Le gouvernement sénégalais entend suspendre de nouveau les importations de sucre à partir de novembre 2026. L’annonce, faite samedi par le ministère de l’Industrie et du Commerce, prévoit une interruption de huit à neuf mois, dont la durée exacte dépendra de l’évolution de la production nationale et des besoins du marché.
Cette décision vise notamment à accompagner la reprise des activités industrielles de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS). Les autorités indiquent que l’arrêt des déclarations d’importation interviendra dès la reprise effective de la production.
Le ministère précise que les stocks actuels de la CSS atteignent environ 30 000 tonnes. Il rappelle également la nécessité de maintenir une réserve de sécurité équivalente à un mois de consommation nationale.
La mesure s’inscrit dans une politique de soutien à la production locale. Mais elle soulève une interrogation essentielle : comment protéger l’industrie nationale sans provoquer une augmentation des prix supportés par les ménages ?
Les autorités reconnaissent elles-mêmes que le sucre importé demeure relativement moins cher que celui produit localement. Cet écart constitue une difficulté majeure pour la régulation du marché.
Pour les commerçants, la prévisibilité des décisions reste également déterminante afin d’éviter les ruptures d’approvisionnement et les déséquilibres dans les circuits de distribution.
La réussite de cette politique dépendra donc de trois conditions : une production locale suffisante, un contrôle effectif des prix et une concertation régulière avec les acteurs économiques.
L’enjeu dépasse le seul sucre. Il concerne la capacité du Sénégal à concilier souveraineté industrielle, concurrence et protection du consommateur.



























