C’est un partenariat institutionnel d’une portée éminemment stratégique qui vient d’être scellé au siège du Ministère des Forces armées. Ce mardi, le Ministre des Forces armées et son homologue des Mines et de la Géologie, Monsieur Cheikhou Oumar SECK, ont apposé leur signature au bas d’une convention inédite : l’implication directe de l’État-major général des Armées, à travers la Direction du Génie et de l’Infrastructure, dans l’aménagement de couloirs d’orpaillage au cœur des régions de Kédougou et de Tambacounda.Sur le papier, la démarche s’inscrit en droite ligne des directives données par l’Exécutif en matière de mutualisation des compétences interministérielles. Mais sur le terrain, l’opération traduit un changement de doctrine profond face aux réalités économiques et sécuritaires du Sud-Est sénégalais.Dans ces zones frontalières ceinturées par le Mali et la Guinée, l’exploitation artisanale de l’or (« dioura ») constitue un poumon financier vital pour des dizaines de milliers de familles. Elle agit comme une matrice de revenus rapides, mais nourrit un écosystème informel source de vives préoccupations : dégradation accélérée de l’environnement, pollution des cours d’eau, contestations foncières et prolifération de trafics illicites.En confiant la structuration physique et l’aménagement des couloirs d’orpaillage au Génie militaire, l’État sénégalais entend restaurer l’ordre républicain là où l’anarchie menace. La présence des sapeurs de l’Armée ne relève pas d’une logique de militarisation du secteur, mais d’une intervention technique ciblée visant à :Délimiter et cartographier des périmètres sécurisés d’exploitation pour stabiliser l’occupation des sols ;Asseoir le contrôle territorial dans des zones à forte perméabilité frontalière ;Prévenir les risques de criminalité transfrontalière et de financement d’activités illicites.L’initiative remet au premier plan le concept cher aux Armées sénégalaises : l’intégration des compétences militaires au développement socio-économique national.
Le Génie militaire mettra son expertise en ingénierie de terrain et son savoir faire logistique au service d’un aménagement durable des sites d’extraction.























