La structuration de Kiiraay – Les Patriotes Républicains continue de susciter des interrogations. Après les controverses autour de la mise en place des coordinations départementales, deux nominations au sein du Pôle Stratégie et Communication viennent alimenter le débat sur la répartition des responsabilités et les équilibres internes du parti dirigé par Aminata Touré.
Deux circulaires datées du 19 octobre 2026 et signées par le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, superviseur général adjoint chargé de la Stratégie et de la Communication, annoncent la nomination du Dr Amadou Wagne au poste de coordonnateur de la Stratégie et celle d’Assane Diouf comme coordonnateur de la Communication et des Relations Presse.
Ces deux responsables auront respectivement la charge de l’orientation stratégique du parti et de la coordination de sa communication interne et externe. Selon les documents diffusés, leurs nominations prennent effet rétroactivement au 5 octobre.
Si ces décisions s’inscrivent officiellement dans le processus d’organisation du parti, elles interviennent dans un contexte marqué par des interrogations sur les modalités de désignation de certains responsables.
Des nominations qui suscitent des interrogations
Sur les réseaux sociaux, une publication de Réseaux Sénégal présente ces nominations comme une mise à l’écart de responsables proches d’Aminata Touré, dite Mimi Touré, des postes stratégiques de la communication.
Cette interprétation mérite toutefois d’être nuancée. Les deux circulaires ne mentionnent ni révocation ni remplacement nominatif. Elles ne permettent donc pas, à elles seules, d’établir que des proches de la dirigeante du parti ont été écartés.
Reste que les fonctions concernées occupent une place centrale dans le fonctionnement d’une formation politique. La stratégie détermine les orientations, tandis que la communication contribue à leur traduction dans l’espace public. Leur coordination constitue, par conséquent, un enjeu organisationnel important.
La question des 39 coordonnateurs départementaux
Ces nominations surviennent alors que la structuration territoriale de Kiiraay fait également débat.
Selon la même publication, Serigne Guèye Diop aurait rencontré samedi 39 coordonnateurs départementaux. Les critères ayant présidé à leur désignation ne sont toutefois pas précisés dans les éléments rendus publics.
Cette séquence rappelle les contestations apparues autour de certaines coordinations locales, notamment à Kaolack, où des responsables avaient exprimé des réserves sur les procédures de structuration du parti.
Au-delà des personnes, c’est la question des règles de désignation, de la représentativité des responsables et de la validation des décisions qui se trouve posée.
Une organisation en construction ou des divergences plus profondes ?
Kiiraay se trouve face à un enjeu classique des formations politiques en phase de structuration : organiser ses instances, répartir les compétences et assurer la cohérence entre les différentes responsabilités.
Les décisions annoncées par Abdourahmane Diouf peuvent ainsi relever d’une organisation administrative normale. Mais, dans un contexte où des contestations ont déjà été exprimées, elles peuvent également susciter des interrogations sur les mécanismes de concertation interne.
À ce stade, aucun élément documentaire présenté ne permet d’établir l’existence d’une rupture entre les principaux responsables du parti.
Une clarification sur les procédures de nomination, les responsabilités antérieures et les critères de désignation des coordonnateurs départementaux permettrait néanmoins de mieux comprendre les décisions prises.
Pour Kiiraay, l’enjeu dépasse ces deux nominations : il s’agit de définir des règles de fonctionnement suffisamment claires pour éviter que chaque décision organisationnelle ne devienne le sujet d’une controverse politique.



























