le Conseil économique social et environnemental à quelqu’un d’autre alors que nous, nous n’avons pas de moyens ». Dieu m’est témoin, il y a trois semaines, j’ai vendu un bracelet en or à moi que j’avais acheté à un million, je l’ai vendu chez Yoro Lam à 875 000F, vous pouvez y aller faire l’enquête.

Parce qu’il faut que j’aie de l’argent pour les militants, ma fille doit aller à l’école, j’ai deux enfants qui doivent aller à la maternelle. Hier matin (ndlr : la veille du Magal), il y avait une queue « nous voulons que Mme Badiane, nous appuie parce que nous allons à Touba ». Vous voulez que je leur dise non ? Et  que demain je leur demande de parrainer ou de voter pour le candidat Macky Sall, on ne peut pas faire omelette sans casser des œufs. Pour revenir sur la question, celui qui va désigner le président ou la présidente va savoir raison garder et je crois que nous sommes toujours  dans cette logique là.

Restons avec le CESE, quels sont vos rapports avec l’actuelle présidente ?

On a de très bons rapports. En fait, on a fait l’école normale des jeunes filles en même temps. Quand j’étais en 5e, elle était en 6e, mais, elle était mon ainée de plusieurs mois. Je croyais que j’étais son ainée mais c’est dû au fait que mon père voulait que je fasse l’internat. Ainsi, tous mes camarades étaient plus âgés que moi.

Parlant de l’opposition, il y a certains qui disent que Karim Wade et Khalifa Sall sont victimes de l’acharnement  et de l’injustice du régime actuel.

Je m’inscris en faux carrément. Il ne s’agit pas d’injustice, Karim Wade a maille à partir avec la justice. Les pouvoirs sont bien séparés dans ce pays là. Il y a le pouvoir exécutif, Macky Sall représente l’exécutif et les autres pouvoirs. Moi, ca me fait mal si on pouvait dire à la justice de ne pas arrêter Karim Wade on l’aurait fait.

Restons toujours avec l’opposition pour parler d’un nouveau leader, Ousmane Sonko, qui se dit « persécuté par les gens de l’Apr », il a même fait allusion à Moustapha Cissé Lo qui l’a nommément insulté et même d’autres gens. Avez-vous peur de Sonko ?

Sonko n’a aucune base, en politique, il n y a que la base qui vous fait élire. Si vous n’avez pas de base vous  n’avez aucune chance. Sonko n’a aucune chance d’être élu dans ce pays parce qu’il n’a pas de base, il n’a que sa langue pendue. Pourquoi aurions-nous peur de Sonko ? Sonko ne représente rien dans ce pays.

Mais, il  a produit un livre-vision « Solutions » pour diagnostiquer les maux et trouver une solution.

Je trouve que c’est un jeune prétentieux, Sonko est prétentieux, il va se casser les dents.

Craignez-vous une future jonction lui et Wade ?

Wade se dédirait, lui aussi, il se dédirait également, voilà.

Dernière question, espérez-vous que le président puisse gagner au premier tour ?

Inchala ! Sur la base de son bilan, sur la base des valeurs d’éthique qu’il est en train de promouvoir.

L’éthique en politique, c’est la première fois je crois qu’on en entend parler et Macky Sall en est l’illustration. Et pour toutes ces raisons, il peut remporter haut la main l’élection présidentielle en 2019, Inchala.

Merci, Mme le ministre d’Etat.

Merci

 

Interview réalisée par Abdou Fall, Xalima.com

 

 

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