L’intelligence artificielle pourrait franchir une nouvelle étape dans son adaptation aux réalités linguistiques sénégalaises. Quinze équipes ont été sélectionnées parmi 74 candidatures dans le cadre du « Kiriku Voice Inclusive & Creative Challenge », une initiative consacrée au développement de solutions vocales intégrant les langues nationales.
Présentés ce vendredi à Dakar, les résultats de ce programme mettent en lumière un enjeu souvent négligé dans la transformation numérique : l’accessibilité des technologies aux populations qui ne maîtrisent pas nécessairement le français ou l’anglais.
Le projet s’appuie notamment sur plus de 210 heures de données vocales collectées et annotées en wolof, pulaar et sérère. Ces ressources doivent faciliter le développement d’applications capables de mieux reconnaître et traiter les langues locales.
L’initiative associe notamment AI Hub Senegal, l’ambassade de France au Sénégal et Vie Publique Sénégal.
Les possibilités d’application sont nombreuses : information administrative, apprentissage, accès aux services publics ou accompagnement des populations dans leurs démarches quotidiennes.
Cependant, la disponibilité de données vocales ne garantit pas automatiquement la performance des outils qui seront développés. La diversité des accents, la qualité des enregistrements et la protection des données personnelles constituent autant de défis techniques et éthiques.
Cette démarche ouvre néanmoins des perspectives intéressantes pour les startups et les chercheurs sénégalais.
Elle pose également une question stratégique : le Sénégal pourra-t-il transformer ses ressources linguistiques et ses compétences numériques en solutions technologiques produites localement ?
La réponse dépendra notamment des investissements, de la formation et de la capacité à accompagner les projets jusqu’à leur utilisation effective.



























