Le rejet de la loi de finances rectificative 2026 ouvre une nouvelle séquence de tensions institutionnelles au Sénégal. Alors que la commission des Finances réclame une révision du projet de budget 2027, le gouvernement conteste cette demande et dénonce des manœuvres d’obstruction.
Le bras de fer budgétaire se poursuit entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale. Deux jours après le rejet de la loi de finances rectificative (LFR) 2026, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan s’oppose à la demande de retrait du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027.
Dans une correspondance datée du 3 novembre, le président de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire, Alphonse Mané Sambou, a demandé au gouvernement de revoir sa copie. Son argument : le rejet de la LFR 2026 remet en question certaines hypothèses ayant servi à construire le budget de l’année prochaine.
Le ministère dirigé par Cheikh Diba défend une autre lecture. Selon lui, le rejet d’une loi de finances rectificative n’entraîne pas automatiquement le retrait du projet de budget de l’exercice suivant.
Le département ministériel relève également une contradiction entre la demande de retrait du texte et la convocation de la commission à une réunion prévue le 5 novembre à 9 heures. Il soulève, en outre, la question du respect du délai réglementaire de convocation.
Dans son communiqué, le ministère dénonce des « manœuvres d’obstruction » susceptibles, selon lui, de compromettre plusieurs priorités économiques et sociales.
Au-delà de la controverse procédurale, le différend pose une question de fond : les prévisions de recettes, de dépenses et de financement du budget 2027 demeurent-elles cohérentes après le rejet du collectif budgétaire 2026 ?
Le débat intervient dans un contexte financier sensible, alors que le Sénégal cherche à consolider ses finances publiques et à avancer dans ses discussions avec ses partenaires internationaux.
Une précision s’impose toutefois : la contestation de la convocation parlementaire ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’un refus du ministre de se présenter devant les députés.
L’enjeu immédiat est désormais de déterminer dans quelles conditions l’examen du budget 2027 pourra se poursuivre et si les deux institutions parviendront à s’accorder sur les hypothèses budgétaires à retenir.



























