Électricité : après les perturbations de septembre, le Sénégal accélère son virage vers le gaz

Xalima
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Les perturbations enregistrées dans l’approvisionnement en électricité au Sénégal au cours du mois de septembre relancent le débat sur la capacité du système énergétique à répondre durablement à la demande. Face à cette situation, le gouvernement annonce plusieurs mesures, parmi lesquelles un recours accru au gaz naturel pour la production d’électricité.

Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a expliqué jeudi à Dakar que les récentes coupures résultaient notamment de tensions entre l’offre et la demande ainsi que de difficultés ponctuelles d’approvisionnement en combustibles. Il a également présenté les principales orientations retenues par l’État pour renforcer le secteur.

Selon le ministre, le Sénégal entend accélérer le recours au gaz naturel, aux côtés des énergies renouvelables, afin d’augmenter la capacité de production et de réduire progressivement le coût de l’électricité. Cette orientation intervient alors que les interruptions de fourniture enregistrées en septembre ont mis en évidence les vulnérabilités du système actuel.

Le gouvernement prévoit également de renforcer les capacités de production de la Senelec, de moderniser les réseaux de distribution et de développer des capacités de stockage. Une réflexion porte par ailleurs sur la filialisation de certaines activités de la société nationale d’électricité. Le ministre a précisé que cette filialisation ne devait pas être assimilée à une privatisation.

En parallèle, l’État annonce un programme d’environ 400 milliards de francs CFA destiné à atteindre l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2029. Selon les chiffres communiqués par le ministère, le programme doit permettre l’électrification de 6 471 localités. Le taux d’accès à l’électricité est actuellement estimé à 86 % de la population.

Le développement du réseau gazier occupe une place importante dans cette stratégie. Le Réseau gazier du Sénégal prévoit notamment la construction d’environ 340 kilomètres de gazoducs destinés à acheminer le gaz produit dans le pays vers les centrales électriques et les industries.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse donc la seule résolution des coupures. Il s’agit de faire évoluer le modèle énergétique afin de mieux valoriser les ressources gazières nationales et de réduire les coûts de production. Le ministre présente cette transformation comme l’un des leviers permettant à terme d’améliorer la compétitivité de l’économie sénégalaise.

La question immédiate reste toutefois celle de la stabilité de l’approvisionnement. Les investissements annoncés devront se traduire par des capacités supplémentaires, des réseaux plus fiables et une disponibilité suffisante des combustibles pour répondre aux besoins des ménages et des entreprises.

Le programme d’électrification à l’horizon 2029 constitue ainsi l’un des volets de cette transformation. Son exécution, tout comme la mise en place des infrastructures gazières et l’amélioration des performances de la Senelec, sera déterminante pour mesurer concrètement les effets de la nouvelle stratégie énergétique.

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