C’est à croire que la principale adversaire de la mouvance présidentielle pour les élections législatives est elle-même. L’opposition sénégalaise, embarrassée par une série de rivalités et d’embarras, veut y croire, mais le cœur n’y est pas. Elle le sait ; l’unité politique et l’enthousiasme populaire lui font défaut. Par ailleurs, le pouvoir et ses alliés risquent de connaitre de vives fissures à la publication des listes électorales. C’est surtout faute d’opposition forte sur le terrain que les clivages et autres coups fourrés se sont emparés du camp de la majorité présidentielle. Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide ?
A Louga, Moustapha Diop s’était déjà imposé conquérant et vainqueur bien avant que des novices viennent secouer brutalement la cage sous le prétexte trompeur du renforcement. A Guédiawaye, Alioune Sall aurait pu remporter aisément les élections législatives s’il n’avait pas fait montre d’exagération, fut-elle en apparence. Son insensé désir de prendre la tête de l’Association des maires du Sénégal a été le point de départ de ce qu’on lui prête en termes d’intentions malveillantes. Il ne peut en être autrement, le chef de l’Etat et ses partisans se sont beaucoup investis à réduire l’opposition à sa plus petite expression, négligeant ainsi l’organisation de leur parti et celle de Benno bokk yakaar.
«Nous ne tolérerons aucune liste parallèle issue de nos rangs », a fait savoir le patron de l’APR. Cela témoigne des difficultés qu’il rencontre dans la confection des listes en vue des législatives. S’il en arrive à prévenir si sèchement les cassures, c’est que le piètre niveau d’ordre interne ne permet pas aux responsables de s’en tenir à une logique de préséance manifeste au sein des instances du parti. Jusqu’aux pronostics sur la tête de liste en passant par l’éventuelle consécration d’Abdoulaye Matar Diop en chef de file à Dakar, tout accuse le pilotage hasardeux et la légèreté dans l’administration du parti et de sa coalition.
L’opposition, quant à elle, est minée par une contradiction insurmontable. Il s’agit d’une course sous-jacente au leadership pour la suite des choses et d’une dynamique unitaire colportée pour la fin du régime. C’est en cela que la participation directe d’Abdoulaye Wade en qualité de tête de liste sera un couteau à double tranchant. Jeu à somme nulle, la candidature de celui-ci fera certes très mal au pouvoir. Mais parce qu’elle portera ombrage aux têtes de proue de l’opposition, elle divisera et dispersera leurs forces, réduira du coup leurs gains électoraux. Pourtant, il faut forcément un opposant qui sorte du lot, qui puisse mobiliser et monopoliser le « vote utile » pour venir à bout des inconvénients du mode de scrutin, « raw gadou ».
Les concurrents de Macky Sall négligent bien souvent le travail de longue haleine pour ne considérer que le renversement immédiat des nantis de la place. C’est dans la durée qu’un leadership fort, aujourd’hui absent de l’espace politique depuis le départ de Wade, s’acquiert et se conserve. C’est dans le discours et dans les manifestations de complicité des dirigeants politiques que l’opinion se liera solidement à eux. Si les principaux opposants ont chacun du mal à se distinguer et à s’imposer en chef parmi tous les autres, c’est que la course au leadership n’est pas un sprint. C’est une épreuve de fond qui nécessite beaucoup plus d’endurance que de rage.
Birame Waltako Ndiaye
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4 Commentaires

  1. Tes articles relevés et tes analyses pertinentes nous ont manqués. Merci M. Ndiaye de nous gratifier de ta pertinence.

  2. M. Ndiaye, je pense que là vous vous êtes trompé sur toute la ligne. D’abord, Wade n’a pas de leadership fort, il a juste trahi ses collaborateurs. Vous pensez que Macky Sall n’a pas de leadership ? Parce qu’il ne grogne pas comme Wade ? Détrompez-vous, Macky est plus fort en politique que Wade. Dou moromam sax, ce dernier a juste la grande gueule. Enfin, c’est étonnant de lire que la majorité présidentielle n’est pas bien organisée. Cette coalition présidentielle est plus solide que ce que vous décrivez. Tous ceux qui l’ont commencé combattue en interne ce sont cassés la figure : Gakou, Khalifa, etc. Elle est plus forte que jamais et les revendications d’investiture sont tout à fait normales et inévitables. La grandeur sera d’arriver à les dépasser pour consolider la majorité parlementaire.

    • Macky n’a qu’une force en politique: c’est le MENSONGE et la CALOMNIE sur ses potentiels adversaires.
      On n’a pas oublié son journal “il est midi” qui passait tout son temps à salir Idrissa, Tanor, Niasse, …
      Le Dirpub de ce journal a été nommé PCA de la RTS par MAcky Sall.
      Macky n’avait pas hésité à INSULTE le Pdt Mamadou DIA (que la terre lui soit légère).
      Macky, en tant que PM n’avait fait que 2 conférences de presse la 1ère sur les chantiers de Thiès pour vilipender Idy devant les ambassadeurs accrédités à Dakar, la 2nde pour refuser le nom du parti REWMI à Idy.
      Macky est le seul homme politique au monde à avoir voté sans pièces d’identité.
      Depuis son élection, Macky utilise l’argent pour CORROMPRE, la justice comme moyen de pression et de chantage et la force.
      Mais , dans cette vie, tout finira un jour. Où est Pharaon, où est Mubutou? Où hier Jammeh?
      Où est …. où est?
      La liste est longue.
      Alors si tu nous dit que Macky est fort, oui il est trop fort en cout de couteau dans le dos.
      Mais celui qui tue par la lame, périra par la lame. Niou dém rek!

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