L’infertilité masculine demeure un sujet difficile à aborder dans de nombreuses familles sénégalaises. Pourtant, les hommes sont eux aussi concernés par les troubles de la reproduction. Le professeur Philippe Marc Moreira, gynécologue-obstétricien et spécialiste de l’assistance médicale à la procréation, vient de lancer une alerte sur les anomalies observées dans la qualité du sperme.
S’exprimant lors d’un atelier de formation destiné aux journalistes en santé, organisé à Dakar, le spécialiste a attiré l’attention sur plusieurs facteurs susceptibles d’affecter la fertilité masculine. Parmi eux figurent le tabagisme, l’obésité, certaines expositions chimiques, les pesticides et les perturbateurs endocriniens.
Le médecin souligne également une confusion persistante entre virilité et fertilité. Un homme peut avoir une activité sexuelle normale tout en présentant des anomalies spermatiques qui réduisent ses chances de concevoir un enfant.
Cette réalité médicale se heurte souvent aux représentations sociales. Lorsqu’un couple rencontre des difficultés à avoir un enfant, les soupçons se portent fréquemment sur la femme, parfois avant même la réalisation d’un bilan médical.
Le professeur Moreira plaide donc pour une évaluation des deux partenaires et une meilleure sensibilisation des populations. Il insiste également sur l’importance du dépistage précoce de certaines anomalies testiculaires chez les garçons.
La question financière constitue un autre obstacle. Selon ses indications rapportées par Le Soleil, une tentative de fécondation in vitro avec micro-injection peut coûter jusqu’à 2,5 millions de francs CFA au Sénégal.
Si ces observations médicales justifient une vigilance accrue, elles ne constituent pas, à elles seules, une mesure statistique de la baisse de la qualité du sperme dans l’ensemble de la population sénégalaise.
Au-delà des tabous, l’enjeu est désormais de renforcer la prévention, l’accès au diagnostic et l’accompagnement médical des couples confrontés à l’infertilité.




























