Le parquet de Dakar a rendu public un premier bilan de l’enquête consacrée aux violences liées aux événements politico-judiciaires survenus au Sénégal entre 2021 et 2024. Selon les résultats provisoires communiqués le 2 octobre, 76 personnes sont décédées et plus de 200 autres sont présentées comme victimes présumées de tortures ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants.
Les investigations, confiées à la Section de recherches de la gendarmerie, ont été menées entre octobre 2025 et septembre 2026. Le parquet précise que 41 des décès recensés concernent la région de Dakar.
L’enquête a également permis l’audition de 166 victimes et témoins ainsi que l’exploitation de documents médicaux. Selon le parquet, ces éléments ont fait apparaître des indices susceptibles de correspondre à des faits d’assassinats, de meurtres, de persécutions et de torture.
Le parquet indique que l’ampleur et le caractère systématique allégué de certaines infractions sont susceptibles de relever de la qualification de « crimes contre l’humanité ». Cette qualification intervient dans le cadre de l’enquête et ne constitue pas, à ce stade, une condamnation judiciaire.
Cinq personnes ont été inculpées dans le cadre des procédures engagées, avec deux mandats de dépôt annoncés. Le parquet précise que les investigations se poursuivent et que d’autres procédures pourraient être ouvertes.
Ce premier bilan marque ainsi une nouvelle étape judiciaire dans le traitement des événements de la période 2021-2024, avec un dossier qui doit encore suivre son cours devant les autorités judiciaires compétentes.




























