« La reprise ne peut pas se faire avec la satisfaction de toutes les conditions. Il faut y aller petit à petit puisque le dispositif  n’est pas totalement évalué. » Cet aveu de Aimé Ngor Dione, adjoint de l’inspecteur d’éducation et de formation (IEF) de Diourbel dans le journal l’Obs symbolise à lui seul tout l’amateurisme, la précipitation et le danger que l’état fait courir à des milliers d’enfants et d’enseignants en décrétant la réouverture des classes.

«  On ouvre les classes d’abord, la  désinfection des classes et la fourniture des produits  d’hygiène suivront, »  comme si le virus attendra.

Dans leur campagne de propagande, les ministres de l’éducation nationale et celui de la santé avaient pourtant juré que toutes les conditions étaient réunies pour une ouverture en toute sécurité des classes ce 2 juin 2020, que le  matériel permettant de respecter le protocole sanitaire était en place dans toutes les écoles.

La seule  chose qu’ils avaient oubliée, c’est que le Sénégal n’en est plus à l’heure de la Rts et du quotidien le Soleil. 

Les citoyens ont d’autres couloirs de transmission pour rétablir  la vérité quand la parole de l’autorité n’est pas conforme à la réalité. 

Depuis quelques jours, les enseignants se rependent sur les réseaux sociaux pour témoigner de l’inexistence ou du nombre ridicule ( un enseignant dira que dans son école qui compte 300 élèves, ils n’ont reçu qu’une bouteille de savon liquide, un autre écrira : 0 gel, 0 savon, 0 javel ) de produits de lavage des mains.

Même le très pudique et réservé  Enseignement Catholique y est allé de son démenti :

« Nos écoles ne sont pas prêtes à recevoir les élèves le 2 juin pour non respect du protocole sanitaire par les responsables dédiés. (…) Une telle mesure est motivée  par la conscience de ne pas mettre la vie des élèves, des personnels et de leurs familles en danger » a déclaré l’abbé George Nguirane Diouf, directeur de l’Office Diocésain de l’Enseignement Catholique de Dakar. 

Déjà la pagaille dans laquelle les enseignants avaient été convoyés par la compagnie de transport Dakar Dem Dik (un rassemblement de centaines de personnes)  donnait une idée de la mise en danger des enseignants, des élèves, de leurs parents et de la population en général.

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