Le dossier des 37 milliards de francs CFA connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Une décision attribuée à un tribunal de Madrid ordonne le classement provisoire d’une procédure visant la société AEE Power EPC, faute d’éléments suffisants pour établir une appropriation indue des fonds. Jean-Michel Sène, directeur général de l’ASER, demande désormais des explications à Thierno Alassane Sall.
XALIMANEWS – Nouveau développement dans l’affaire ASER–AEE Power EPC. Selon une décision judiciaire espagnole dont des copies en espagnol et en français circulent, le tribunal de première instance de Madrid, section d’instruction n° 52, a prononcé un non-lieu provisoire dans une procédure concernant les avances financières versées à l’entreprise espagnole.
Dans le document consulté, le magistrat relève que les sommes avancées ont été créditées sur le compte bancaire de fonctionnement de l’entreprise à partir du 11 juin 2024. Il indique également qu’aucune irrégularité n’a été constatée dans leur réception et qu’aucun indice d’appropriation indue n’a été établi à ce stade.
La décision souligne par ailleurs l’existence de garanties financières susceptibles de permettre à l’administration sénégalaise de recouvrer les avances, si nécessaire.
Jean-Michel Sène contre-attaque
Réagissant à cette évolution, Jean-Michel Sène interpelle directement le député Thierno Alassane Sall, qui avait publiquement dénoncé de présumées irrégularités dans l’utilisation des quelque 37 milliards de francs CFA.
Le directeur général de l’ASER reproche à ses détracteurs leur silence après cette décision, estimant que les accusations portées contre l’entreprise avaient largement alimenté la controverse publique.
Une procédure espagnole distincte de l’enquête sénégalaise
Cette décision constitue une évolution importante, mais sa portée doit être précisément délimitée. Le terme espagnol « sobreseimiento provisional » désigne un non-lieu provisoire, et non une décision définitive sur l’ensemble du dossier.
Au Sénégal, le Parquet financier avait annoncé, en août 2026, l’ouverture d’une information judiciaire portant notamment sur des soupçons de détournement de deniers publics, de faux et de blanchiment de capitaux dans le cadre du même marché. pressafrik.com+1
La décision espagnole ne signifie donc pas, à elle seule, la clôture des investigations engagées au Sénégal.
Reste également à savoir si un recours sera introduit contre l’ordonnance espagnole et quelle sera la réaction de Thierno Alassane Sall.
Au-delà de la confrontation politique, une question demeure centrale : dans quelles conditions les fonds publics ont-ils été utilisés et quel est l’état réel d’avancement du programme d’électrification rurale destiné à des centaines de localités sénégalaises ?



























