Après les fortes pluies qui ont durement affecté Dakar et plusieurs localités du pays, le gouvernement veut désormais inscrire sa réponse dans la durée. Au-delà des mesures d’urgence prises face à la situation actuelle, un programme national de lutte contre les inondations doté de 921 milliards de FCFA est annoncé.
Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a présidé lundi une réunion d’urgence consacrée aux conséquences des fortes précipitations enregistrées durant le week-end. La rencontre a permis de faire le point sur les zones affectées et de définir les mesures destinées à soutenir les populations sinistrées et à assurer la continuité des services publics.
Les chiffres communiqués donnent une idée de l’importance des précipitations. Selon les relevés de l’ANACIM, Rufisque a enregistré 142 mm de pluie en 24 heures, contre 138 mm à Dakar-Yoff et 72 mm à Mbao.
Face au risque de nouvelles précipitations, le Plan d’urgence régional de Dakar a été déclenché. Un comité de veille doit accompagner l’État-major afin d’assurer une surveillance permanente de la situation.
Plusieurs points sensibles font l’objet d’une attention particulière, notamment les axes routiers, l’hôpital Philippe Maguilen Senghor et la zone de Captage. Le gouvernement prévoit également des dispositions pour limiter les éventuelles conséquences sur l’alimentation en eau et en électricité.
Le Premier ministre s’est ensuite rendu sur plusieurs sites touchés, notamment aux Parcelles Assainies, à Jaaxay et à Keur Massar. Aux Parcelles Assainies, il a présenté les condoléances du président de la République et de la Nation à une famille endeuillée après la disparition tragique d’une femme et de son enfant.
Mais l’annonce la plus structurante concerne la volonté de traiter les inondations au-delà des interventions ponctuelles.
Le gouvernement annonce ainsi un programme national de lutte contre les inondations estimé à 921 milliards de FCFA. L’objectif affiché est d’apporter une réponse structurelle à un phénomène qui revient chaque année dans de nombreuses zones urbaines.
L’épisode actuel remet donc une nouvelle fois au centre du débat la question de l’assainissement, de l’urbanisation, de la gestion des eaux pluviales et de l’entretien des infrastructures.
L’urgence est aujourd’hui de protéger les populations face aux nouvelles pluies annoncées. Mais le véritable défi sera de transformer les moyens annoncés en infrastructures durables capables de réduire réellement la vulnérabilité des quartiers exposés.
Pour les populations régulièrement confrontées aux inondations, l’enjeu sera surtout de voir cette réponse structurelle produire des résultats visibles sur le terrain.





























